Reportages

Relais du tour du Lac Memphrémagog

Samedi, 3 octobre 2009, par gcadotte

117 km en 17 étapes

Samedi le 26 septembre dernier, une équipe du CCRMSB composée de 5 coureurs a réalisé le Tour du lac Memphrémagog en 8:08:56.

L’équipe s’est classée 5ème sur un total de 55 équipes en gardant une allure moyenne de 4:11 minutes par km. Elle était composée de Daniel Lamontagne, Mathieu Girard, Marc Dagenais, Laurent Jugant et Gilles Cadotte. Cete valeureuse bande de malades était également accompagnée de François Lecot qui a regardé les coureurs de dos durant tout le tour.

Pour tous, ce fut une expérience de course et d’équipe captivante, enlevante, dans un cadre enchanteur avec des paysages (et des côtes aussi) à vous couper le souffle. Le tout s’est déroulé sous une température idéale. