Archive pour 2008

Ultimate XC

Samedi, 21 juin 2008, par mdagenais

L’ultime marathon ?

En ce 21 juin 2008, par une belle journée juste un peu humide et ensoleillée, la petite ville de Val-Morin nichée au coeur des Pays-d’en-Haut, accueillait la toute première édition du « Ultimate XC » en sol canadien sous la présidence d’honneur de Jacqueline Gareau, grande dame du marathon. Avant d’aller plus loin, j’exprime d’emblée que mon récit n’est pas celui que j’envisageais d’écrire parce que mon marathon fut malheureusement interrompu à mi-chemin. Quoiqu’il en soit, cette épreuve, même tronquée, s’est avérée une expérience inoubliable et instructive ainsi que vous le découvrirez en lisant ce qui suit.

L’organisation

L’organisation Ultimate XC ou Americas Ultimate Off Road Challenge (http://www.ultimatexc.com) a pour mission de tenir des événements sportifs en plein air, hors des sentiers battus (autant au sens propre que figuré). Plus précisément, Ultimate XC est maître d’œuvre de 3 séries d’événements, à savoir : course à pied, vélo de montagne et épreuves multi-sports par étapes.

S’agissant de la série de course à pied, 3 épreuves figurent au menu en 2008 : après Val-Morin, la prochaine aura lieu à Jay au Vermont le 26 juillet (désolé, c’est complet depuis quelque temps déjà) et, en guise de dessert, l’aventure prendra fin à travers les décors spectaculaires du désert de Moab, Utah, le 15 novembre (épreuves de 10 et 20 milles, et 50 km). L’organisation Ultimate XC est présente à Jay (près du centre de ski éponyme) depuis 7 années et s’est méritée une réputation enviable pour l’originalité de ses parcours et le fort calibre des diverses épreuves.

L’événement

Pour cette première québécoise, l’événement comportait trois épreuves de 10, 21 et 42 kilomètres ainsi qu’une course de 2 km pour les 10 ans et moins. Ces défis sportifs plutôt relevés s’inscrivaient dans un cadre festif puisque des jeux forains, spectacles et activités culturelles figuraient aussi à l’horaire jusqu’en soirée (avec des feux d’artifice pour couronner le tout). Un service de garde pour enfants de parents compétiteurs était même prévu! D’ailleurs, la ville avait décidé de devancer les fêtes de la St-Jean-Baptiste au 21 juin, et les autorités avaient bouclé tout le secteur de la mairie où les activités se déroulaient. Ainsi étaient conjugués efforts et plaisir en cette journée endiablée.

Les particularités

Avant d’aborder la course, il faut souligner à quel point celle-ci se trouve dans une catégorie à part et les informations dispensées sur le site web officiel ne manquent pas de mises en garde sur ses particularités, difficultés et (n’ayons pas peur des mots) risques. En effet, nous étions avertis qu’il nous faudrait gambader sur un tapis de roches, boue et racines à travers ruisseaux, marécages, clairières, forêts, escarpements, rochers et autres caprices topographiques dont Mère Nature a le secret.

Toujours d’après le site web, il fallait s’attendre à courir environ le double du temps autrement requis pour une course de même distance sur bitume, en l’absence de bornes indiquant le kilométrage sur le parcours et avec des stations de ravitaillement plus espacées (le ravito perso était recommandé).

Le site web comportait par ailleurs un forum où les inscrits pouvaient partager leurs impressions face au défi qui les attendait et où le « G.O. en chef », Dan DesRosiers, en profitait pour annoncer les dernières mises à jour et prodiguer quelques conseils (notamment quant à l’importance d’utiliser des chaussures « trail »). L’enthousiasme des blogueurs atteignait son paroxysme quelques jours avant l’événement alors que l’organisation annonçait l’ajout d’une traversée à la nage (300 pi. avec l’aide d’un câble) d’un lac résultant d’un barrage de castors. Cela vous donne une idée du genre de parcours!

Le départ

Quelques minutes avant le départ, madame Gareau y allait de son discours de bienvenue (bilingue étant donné la présence de coureurs du ROC et des USA). Notant la présence d’un nombre important de « masters », elle déclara quelque chose comme : « ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’il faut cesser de s’amuser et c’est lorsqu’on cesse de s’amuser que l’on vieillit ». À retenir! Ne voulant pas être en reste, M. DesRosiers, tel Winston Churchill promettant « blood, sweat and tears » au peuple à la veille de la Bataille d’Angleterre, proclamait bien haut quelque chose comme « je suis votre pire cauchemar ». Rien de moins!

Toutefois, ces « menaces » ne semblaient pas affecter la bonne humeur du peloton au départ et j’ai d’ailleurs trouvé notre petit groupe très convivial. Ici, pas de grosse tête ou de types stressés (« pas parlables ») avant le signal de départ, contrairement à d’autres courses auxquelles j’ai participé. Il va sans dire que je n’ai pas vu de Kenyans…

La caravane du marathon s’ébranlait à 8h00 AM et celles du 21 km, 10 km et 2 km suivaient à une heure d’intervalle. La toute première section du marathon nous amenait sur un sentier très étroit parcourant un terrain plutôt accidenté et abrupt derrière la mairie; on aurait voulu nous plonger immédiatement dans le bain qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Ensuite, après une très brève incursion urbaine, nous plongions dans les entrailles de la forêt pour de bon.

La course

Très vite, le parcours devenait très « technique » : les sentiers n’ont définitivement rien à voir avec ceux, bourgeois, du Mont St-Bruno. Il faut demeurer très attentif où l’on pose le pied sans toutefois trop baisser le regard afin d’éviter les branches qui peuvent soudainement s’imprimer sur notre front. Dès que le tempo s’élève, il faut augmenter le degré de concentration d’autant; la vigilance s’impose à tout moment.

Certes, ce n’est pas de tout repos mais je me suis presque surpris à aimer cela, grisé par cette communion avec la nature et l’effort… Pour ce qui est des portions très difficiles, il suffit de ralentir, en profiter pour reprendre son souffle et reprendre ensuite le tempo. Et voilà! Ce n’est pas plus compliqué que cela : une pente, un rocher, un marécage à la fois… En plus, il faut dire aussi que certains points de vue valaient vraiment le détour. Il fut par ailleurs saisissant de voir un coureur s’enfoncer jusqu’aux hanches à quelques mètres devant soi dans une portion marécageuse du parcours, laquelle précédait une interminable montée qui nous a forcés à marcher. Bref, en ces lieux, l’homo runningus touche au nirvana.

Aussi, il m’est apparu plus aisé de gérer l’effort parce que le facteur « chrono » s’avère de moindre importance. Comme les 7 marathons sur bitume que j’ai complétés ne pouvaient servir de base de comparaison, je manquais de repères pour l’aspect temps de toute manière.

Le tracé

Le parcours traversait nombre de terrains privés et quelques sympathiques propriétaires agissaient comme bénévoles aux stations de ravitaillement. Il convient ici de les remercier en souhaitant qu’ils veuillent bien réitérer l’expérience l’an prochain. D’ailleurs, afin de préserver ce caractère privé, l’organisation avait décidé de ne pas afficher le tracé des courses sur le site web, ni de distribuer de plan aux participants.

Afin de bien baliser le parcours, l’organisation avait pris un grand soin de le parsemer de nombreuses flèches et, sur les premiers kilomètres, a utilisé une très généreuse quantité de ruban adhésif jaune. Malgré cela, il existe UN endroit (soit un croisement permettant de passer d’une boucle à la suivante) où les indications n’ont malheureusement pas suffi à bien guider une trentaine de coureurs (marathon et autres courses), dont l’auteur, quelque part après le poste de ravitaillement du 15.3 km. Ainsi, au lieu d’attaquer une nouvelle boucle et poursuivre vers l’arrivée, la trentaine d’égarés recommençaient la même boucle. C’est dommage parce que, dans l’ensemble, j’ai trouvé la signalisation à la hauteur, compte tenu de la nature capricieuse du parcours.

La mésaventure

Pour ma part, au moment où je me suis rendu compte que je passais à côté du même couple d’ambulanciers, je constatais qu’après plus de 2 heures et quart de course (et au moins 30, sinon 40 minutes depuis le poste de 15.3 km), je me dirigeais de nouveau vers le poste de 15.3 km (que j’estimais d’ailleurs atteindre dans plus de 30 minutes supplémentaires) et ce, sans savoir où je m’étais trompé de direction auparavant. Je dois admettre qu’après avoir récité un chapelet à voix haute, j’ai commencé à être passablement découragé parce que je souhaitais faire un marathon, pas un ultra. Je n’ai par ailleurs pas songé à rebrousser chemin puisque je doutais fortement trouver le bon croisement en courant en sens inverse! Un plan du parcours localisant les ambulanciers (et autres points d’intérêt) m’aurait été utile, je crois.

En ruminant de mauvaises pensées et en tentant de calculer le temps qu’il me restait tout en supposant que je trouverais le bon chemin à la seconde tentative, je constatai que mon compagnon de course (égaré, lui aussi) m’avait passablement devancé. En continuant de maugréer et calculer, j’ai accéléré le pas pour le rejoindre et je suis convaincu aujourd’hui (avec le recul nécessaire) que mon degré d’attention au parcours (et ses nombreux pièges) a diminué dès cet instant. En une fraction de seconde, mon pied s’est soudainement tourné vers l’intérieur et une douleur vive s’est manifestée. Résultat : une cheville drôlement enflée, des bouts de ligaments déchirés et un marathon irrémédiablement raté!

Après avoir récité un nouveau chapelet, plus intense que le premier, j’ai bien tenté de poursuivre ma route mais, la mort dans l’âme, j’ai dû me résigner à faire demi-tour et rejoindre le couple d’ambulanciers, heureusement à proximité. Alors qu’ils examinaient ma cheville gauche endolorie, j’étais aux premières loges pour constater la surprise (mêlée de colère pour certains) sur les visages des coureurs qui découvraient qu’ils passaient de nouveau à côté des 2 mêmes ambulanciers! Ces derniers m’ayant très fortement recommandé de cesser de courir et, en ne sachant pas si je devais courir 48, 50 ou même 55 km en bout de ligne, je me suis résigné au retrait de la compétition.

Cette décision fut bien plus douloureuse moralement que physiquement. J’estime avoir parcouru presque la moitié de la distance (en incluant la portion recommencée) et j’avais encore suffisamment de jus dans le réservoir pour aller jusqu’au bout. Je serais donc demeuré sur mon appétit si j’avais couru le demi-marathon.

Quel dommage! J’aurais vraiment aimé traverser le lac vers le 30e kilomètre. Finalement, remettre ma puce à l’arrivée sans récolter de médaille en retour fut un coup très dur pour l’orgueil. Il y aura un trou béant dans ma collection de ces breloques et, dans la même veine, je donnerai mon chandail puisque je n’ai pas complété cette course.

La leçon

Je me console en sachant qu’il y aura d’autres marathons (le prochain : Québec) et je peux vous assurer que les moments où je franchirai le fil d’arrivée seront désormais davantage appréciés. Je ne regrette vraiment pas ma participation et, avec le temps, je suis déjà convaincu que j’en conserverai un excellent souvenir. C’est d’ailleurs le cas des nombreux coureurs qui ont depuis partagé leur expérience sur le forum du site web.

J’ai appris qu’en participant à ce genre de course, il faut être prêt pour une gamme plus vaste d’éventualités que pour un marathon « ordinaire », y compris de s’égarer! Par conséquent, il faut se préparer mentalement à parcourir une DISTANCE PLUS GRANDE que celle qui est indiquée, au besoin. Même s’il ne faut pas se laisser intimider par les menaces de cauchemar et autres affirmations du genre, il faut néanmoins être conscient des risques intrinsèques à ce type d’activité. J’étais fin prêt pour courir environ 42 km, mais pas 48, ni 52…

Les résultats

Pour fins de statistiques, le vainqueur du marathon (âgé de 50 ans, il faut le souligner) compléta l’épreuve en 4h08, la première dame en 4h33 et le dernier brave en 8h21; pour le demi, les temps sont respectivement de 2h16, 2h47 et 7h10; et 1h21, 1h38 et 3h44 pour le 10km. Le vainqueur du 2k enfants a terminé en 6 minutes 7 secondes et le dernier en un peu plus de 15 minutes. 59 coureurs ont terminé le marathon, 132 pour le demi, 140 pour le 10km et 42 enfants (notre relève). Sincères félicitations à tous.

Un lunch typiquement nord-américain servi par de très aimables et souriants bénévoles attendait les finissants des épreuves qui avaient aussi le loisir de prendre une douche ou bénéficier d’un massage réparateur. Une médaille commémorative presqu’aussi terne que celle du marathon de Montréal (c’est dire!) était remise à l’arrivée; une amélioration pour élever ce souvenir à la même hauteur que le calibre de l’événement serait bienvenue.

De plus, nonobstant mon mea culpa ci-dessus et pour le bénéfice de tout futur événement Ultimate XC au Québec, j’ose suggérer que les coureurs ainsi que les bénévoles soient munis de plans sommaires des parcours où seraient clairement indiqués les différents points de ravitaillement et autres particularités du parcours (e.g. chute, cabane, etc.) avec des estimés de distance, tout en ne fournissant aucune indication reliée aux propriétés privées.

De retour l’an prochain ? Il faut l’espérer. Mon égarement ne m’empêche certainement pas de transmettre mes félicitations à l’organisation pour son travail colossal.

Marc Dagenais

Grande Virée des Sentiers 2008

Dimanche, 15 juin 2008, par mdagenais

 

UN 5e ANNIVERSAIRE RELEVÉ

Je l’indique d’emblée : en tant que membre et administrateur du Club des coureurs sur route du Mont St-Bruno (CCRMSB), il m’est impossible d’être absolument neutre lorsqu’appelé à rendre compte de cette très belle course qu’est la Virée des Sentiers (Grande et Petite) au cœur du Parc du Mont Saint-Bruno. Comme pour les 4 éditions précédentes, un véritable écrin de verdure servait de décor pour cette course extraordinaire (voyez, je ne peux m’empêcher!).

Organisée par le CCRMSB (www.ccrmsb.org) sous le leadership inspirant de son increvable président Stéphane Lachapelle, la Virée des Sentiers jouit certainement de l’un des plus beaux parcours de la région de Montréal. Le beau temps qui nous accompagnait en ce 15 juin 2008 pour sa 5e édition, a mis en relief la tranquille majesté des lieux et a nul doute inspiré les nombreux concurrents et bénévoles pleins d’enthousiasme et d’énergie. Déjà bien rodé, l’événement a acquis ses lettres de noblesse.

La Virée regroupait des épreuves de 5, 10 et 20 km en plus d’une course d’un kilomètre pour enfants (Petite Virée). Pour la 4e fois, j’avais le grand plaisir de participer à la course de 20 km, un parcours exigeant comportant plusieurs montées et descentes (allant du long faux-plat à la butte abrupte) tout en offrant plusieurs points de vue superbes, particulièrement aux abords de quatre des cinq lacs du Parc. Les parcours des courses de 5 et 10 km sont ceux empruntés à chaque mercredi soir de l’été par les membres du CCRMSB en guise d’entraînement amical chronométré. Le tracé du 20 km fut spécifiquement établi pour la Grande Virée et s’aventure un peu à l’extérieur du Parc pour visiter une partie calme de la ville de St-Bruno.

Quoiqu’il s’agisse de courses en forêt, il faut noter que les sentiers du Parc sont très bien aménagés et leur surface s’apparente à celle des pistes cyclables en gravier fin. Sauf erreur, il n’y a pas vraiment d’endroit où les chevilles (ou autres articulations sensibles de l’« homo runningus ») sont davantage à risque par rapport à la course sur route et le degré de difficulté technique est le même ou très similaire. Il ne faut surtout pas confondre avec des courses de type « trail » comme le défunt Raid des Caps auquel j’avais participé en septembre 2005 dans la région de Charlevoix (Massif) ou encore l’édition Québec de « Ultimate XC » à Val Morin le 21 juin dernier. Je compte d’ailleurs écrire sur cette dernière course sous peu.

Avec près de 1300 inscriptions, ce 5e anniversaire s’est avéré un franc succès; 219 coureurs ont franchi le fil d’arrivée pour le 20 km, 383 pour le 10 km et 352 pour le 5 km, les gagnants de chaque épreuve en des temps de 1h10, 35 min. et 16 min. respectivement, ce qui est digne de mention vu l’environnement accidenté des parcours (particulièrement pour le 20 km). Les premières dames rentraient au bercail en des temps de 1h20, 40 min. et 19 min. pour les 20, 10 et 5 km. Du joyeux peloton de 268 enfants qui complétaient leur kilomètre, le premier terminait en 3min. 35 s. et sa consoeur 7 petites secondes plus tard.

Tous les finissants des épreuves recevaient une superbe médaille souvenir, une bien belle pièce de collection. Personnellement, j’ose espérer qu’un responsable du marathon de Montréal était sur place pour prendre des notes (je sais, j’en fais presqu’une fixation de ces médailles) et que nous serons à jamais débarrassés de ce truc « cheapo » que je m’abstiendrai de qualifier davantage.

Par ailleurs, je participais à cet événement aussi en tant que bénévole pour une première fois. J’étais à la Boutique Courir de Longueuil la veille pour le retrait des dossards et les inscriptions de dernière minute. Rencontrer autant de coureurs, échanger quelques plaisanteries, tenter de deviner à quelle épreuve ils participent en les voyant entrer et, surtout, partager avec eux cette passion pour notre sport simple et magnifique à la fois, il va sans dire que j’ai apprécié cette expérience au plus haut point.

Il m’apparaît important d’aborder ce dernier thème au passage parce que je sais que d’autres clubs organisent aussi leur propre course. Il s’agit alors pour tous ces clubs d’une occasion privilégiée de redonner à la communauté tout en valorisant l’engagement individuel et l’esprit de corps. Ainsi, l’engagement et l’enthousiasme que j’ai pu observer tout au long du week end de la part des nombreux membres du CCRMSB agissant à titre de responsables, organisateurs et bénévoles de la Virée, sans oublier les coureurs du club (il en faut tout de même quelques uns), est reproduit ailleurs au Québec à chaque année.

Il faut souhaiter que la Virée des Sentiers de même que tous ces autres événements de course se perpétuent, et avoir à l’esprit que, grâce aux efforts d’une minorité de gens très dévoués, une majorité de coureurs peuvent courir en vivant de très belles expériences. Pour ma part, j’ai déjà hâte au 10e anniversaire de la Virée et (pourquoi pas?) au 20e.

Marc Dagenais

Course d’été des Îles (Running Room)

Samedi, 7 juin 2008, par mdagenais

COURIR SOUS LE JOUG ‘HUMIDEX’

Avec la convivialité de l’organisation et la beauté champêtre du parcours à travers l’écrin de verdure du Parc des Îles de Boucherville, c’est le facteur « Humidex » qui s’est avéré l’élément marquant de cette seconde édition de la Course D’Été des Îles tenue le samedi 7 juin dernier. Organisé par le réseau de boutiques Running Room (www.runningroom.com), cet événement constitué de 4 courses de 3, 5, 10 et 21 km et de 2 marches de 5 et 10 km était tenu au profit de Moisson Rive-Sud dont les banques alimentaires viennent au secours des foyers démunis de la région.

La course de 21 km à laquelle je participais consistait en 4 boucles de 5 ¼ km chacune. L’aire de départ et d’arrivée avantageusement située sous les arbres et tout près de la rive, s’avérait un havre rafraîchissant (tout est relatif, bien sûr) en cette chaude et collante matinée où « Humidex » faisait déjà lourdement sentir sa présence malgré l’heure matinale (départ à 8h30).

Ce micro-climat ombragé fut trompeur pour la suite des choses puisque la majeure partie de la boucle traversait champs et clairières en plein soleil. Ouch ! La température du corps de l’homo runningus n’a même pas attendu la fin de la première boucle pour grimper et ainsi activer le processus de sudation qui n’a pas tardé à tremper nos vêtements pourtant « techniques ».

Heureusement pour nous, d’enthousiastes bénévoles veillaient à nous ravitailler en eau et boisson énergétique et, une fois la première boucle complétée, nous savions précisément à quel détour ils nous attendaient, ce qui permettait d’anticiper la pause de rafraîchissement et tenir le coup jusqu’à la station suivante. Bien que je réitère ne pas être amateur de ces courses à boucles multiples (la dernière s’avérant particulièrement pénible), je dois par contre admettre qu’étant donné la superficie de l’île, un parcours de 21 km soit nécessairement constituée de quelques boucles.

Défiant « Humidex », nous furent 55 à compléter le 21 km, 132 pour le 10 km et 60 pour le 5 km; les meilleurs temps réalisés sont de 1h24, 34 minutes et 18 minutes respectivement, ce qui est tout à fait remarquable en ces (collantes) circonstances. Même en retard de 5 minutes sur mon meilleur temps, mon résultat de 1h31 m’a amené à puiser dans mes réserves. À l’arrivée, eau et glace étaient très en demande et je fus témoin de quelques étourdissements et autres malaises semblables autour de nous; rien de fâcheux heureusement. Je souligne au passage la performance de 1h38 réalisée par mon ami Gilles Cadotte alors qu’il s’achemine vers la soixantaine; il n’y avait d’ailleurs que très peu de représentants de son groupe.

L’on dit parfois que les épreuves de course nous amènent à repousser nos limites; ce 21 km était de cette eau-là. Pour terminer, je reprends mon éternelle marotte concernant les médailles : vu qu’elles étaient réservées aux trois gagnants des épreuves, l’organisation aurait pu offrir mieux que des trucs de la dimension d’un trente sous. Les souvenirs tangibles, ça donne un goût de « revenez-y », non ?

Marc Dagenais

KeyBank Vermont City Marathon

Dimanche, 25 mai 2008, par mdagenais

UN VERT… MARATHON

Sauf pour une température légèrement plus fraîche, on ne pouvait espérer de meilleures conditions climatiques pour la 20e édition du KeyBank Vermont City Marathon en ce dimanche 25 mai 2008 (www.runvermont.org). Dans cette belle petite ville de Burlington baignée par le magnifique Lac Champlain sur lequel se reflétait, en ce week end ensoleillé, la majestueuse chaîne des Adirondacks, tout respire la sérénité. Nature, espaces verts et magnifique plan d’eau se conjuguent pour faire de ce gros village un oasis tranquille que même la fébrilité normale liée à la préparation et tenue d’un marathon ne vient troubler.

Outre votre tout dévoué, huit membres du club du mont St-Bruno, dont un qui effectuait son baptême marathonien, ont troqué le marathon de la capitale nationale pour courir dans cet écrin champêtre en sol étranger, mais pourtant si près de la maison. Tous ont apprécié les charmes de la métropole de l’État voisin.

Nous sommes arrivés tôt la veille afin de pouvoir profiter d’une sieste en après-midi après la séance de retrait des dossards et de « magasinage » au Sport & Fitness Expo tenu à l’hôtel Sheraton où nous logions, ainsi qu’un lunch au centre-ville. Au cœur de celui-ci se trouve une belle et sympathique rue piétonnière où nous avons assisté à un spectacle improvisé de break dance. Le salon (Expo) était plutôt petit et, outre le T-shirt officiel « technique » fourni dans notre « kit », les vêtements aux couleurs de l’événement étaient presqu’uniquement en coton. De plus, il n’y avait que peu de kiosques reliés à d’autres courses. Dommage! Nous avons aussi constaté que les prix des souliers de course étaient bien plus avantageux qu’au Québec (re-dommage)!

Après un copieux « pasta dinner » à l’hôtel suivi d’une marche au campus universitaire (magnifiques vieux bâtiments de pierre rouge) et d’une trop courte nuit de sommeil, nous prenions tôt l’autobus nous menant à l’aire de départ au Battery Park. Ce parc trône avantageusement au sommet d’un escarpement et offre ainsi une vue à couper le souffle sur le lac et les montagnes. Tout près, en contrebas, l’on distingue le Waterfront Park qui porte bien son nom et accueille l’aire d’arrivée. Le Battery Park est aussi un lieu historique (guerre de 1812) où les locaux ont répondu par la bouche de leurs canons aux envahisseurs de Sa Majesté qui ont prestement déguerpi.

Au signal du départ, nous avons déguerpi à notre tour pour une balade de 26,2 milles. En effet, les distances sont en milles au pays de l’Oncle Sam, ce qui demande aux coureurs de type « métronome » ayant l’œil rivé à leur montre, une certaine adaptation. Le départ général avait lieu à 8h05 AM, cinq minutes après les fauteuils roulants. Avec l’absence de nuages dans le ciel, ce départ matinal fut fort apprécié; heureusement d’ailleurs qu’une brise légère rafraîchissait l’atmosphère. L’événement ne comprenait pas de demi-marathon, puisque cette épreuve eut lieu séparément le 5 avril précédent.

Le marathon suit un beau parcours urbain qui en met plein la vue aux quelques endroits longeant le lac. Une première boucle au sud-est du centre-ville nous promène dans un quartier résidentiel tranquille et assez ombragé pour les trois premiers milles. En remontant au nord, nous empruntons la rue piétonnière du centre-ville une première fois sous les vivats d’une foule enthousiaste. Les six prochains milles sont courus sur une large avenue hors de la ville et à travers champs, en mode aller-retour.

Le peloton revient donc sur la rue piétonnière (toujours sous les vivats) en direction sud cette fois, pour aller compléter une autre boucle. À l’extrémité sud de celle-ci, le parcours nous présente de belles résidences en bordure du lac puis traverse un parc en empruntant une voie cyclable. En cette moitié de parcours, on prend plaisir à contempler le paysage.

Le parcours revient au centre-ville avant de compléter une dernière boucle au nord. Un peu avant Battery Park (15e mille), l’on doit grimper une bonne côte qui m’est apparue un peu plus abrupte qu’Heartbreak Hill à Boston, même si moins longue. Heureusement, un superbe orchestre de tam-tams à sa base nous insufflait ce qu’il fallait d’énergie.

Une fois à l’extrémité nord du parcours, l’on rentre au bercail via une belle piste cyclable traversant un boisé (avec juste ce qu’il faut d’ombre) en bordure de la rive pour les quatre derniers milles de ce beau périple. Somme toute, un parcours nature malgré son cadre urbain, qui comportait plusieurs faux-plats, donc pas aussi facile que prévu. Manifestement, les organisateurs ont mis les efforts nécessaires pour offrir un parcours varié et le plus « vert » possible.

Je fus également (et agréablement) surpris de l’importance de la foule vu la taille de l’agglomération. À l’arrivée, une ambiance de fête foraine (un peu tapageuse tout de même) nous attendait avec le « kit » habituel constitué d’une belle médaille, un léger goûter, un bref massage réconfortant… et une bonne bière froide! Bravo aux organisateurs et mille mercis aux bénévoles.

Le premier coureur compléta l’épreuve en 2h20 et la première coureuse en 2h47. Nathalie Goyer a superbement couru pour terminer au 5e rang chez les femmes (39e au général) et au 1er rang chez les « Masters » avec 2h52 et ce, tout de même en peu de temps après sa victoire à Mississauga (Ontario, 11 mai). Le 2280e et dernier coureur fermait la marche en 6h29. À noter que les temps réalisés sont acceptés comme temps de qualification pour Boston.

Tous mes compagnons et moi-même avons bien fait et sommes très heureux de notre expérience. Je me suis permis d’abaisser légèrement mon « PR » à 3h16 avec une cadence constante et sans souffrir; d’ailleurs, pour la première fois au lendemain d’un marathon, je pouvais descendre les escaliers rapidement et sans tenir la rampe! Tout cela augure bien pour notre prochain marathon le 24 août prochain à Québec alors que toute la ville sera en liesse dans le cadre du 400e anniversaire de sa fondation.

Bref, une ville charmante, un cadre naturel enchanteur, une température idéale, une superbe épreuve et une belle « gang » de gens formidables… Mélangez le tout et vous obtiendrez un week end inoubliable.

Qui a dit que courir était plate ?

Marc Dagenais

Ultramarathon de Drummondville, 2008

Mardi, 20 mai 2008, par gcadotte

Le 18 mai dernier, à Drummondville, avait lieu une course de 24 heures…..
Deux de nos coureurs y étaient… (malgré la pluie, et le froid).

Mme Ghyslaine Beaulieu, et M Bruno St Pierre, ont respectivement couru, 139.6 k et 100 k.
Bravo à tous les deux!

Si vous accomplissez des exploits, n’hésitez pas à nous en faire part. Il nous fera un grand plaisir de le laisser savoir aux autres membres.

Pour infos et photos sur l’ultramarathon de Drummondville.

Défi Gérard Côté 2008

Dimanche, 11 mai 2008, par mdagenais

 

DÉFI GÉRARD CÔTÉ

Dimanche le 11 mai 2008, par une belle journée ensoleillée, le Club Athlétique de Saint-Hyacinthe présentait le 15e Défi Gérard Côté. Cet événement comporte des épreuves de 5, 10 et 15 kilomètres. En compagnie de plusieurs membres du club du mont St-Bruno, je participais au 15 km. Il y avait par ailleurs plusieurs épreuves d’un kilomètre auxquelles participaient des étudiants du primaire et secondaire des environs (Défi scolaire).

Il convient de souligner à quel point Gérard Côté fut un illustre athlète puisqu’avec Clarence DeMar, Bill Rodgers et Robert Cheruiyot, il fait partie du club sélect des marathoniens à avoir remporté le marathon de Boston quatre fois ou plus (sept fois pour M. DeMar), soit en 1940, 1943, 1944 et 1948.
Une courte biographie ainsi qu’une liste de certains de ses exploits et distinctions sont présentées sur le site (www.club-athlétique.com/gerard_cote.html).

Le parcours consiste en une seule boucle dont les premiers kilomètres traversent un secteur industriel et sont plutôt quelconques. Sur le boulevard Casavant, le parcours n’était de toute évidence pas très bien protégé si bien qu’une voiture est passée à un mètre de mon gros orteil en sortant du stationnement d’un petit centre commercial! Très espacés à cet endroit, les cônes n’étaient pas très visibles pour certains automobilistes, semble-t-il!

Ce fâcheux incident m’a quelque peu « pompé » et, fort de cette impulsion, j’ai pu maintenir un bon rythme jusqu’à la fin pour abaisser mon « PR » à 1h01. Par ailleurs, vu le peloton peu garni et très distendu, j’ai couru tout seul avec mes pensées à partir du 3e kilomètre. Après la mi-parcours, le tracé s’embellit en longeant la rivière Yamaska et en empruntant même une portion de la voie cyclable. Cette section du tracé est bien agréable.

L’aire d’arrivée se trouvait à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme (près du départ) où le premier coureur terminait en 51 minutes et la première femme en 56 minutes. Le dernier coureur fermait la marche en 1h54. Pour la première fois, je crois, des médailles étaient remises aux finissants des trois épreuves. J’ai donc ajouté une breloque à la collection…

Marc Dagenais

Demi-Marathon International de Québec 2008

Dimanche, 4 mai 2008, par mdagenais

Les 30 km du DMIQ

Pour sa 5e édition, le Demi-marathon International de Québec (DMIQ) réservait peu de changements par rapport à l’édition précédente si ce n’est de la météo. En effet, alors qu’un soleil tout-à-fait radieux brillait dans un ciel sans nuage l’an dernier, c’est un crachin qui nous accompagnait sur toute la distance en ce dimanche 4 mai 2008. Avec un bon vent d’est, la température était certes assez fraîche pour courir sans transpirer indûment. Pour ma seconde participation, j’étais accompagné de mon pote Laurent Jugant, un des quelques « Kenyans » de notre club de St-Bruno.

La ligne d’arrivée de même que le centre nerveux des opérations se trouvaient sur les terres du magnifique Domaine Maizerets, situé quelques kilomètres à l’est du centre-ville de Québec. Organisé par l’équipe du circuit Courir à Québec (www.couriraquebec.com) qui est aussi maître d’œuvre du Marathon des Deux rives dont la 11e édition aura lieu le 24 août prochain, le DMIQ se veut une occasion de découvrir un autre visage de la Vieille Capitale. Le parcours consiste en une boucle aplatie et irrégulière de 16,8 km dont l’extrémité est s’approche des Chutes Montmorency et dont la moitié emprunte la piste cyclable qui borde le fleuve St-Laurent en parallèle avec l’autoroute 440.

En plus d’une course de 3 km pour les jeunes (7-14 ans), des épreuves de 10 et 30 km complétaient le programme avec l’épreuve-phare du demi-marathon. Comme l’an dernier, environ 1200 participants prenaient part à l’une ou l’autre des 4 épreuves. Distance peu fréquente dans le calendrier des courses, c’est l’épreuve du 30 km qui m’incita à m’inscrire au DMIQ puisqu’elle cadrait parfaitement dans mon programme d’entraînement en vue du Marathon du Vermont à Burlington (www.runvermont.org) qui célèbrera son 20e anniversaire dimanche le 25 mai prochain. D’après les conversations entendues avant le départ, ce 30 km était pour plusieurs un entraînement pour le marathon d’Ottawa (www.runottawa.ca), également tenu le 25 mai; c’était mon cas l’an dernier.

Les participants au circuit de 30 km devaient d’abord courir 13.2 km de la boucle pour ensuite la parcourir au complet; des autobus assuraient la navette entre le Domaine Maizerets et le lieu de départ. Le peloton du 30 km s’ébranla à 8h00 AM et le premier termina l’épreuve en 1h51 (la première femme en 2h16) alors que le 170e participant fermait la marche en 3h36. Quant au demi, le vainqueur terminait en 1h06 et la première femme en 1h28. En ce qui me concerne, je suis très fier de mon 2h14, complété sans vraiment ressentir de fatigue (contrairement au 30 km d’Hamilton – Around the Bay le 30 mars dernier où les 2h18 s’étaient avérés pénibles).

Trêve de statistiques, la portion du parcours qui emprunte la voie cyclable offre de très beaux points de vue sur le fleuve, l’Île d’Orléans et la ville de Québec; toutefois, le temps maussade qui prévalait masquait quelque peu ce qui autrement aurait été un véritable régal pour les yeux. Bof, on se reprendra l’an prochain puisque j’ai bien l’intention de participer régulièrement aux 2 seules courses de 30 km que je connaisse : Hamilton (www.aroundthebayroadrace.com) et Québec.

Je m’en voudrais d’oublier de mentionner que les coureurs ont été bien gâtés par l’ensemble des bénévoles enthousiastes qui n’étaient pas avares de leurs encouragements malgré la pluie et le vent. Chapeau ! Toutefois, je dois dire qu’après avoir couru le marathon de Boston sous les cris de centaines de milliers de personnes réparties sur 42 km, les abords du parcours me semblaient bien déserts. Quoiqu’il en soit, à l’arrivée, un brunch était servi sous la tente (très bonnes crêpes et véritable sirop d’érable), après la distribution de bien belles médailles.

Finalement, je me répète, ce serait super s’il avait davantage de courses de 30 km au calendrier, un défi plus exigeant qu’un demi-marathon tout en étant plus accessible et moins éprouvant qu’un marathon. Je crois également, au risque de me faire contredire par de vrais connaisseurs, qu’une telle distance, en mode « compétitif », permet de bien mesurer notre progression et/ou préparation en vue d’un marathon. De toute manière, j’ai vraiment aimé la distance et je n’ai même pas eu besoin de temps de récupération, alors que pour le marathon, c’est une autre histoire (surtout en descendant les escaliers le lendemain matin) !

Marc Dagenais

Boston 2008

Lundi, 21 avril 2008, par mdagenais

Boston 2008

Boston, LE marathon

Nul besoin de titre élaboré tant l’association du nom « Boston » au mot « marathon » est évocatrice. Le 21 avril dernier, j’ai eu l’immense privilège de participer à la 112e édition de cette course mythique et ce fut une expérience tout à fait extraordinaire qui n’est pas près de s’effacer de ma mémoire. Les mots qui suivent ne sauront suffire à exprimer l’indicible joie d’avoir couru cette belle route sinueuse, ce parcours chargé d’Histoire, d’émotions fortes, d’efforts acharnés, de sueur et… de verres de Gatorade!

Au privilège de pouvoir partager la même voie que les illustres Gérard Côté, Jacqueline Gareau, Clarence DeMar, Bill Rodgers, Joan Benoît et tutti quanti, s’ajoutaient ceux d’être accompagné de mon épouse et de voyager avec le groupe organisé de Pierre Bourassa. Ce « gentlemen runner » qui en était à son 117e marathon (vous avez bien lu!) sait vraiment y faire en termes d’organisation. Généreux de sa personne, simple et bon vivant, il a su bien prendre soin de ses ouailles et faire en sorte qu’ils aient pu se concentrer sur la course elle-même, les aspects logistiques étant réglés de main de maître. J’en profite pour lui réitérer l’expression de mon éternelle reconnaissance.

Comme l’indiquait La Presse le 20 avril dernier, le Marathon de Boston est mythique. Lancé en 1897 dans la foulée du premier marathon olympique moderne tenu l’année précédente, il s’agit du plus ancien marathon à avoir lieu sur une base annuelle (le plus ancien étant bien sûr la course légendaire de Phidippidès). Les coureurs voulant y participer doivent obligatoirement avoir terminé un autre marathon au préalable à l’intérieur d’un temps prescrit en fonction de l’âge et du sexe. Par exemple, avec 45 printemps, je dois courir la distance en moins de 3h30. Boston fait par ailleurs partie des 5 marathons dits « Majors » avec Berlin, Chicago, Londres et New York.

Nous avons donc quitté Montréal tôt samedi matin, le 19 avril pour la ville natale de Benjamin Franklin (1706-1790), célèbre homme d’État et inventeur du paratonnerre. Dans notre autobus, l’ambiance était d’ailleurs électrique tant le courant entre les passionnés de la course passait bien. Quelle ambiance ! Tous avaient hâte au Jour J et partageaient d’intéressantes anecdotes de course. Le ton était donné pour le reste du week end. Mon épouse, une non-initiée de notre « secte », nous écoutait avec amusement et constatait que je ne suis pas le seul dépendant de cette bonne et douce « drogue » de la course à pied.

Nous étions une soixantaine à bord et avons pu lire, en primeur, un article à paraître dans l’édition de La Presse du lendemain (section Sports, page 8) sur la participation de 251 coureurs Québécois au marathon de Boston cette année. En effet, le directeur des sports de ce quotidien, Jean-Pascal Beaupré, et son épouse étaient des nôtres. L’article présentait aussi un des coureurs d’élite au Québec, Louis-Philippe Garnier, également de notre groupe. Vraiment, ce périple débutait sur la bonne note!

De notre club, Ghislaine Beaulieu, Marcel Giroux et votre serviteur se trouvaient à bord de l’autobus, de même qu’Orysia Krucko qui avait décidé de nous accompagner. Sandra Girard, Mary-Elizabeth Jones, Odile Ouellet, Marc Lavoie, Robert Gemme et Daniel Girouard voyageaient par leurs propres moyens. Le CCRMSB était très bien représenté.

Arrivés tôt en après-midi, nous sommes allés à l’Expo-Santé quérir notre dossard, puce électronique et chandail technique à l’effigie du marathon. L’événement avait lieu au Hynes Convention Center et tout était vraiment « BIG », comme les « Amââricains » aiment faire les choses. Compte tenu du nombre de participants à ce prestigieux marathon, il y avait foule et cela prenait de longues secondes pour passer d’un kiosque à l’autre.

Je me suis laissé tenter par de nombreux items de marchandise aux couleurs du marathon 2008, et j’ai également eu le plaisir de jaser avec le grand responsable du marathon de Montréal pour constater à quel point il s’avère ardu pour lui de négocier avec les autorités de la ville de Montréal et de la Régie des Installations Olympiques. Il semble que ces gens décidément peu coopératifs ignorent à quel point tout marathon d’envergure peut entraîner de belles retombées pour sa ville-hôte. Ailleurs, M. Hoyt, cet ex-Marine qui participe à des marathons et des « Ironman » en transportant son fils handicapé, était présent pour dédicacer son livre et je fus très ému de lui serrer la pince.

Après plus de 3 heures dans cette foire, nous sommes rentrés à l’hôtel Midtown, un établissement à prix modique situé tout près de l’arrivée du marathon et que Pierre avait « trouvé » l’année précédente. Le restaurant où nous soupions ce samedi disposait de 3 écrans de télévision, dont deux montraient un match de baseball et l’autre le 6e match de la série Bruins-Canadiens ! Comme quoi les priorités sportives diffèrent d’une ville à l’autre.

Le dimanche fut consacré à la visite de cette très belle ville, les incontournables étant le beau parc public Boston Common, Faneuil Hall (qui fut témoin de nombreuses rencontres menant à l’Indépendance) et Quincy Market. Le soir venu, nous sommes allés au souper de pâtes qui se tenait à l’Hôtel de Ville, un immense édifice de type « bunker » qui jure autant dans son environnement que notre Palais de Justice dans le Vieux-Montréal.

Ce pasta dinner ne s’est pas avéré le clou de la journée parce que nous étions éparpillés un peu partout dans ce temple du béton et le choix de nourriture n’était pas très varié. Je dois cependant admettre que gérer un si grand nombre de convives demandait tout de même beaucoup d’organisation. Avec une bonne dose de Taylorisme appliquée au processus, tout s’est bien déroulé et les jeunes bénévoles ont su nous servir une bonne rasade d’enthousiasme.

Pour le grand jour, Pierre avait vu à ce que nous puissions utiliser notre propre autobus pour se rendre au point de départ dans la petite ville d’Hopkinton. Ainsi, nous avons pu y relaxer et faire nos derniers préparatifs en tout confort. Au moment opportun, nous avons quitté notre abri pour traverser un « Village des Athlètes » improvisé sur le terrain d’une école secondaire, remettre nos effets dans les autobus qui les apporteront à la ligne d’arrivée et nous rendre dans nos enclos (« corrals ») respectifs pour attendre le départ. On ne pouvait s’empêcher de constater à quel point, après toutes ces nombreuses dizaines d’années d’expérience, la logistique était réglée au quart de tour.

Et il fallait bien une solide organisation pour si bien gérer la présence envahissante d’environ 25 000 coureurs fébriles dans une petite ville. On avait donc prévu 2 vagues de départ, soit les dossards 1 à 13 999 qui s’élançaient à 10h00 et les autres à 10h30, pour éviter un trop grand engorgement lors des premiers kilomètres. Ces deux vagues étaient divisées en groupes de 1 000 coureurs, chacun dans son « corral » selon l’ordre de vélocité. En effet, comme les numéros de dossard étaient attribués en fonction du temps de qualification utilisé par les coureurs (par exemple, mon dossard no 8315 correspondait à mon temps de 3h19 fait à Québec), le premier « corral » contenait les coureurs aux dossards 1-999, le second contenait les dossards 1 000-1 999, et ainsi de suite, le tout devant permettre un déploiement plus harmonieux du peloton.

Après l’hymne national et le passage rapide de deux chasseurs dans le ciel, survint le moment tant attendu du départ. Naturellement, à ma hauteur, il m’a fallu environ 3 minutes pour me rendre à la ligne de départ… et environ 3h30 pour parvenir à celle de l’arrivée. Le ciel était nuageux et la température d’environ 12 Celsius, soit de bien meilleures conditions que l’année précédente. Le soleil est apparu progressivement au fil des kilomètres et le mercure a donc grimpé quelque peu; heureusement qu’une légère brise nous rafraichissait par moments.

Le parcours est à peu près linéaire et débute en milieu rural sur une route bordée d’arbres. Déjà, la foule y est très nombreuse et enthousiaste. La principale difficulté des 10 premiers kilomètres consiste à ne pas se laisser emporter trop vite par l’entrain des autres coureurs et, surtout, ne pas se faire piéger par une topographie plutôt descendante. Mon plan était de me garder des réserves pour bien affronter les 4 côtes de Newton entre les 26e et 32e kilomètres (dont la fameuse « Heartbreak Hill »).
On m’avait parlé de ces filles du collège Wellesley qui s’excitent et crient à tue-tête peu avant le passage au 21e kilomètre. Eh bien, ce n’est point une légende urbaine! On pouvait même entendre la clameur au loin. Quelle ambiance frénétique! Quel bruit assourdissant! La foule du Centre Bell peut bien se rhabiller. Wow! Plusieurs de ces jeunes dames tenaient des pancartes indiquant « marry me », « kiss me » et autres suggestions originales. Toutes s’étiraient au-dessus des barrières pour un « high five ». Je ne vivrai pas assez vieux pour oublier ce passage en mi-parcours, ni cette petite tape sur le postérieur par l’une d’elles! J’ai distribué davantage de « high five » au long du parcours qu’au cours du reste de mon existence.

Car il y avait foule tout le long des 42,2 km du parcours et très peu d’endroits dépourvus de supporters. Étant plus habitué aux parcours où les spectateurs se font plutôt rares, je suis à court de mots pour bien exprimer la sensation extraordinaire d’être encouragé par une foule si nombreuse, si enthousiaste et démonstrative, et pour une si longue durée. L’énergie de ces foules m’a littéralement transporté.

Finalement, les collines de Newton ne me sont pas apparues si redoutables; j’ai même trouvé Heartbreak Hill relativement facile en ne forçant pas trop la note. Sans doute que le tempo modéré que j’ai adopté en première moitié de course y était pour quelque chose. Tous n’ont certes pas eu cette même impression puisque les marcheurs étaient nombreux à cet endroit. De l’autre côté, le parcours redevient descendant en majeure partie jusqu’à l’arrivée au centre-ville de Boston, près de la Tour John Hancock.

Mes efforts ayant été bien dosés auparavant, les 10 derniers kilomètres furent agréables et j’ai senti mon sourire réapparaître dès que l’immense enseigne CITGO indiquant le 25e mille s’est signalée à l’horizon. Par la suite, je voyais se dresser les édifices Prudential et John Hancock et sentais la fin approcher. Lors des 4-5 derniers kilomètres, la foule devenait encore plus compacte et bruyante, dans un véritable débordement d’enthousiasme et une orgie d’encouragements. Les dernières foulées ont été tout simplement magiques et la traversée sous l’immense arche bleue de l’arrivée restera imprimée longtemps en mémoire.

Et c’est là que la qualité de l’organisation entre de nouveau en jeu. Quelle logistique bien huilée! Les coureurs étaient accueillis par un dispositif impressionnant de bénévoles qui les dirigeaient vers les tables d’eau, puis vers les endroits où l’on remettait à chacun une couverture métallique, une belle médaille et un goûter, et ensuite vers les autobus contenant les effets personnels. Les reflets du soleil sur les très nombreuses couvertures métalliques offraient une image saisissante.

Tout au long de ce processus, les bénévoles se donnaient la peine de nous applaudir, comme pour nous faire plus facilement réaliser ce que nous venions tout juste d’accomplir. Wow! Je n’en reviens pas encore. Quel beau marathon! Je pense d’ailleurs qu’il s’agit de la conclusion partagée par la majorité des 21 963 coureurs ayant franchi le fil d’arrivée, le premier en 2h07 et le dernier en 7h41. Notre ami Louis-Philippe a réussi à se classer 10e dans son groupe d’âge, et 62e au total, une très belle performance dont il est très heureux. M. Hoyt et son fils ont terminé en 4h07 et un certain ex-champion cycliste en 2h50.
À l’initiative de Pierre, la presque totalité de notre groupe s’est retrouvée en soirée pour un bon souper. Encore une fois, l’heure était aux échanges d’anecdotes. Les sourires sur les visages en disaient long et plusieurs arboraient leur belle médaille. Heureux et fourbus, nous avons également célébré la victoire de notre équipe de hockey. Nous sommes rentrés au Québec dès le lendemain au terme d’un séjour plutôt bref mais combien intense et enrichissant.

Marc Dagenais

Choisir des espadrilles pour la course

Dimanche, 13 avril 2008, par lesmedias

Francois Lecot à TVA

Interview avec François Lecot à l’émission J.E. à TVA.

Avril 2008. 6 minutes.

Le jogging et une activité qui demande très peu d’investissement financier et qui peut se pratiquer n’importe où dans presque toutes les conditions. Le seul achat important pour débuter est une bonne paire d’espadrilles au coût d’environ 100$. Cela constitue l’élément de base sur lequel il ne faut pas lésiner. Afin de faire un choix éclairé l’émission d’affaires publiques J.E. a consacré une chronique sur le sujet, le 18 avril dernier, avec l’expert en la matière François Lecot.

Around the Bay, Hamilton – 2008

Mardi, 1 avril 2008, par Réjean

Around the Bay – Hamilton 2008

Dimanche, 30 mars 2008, par mdagenais

Around the Bay, Hamilton 2008

Rendez-vous avec l’Histoire

Par un dimanche ensoleillé mais frisquet le 30 mars dernier, avait lieu la 114e édition (vous avez bien lu!) de la course Around the Bay (www.aroundthebayroadrace.com), Cette course d’âge vénérable est disputée en la ville très industrielle de Hamilton, située à l’extrémité ouest du Lac Ontario, à proximité de Toronto. Cet événement historique existe depuis 1894, soit 2 ans avant le marathon de Boston, et revendique le titre de plus ancienne course en Amérique du Nord.

L’épreuve principale de cet événement est une course de 30 km à laquelle s’ajoutaient une épreuve de 5 km, des courses à relais (en 2 ou 3 étapes) sur le parcours de 30 km et un volet marche. Avec un maximum de 5 500 participants inscrits au 30 km, soit le plus haut total à ce jour, l’événement-phare se déroulait à guichets fermés. Le nombre d’inscrits à toutes les épreuves atteignait 8 300, en hausse d’un millier par rapport à l’année précédente. Vu les bourses offertes, un petit contingent de Kenyans et autres élites y participaient.

C’est lors de l’Expo-Santé du Marathon des Deux Rives à Québec l’an dernier, que Laurent Jugant, Gilles Cadotte, Stéphane Lachapelle et moi avions décidé d’y participer. Par la suite, Daniel Lamontagne s’est joint à nous ainsi qu’une copine de Laurent. Pour l’occasion, nous avons loué une fourgonnette pour voyager tous ensemble. L’atmosphère de rigolade dans le véhicule s’est avéré un antidote efficace à la platitude de l’autoroute 401 entre Montréal et Toronto et a même donné lieu à des échanges enrichissants qui ont rendu le voyage très agréable. Gilles soulignait que ces moments privilégiés sont un « petit hymne à la Vie ».

Nous étions partis très tôt samedi matin de St-Bruno afin de ne pas arriver en retard pour retirer nos dossards à l’Expo-Santé (Health & Fitness Expo). Celle-ci avait lieu au Copps Coliseum, domicile depuis 1996 du club de hockey des Bulldogs, le club école du Canadien de Montréal. Cet édifice de 17 500 sièges construit en 1985, fut ainsi nommé en l’honneur de l’ancien maire Victor K. Copps qui présida aux destinées de Hamilton durant 14 ans. Il est également père de Sheila Copps, ex-membre du notoire « Rat Pack » libéral fédéral et ancienne ministre du Patrimoine qui s’était fait connaître avec sa distribution « a mari usque ad mare » de petits drapeaux unifoliés. D’après les quelques informations trouvées sur le web, M. Copps aurait souffert d’une sévère crise cardiaque lors de la course Around the Bay en 1976, ce qui l’amena à se retirer de la vie publique. Je présume qu’il n’était pas spectateur mais j’ignore s’il participait à l’épreuve du 30 km ou du 5 km…

Bon, assez pour le cours d’histoire (il s’agit tout de même d’une course historique, rappelons-le) et revenons à l’Expo-Santé peuplée de très nombreux coureurs enthousiastes et fébriles qui avaient investi ce colisée Copps. J’aime beaucoup me retrouver avec mes semblables de l’espèce homo runningus pour récupérer mon dossard et le désormais incontournable chandail aux couleurs de l’événement. Cette fois-ci, nous recevions un beau chandail technique à manches longues qui arbore fièrement l’inscription « Older than Boston » à l’endos. C’est qu’ils y tiennent à leur préséance!

L’Expo-Santé est non seulement un endroit pour assouvir nos besoins de magasinage d’articles spécialisés, mais souvent un lieu de rencontre avec des gens intéressants. Nous avons d’ailleurs eu le plaisir de nous entretenir avec M. Denis Therrien, le maître d’œuvre du Marathon des Deux Rives à Québec, qui nous a fait réaliser toute la complexité de l’organisation d’un tel événement et tous les efforts d’équipe que cela exigeait. Ailleurs, au kiosque présentant une course organisée pour la St-Patrick, notre ami Gilles a reçu un chapeau haut de forme arborant le trèfle irlandais et les couleurs de la bière Guiness après avoir fièrement exhibé sa médaille (qui traînait dans ses poches, imaginez-vous) du demi-marathon de la St-Patrick à la dame qui tenait ce kiosque.

Je m’en voudrais d’oublier de mentionner que le restaurant (de pâtes, quoi d’autre) qui nous avait été recommandé pour le lunch par une bénévole de l’Expo-Santé, était fermé par ordonnance de l’autorité pertinente en santé publique pour cause d’insalubrité ! Bah, nous sommes allés à l’hôtel déguster un spag trop cuit à 25$. Heureusement, le souper aux pâtes était un peu mieux.

Le lendemain, le départ du 30 km avait lieu tout près du fameux colisée à 9h30, soit à une heure un peu plus tardive qu’à l’accoutumée. Puisque nous étions nombreux et plutôt serrés derrière la ligne de départ et les élites, un système d’enclos (« corrals ») aurait été bienvenu. Quoiqu’il en soit, le soleil et la bonne humeur étaient à ce rendez-vous avec l’Histoire. Le mercure affichait un degré Celsius sous zéro au départ avec un vent d’est de 30 km/h; la température s’est réchauffée à deux degrés au-dessus de zéro à l’arrivée.

Et c’est le départ ! Après les quelques centaines de mètres dans le centre-ville, les premiers 8-9 kilomètres traversaient essentiellement des quartiers typiquement ouvriers, un paysage urbain plutôt banal mais rien de surprenant puisque Hamilton est la ville des grandes aciéries. Il n’y avait aucune trace de cette baie qui donne son nom à la course avant le 12e kilomètre.

Du 12e au 17e km, le parcours est situé sur une petite bande de terre séparant la fameuse baie (que l’on devine plus qu’on ne voit) du Lac Ontario (que l’on aperçoit quelques fois entre les maisons). Sur l’artère nommée Beach Boulevard se trouvait la « Tin Pan Family » qui nous encourageait en frappant sur un assortiment assez varié de chaudrons et casseroles. Plutôt sympathique! Après le 15e kilomètre, nous traversons un pont métallique au-dessus de l’écluse menant du lac à la baie (qu’on a très peu vue jusque là).

C’est entre les 8e et 15e km que nous dépassions les marcheurs. Malgré quelques groupes qui prenaient de l’espace, la grande majorité fut assez disciplinée, Je dois noter cependant que je trouve leur présence un peu spéciale. Ça ne me dérange pas vraiment, mais…

À Burlington, à partir du 18e km, le vrai travail commence avec une succession de petites côtes et quelques descentes assez raides, ce genre de descente que j’ai toujours de la difficulté à gérer, contrairement à Gilles qui plane à grande vitesse. Sur North Shore Boulevard, le décor présente un contraste assez frappant avec les faubourgs ouvriers alors qu’on traverse un quartier plutôt cossu, particulièrement les magnifiques demeures riveraines. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’on trouve ici les meilleurs points de vue sur la fameuse baie.

Je savais qu’une bonne côte nous attendait après le 25e km, mais j’ignorais qu’il y en avait plusieurs avant. En appuyant un peu trop sur l’accélérateur entre les 5e et 18e km, j’ai donc payé le prix. La côte susmentionnée était immédiatement précédée d’une descente que j’ai trouvée horrible. Pour ajouter au supplice, on pouvait apercevoir le tracé de cette montée dès l’arrivée en haut de la descente préalable, pour mieux apprécier toute la puissance de l’instrument de torture quelques minutes avant de le subir. Du plaisir pur jus!

L’énergie ainsi sapée et le moral aux talons, je me suis par la suite traîné jusqu’au fil d’arrivée. Oh que cela n’augure pas bien pour le marathon de Boston trois petites semaines plus tard! L’idée d’y renoncer m’a traversé l’esprit à quelques reprises depuis. On verra bien…

Toute bonne chose ayant une fin, cette côte s’avérait la dernière et le reste du tracé était plat puis légèrement descendant vers le centre-ville. En d’autres circonstances et dans un autre état d’esprit, j’aurais trouvé bien drôle ce personnage de la Faucheuse qui nous taquinait au 28 km en plein milieu du boulevard. Nous avions aussi un très beau point de vue sur la baie, mais je n’étais plus vraiment en mesure de l’apprécier. Dommage!

Quoiqu’il en soit, l’arrivée se trouvait à l’intérieur du colisée Copps, au beau milieu de l’amphithéâtre. Avec plusieurs spectateurs dans les gradins, il y avait certes de l’ambiance. Je trouve qu’une finale dans une enceinte sportive, à l’instar du marathon qui finit dans le Stade Olympique de Montréal, ajoute un petit quelque chose intéressant. De plus, avec ce temps frisquet et venteux de l’année, il fait bon se trouver à l’intérieur.

Les médailles remises aux participants terminant l’épreuve (mot bien choisi en ce qui me concerne) étaient divisées en trois catégories : l’or pour les coureurs terminant en moins de 2h et les coureuses en moins de 2h15; l’argent pour moins de 2h15 (coureurs) et de 2h30 (coureuses); et le bronze pour tous les autres. À noter que c’est le temps officiel (« gun time ») et non réel (« chip time ») qui est utilisé.

Je m’étais mis en tête d’aller chercher l’argent et cet empressement m’a joué un vilain tour. En me traînant après la côte, je me suis donc contenté de finir en 2h18:31. Plus méthodiques et constants, Gilles (7e dans sa catégorie d’âge) et Daniel ont enregistré 2h16:03 et 2h17:51 respectivement. Laurent a réalisé un temps magnifique, si bien qu’il ne lui manquait que 29 petites secondes pour décrocher l’or. Stéphane nous suivait en 3h10 en pleine forme. Nonobstant mon résultat personnel, je trouve intéressante l’idée de catégoriser les médailles. Évidemment, j’aurais préféré que l’argent couvre un intervalle de 30 minutes plutôt que 15…

Pour les autres statistiques, le premier coureur franchissait la ligne d’arrivée en 1h33 et la première femme en 1h48. Le premier Québécois, Louis-Philippe Garnier, terminait en 1h45. Le 4 427e coureur fermait la marche en 4h56.

Tout compte fait, il s’agissait d’un très bel événement, bien organisé et sympathique. J’y reviendrai sans doute un jour. Je crois qu’il devrait exister davantage de courses de 30 km puisqu’il s’agit d’une distance qui représente un bon défi (bien plus qu’un demi) sans toutefois être aussi exténuante qu’un marathon. En outre, comme le soulignait Stéphane avec justesse et humour, « lorsqu’on frappe le mur, on est arrivé ! ».

Demi-Marathon de la St-Patrick – 2008

Samedi, 15 mars 2008, par mdagenais

À la soupe aux citrouilles St-Patrick, Gilles !

Demi-Marathon de la St-Patrick

Le samedi 15 mars dernier avait lieu le 7e demi-marathon de la St-Patrick organisé par le Club Coureurs Boréal. N’ayant malheureusement pu y participer, j’ai donc recueilli les impressions de Gilles Cadotte et suis allé voir les résultats sur le site web du club : www.borealclub.net.

Le parcours, situé entièrement sur l’Ile Bizard, s’est avéré difficile puisqu’environ 40% de celui-ci se trouvait sur une surface enneigée, dont approximativement 2 km et demie dans la neige folle. Il était donc ardu de prendre, et surtout de maintenir, un rythme de course constant. Par conséquent, il ne s’agit pas nécessairement d’une course idéale pour améliorer son temps sur la distance de 21.1 km. Heureusement, mis à part quelques bosses, le tracé était dénué de relief.

Pour les statistiques, le premier finissant a terminé avec un temps de 1h14 et la première dame, ANDRÉE PAQUET, terminait en 1h26 (8e rang général), suivie immédiatement par Michel Bibeau (1h27). Sa performance lui a d’ailleurs valu une bourse de 120$ en bons d’achat (dont les pieds de son chum vont profiter). Gilles est arrivé en 2e position dans son groupe d’âge (1h40) et était bien content de sa belle médaille arborant le fameux trèfle à 4 feuilles, symbole par excellence de cette fête irlandaise. La dernière participante (119e au total) fermait la marche en 2h48.

Outre sa médaille, notre Gilles a particulièrement apprécié le repas d’après-course et particulièrement le choix de 3 succulentes soupes maison !!! Son œil de lynx a aussi constaté que le parcours était trop long de 140 mètres…

L’an prochain, il faudrait bien aller à la soupe !

Marc Dagenais

Fête du Montréal Intérieur et Souterrain – 2008

Dimanche, 24 février 2008, par mdagenais

Courir sous terre, LE remède au blues de l’hiver!

Courir sous terrePour une troisième année consécutive, le centre-ville de Montréal fut témoin d’une course à pied plutôt originale et UNIQUE AU MONDE. Le superbe temps ensoleillé qui régnait à l’extérieur en ce dimanche 24 février 2008 s’était manifestement infiltré à l’intérieur des murs où 936 coureurs enthousiastes participaient à la brève mais effrénée course de 5 km de la Fête du Montréal Intérieur et Souterrain (www.montrealenlumiere.com). Cette année, la limite du nombre de participants était haussée à 1000, comparativement à 700 l’année précédente et 500 en 2006.

Cette course, organisée de main de maître par Vélo Québec Événements (www.velo.qc.ca), offrait un parcours visitant les corridors des boutiques, stations de Métro et autres couloirs ou passages de ce qu’il convient de désigner comme étant le plus vaste réseau piétonnier intérieur et souterrain au monde (rien de moins!). En effet, depuis sa création autour de la Place Ville-Marie en 1962, ce réseau n’a cessé de s’étendre pour atteindre aujourd’hui 30,7 km, dont la moitié sous terre. Aucune autre ville ne possède un réseau aussi vaste !

Le réseau relie pas moins de 113 édifices du centre-ville, dont plusieurs « landmarks ». Une partie de celui-ci a donc servi de décor à ce véritable cross-country urbain qui comportait de nombreuses montées, descentes et courbes assez raides à négocier. En effet, outre les très nombreux virages serrés et passages étroits de certains couloirs, le tracé était pimenté de nombreux escaliers offrant aux coureurs plus d’un millier de marches à monter et à descendre, la principale difficulté étant de les descendre une par une pour observer le règlement tout en évitant de ralentir indûment.

Compte tenu du contexte hivernal québécois, les coureurs avaient le grand plaisir de disputer une épreuve de course à pied en tenue estivale. Il s’agit certes d’un changement drastique avec les autres épreuves de cette saison, particulièrement le Demi-marathon Hypothermique tenu la semaine précédente (16 février) sous une température de moins 19 degrés Celsius… et plusieurs couches de vêtements !

De plus, pour quelqu’un comme moi qui travaille au centre-ville, quoi de plus amusant que de parcourir à grande vitesse les allées étroites longeant les multiples boutiques et quais de métro, et traversant les foires alimentaires et halls d’entrée d’édifices à bureaux. Les coureurs ont littéralement pris possession du centre-ville pour vivre une belle aventure, le temps d’une matinée. Depuis, la faune habituelle a repris possession des lieux et personne n’aurait l’idée saugrenue de refaire le même exercice cette semaine sur l’heure du lunch !

Fait à noter, la file d’attente du départ (donné à 8h30 AM) était divisée de manière à placer les participants en fonction de leur propre estimation du temps pour parcourir les 5 km, et un départ individuel intervenait à toutes les 3 secondes (évitant un « stampede » dans d’étroits couloirs). Le même stratagème avait été utilisé les deux éditions précédentes avec succès, malgré les quelques inévitables « tricheurs » qui se sont placés trop à l’avant et par conséquent ont ralenti les plus rapides à quelques endroits dans le premier 800 mètres. Quoiqu’il en soit, le gagnant compléta l’épreuve en 18 min. 38 s. et la première femme en 20 min. 20 s., soit deux nouveaux records pour l’épreuve. Mon modeste 23e rang sur un total de 936 participants (5e dans mon groupe d’âge) avec 21 min. 53 s. m’a comblé malgré les 12 secondes qui me séparaient du bronze dans mon groupe d’âge (40-49).

Enfin, lors du goûter d’après-course à l’intérieur de l’immense atrium du Complexe Desjardins, il m’a semblé que tous avaient apprécié leur expérience au plus haut point et les nombreux sourires en disaient long. Tout cela ne m’a guère surpris vu le caractère unique de cet événement qui avait lieu dans un endroit tout aussi unique. Vivement à l’an prochain !

Marc Dagenais

Demi-marathon Hypothermique

Samedi, 16 février 2008, par mdagenais

Un demi-marathon hypothermique qui portait son nom

Samedi le 16 février 2008, le réseau de boutiques spécialisées Running Room (en collaboration avec Reebok) tenait sa troisième édition à Montréal du Demi-marathon Hypothermique, plus exactement au Parc Jean-Drapeau pour la seconde fois avec le départ et l’arrivée au complexe aquatique de l’Île Ste-Hélène. Fait à noter : Running Room organise des Demi-marathons Hypothermiques dans plusieurs villes au Canada au cours de l’hiver, dont ceux d’Halifax et Edmonton le lendemain et celui de Saskatoon une semaine plus tard.

J’ignore si c’était le cas pour l’une ou l’autre de ces 3 villes, mais le demi de Montréal a bien porté son nom. En effet, alors que l’on roulait en direction du Pont Jacques Cartier avant la course, le thermomètre de la voiture indiquait moins 19 degrés Celsius et je me questionnais sur mon équilibre mental. Je crois sincèrement qu’il faut être un passionné de la course à pied pour s’engager dans une telle galère un samedi matin !

Deux ans plus tôt, le 5 février 2006, la course n’avait eu d’hypothermique que le nom avec 3 degrés Celsius au-dessus du point de congélation et sous la pluie. Le parcours, qui suivait essentiellement les pistes de ski de fond du parc des Îles de Boucherville, fut très difficile vu la gamme de conditions allant de la gadoue à la glace vive sous un pouce d’eau en passant par une croûte de neige qui cédait sous nos pas (et éprouvait nos chevilles). Mémorable…

Cette année, malgré le froid qui sévissait au départ donné à 8h30 AM, l’enthousiasme des coureurs, organisateurs et bénévoles a rapidement réchauffé l’atmosphère de même qu’un soleil magnifique dans un ciel azur. Dès les premières foulées, l’absence de vent a également effacé bien des appréhensions. J’ai vite constaté que j’avais fait l’erreur de m’habiller trop chaudement avec, entre autres vêtements devenus lourds à porter, mes gros gants de ski et ma cagoule de type tchador enfilée par-dessus une autre cagoule et sous une tuque (rien de moins !).

Le parcours était essentiellement constitué de trois boucles d’égale distance. Outre le court tracé autour du complexe aquatique et à l’ombre de la Biosphère sur l’île Ste-Hélène, le parcours empruntait la majeure partie du circuit Gilles-Villeneuve et longeait une section du bassin olympique sur l’Île Notre-Dame. Il va sans dire qu’avec le soleil radieux qui faisait particulièrement bien ressortir le manteau blanc hivernal, les beaux points de vue sur le fleuve et le centre-ville de Montréal étaient nombreux et fort appréciés. Couverte de neige tapée et durcie, la chaussée pouvait s’avérer glissante par endroits. Malgré cela, le parcours ne pouvait être qualifié de dangereux, bien que la prudence demeurait de mise.

Personnellement, je ne suis pas particulièrement friand de parcours qui empruntent une même boucle plusieurs fois, mais je comprends fort bien qu’établir un trajet de 21.1 kilomètres et prévoir un nombre suffisant de bénévoles (et responsables de la sécurité des participants) en hiver représente certes un défi sur le plan logistique. En étant réaliste, je pense que le tracé offert représentait la meilleure alternative possible et, tout compte fait, s’est avéré fort agréable. Le coup d’œil à plusieurs endroits valait le déplacement ! J’en conserve un beau souvenir.

À la fin de l’épreuve, 306 mordus (185 hommes et 121 femmes) ont franchi le fil d’arrivée, dont le premier en 1h17 et le dernier en 2h49; la première dame, membre de notre club (il me faut le souligner), termina en 1h26. Par ailleurs, selon l’édition du 24 janvier de La Presse, l’organisation comptait sur 30 bénévoles. Eh bien, je dois dire qu’ils ont certainement fait un excellent travail ou avaient le don d’ubiquité puisqu’il m’a semblé y en avoir beaucoup plus ! Bravo et merci à ceux sans qui il n’y aurait tout simplement pas de course.

Après cette belle course, un brunch ainsi qu’une très belle médaille (vraiment) attendaient tous les coureurs hypothermiques à l’intérieur du complexe aquatique (non, la piscine n’était pas ouverte). Tous m’ont semblé de très belle humeur, épuisés mais ravis d’avoir su s’extirper du lit pour braver les éléments et relever un défi somme toute assez original ! Une course pour les Vrais… À refaire, bien entendu…

Marc Dagenais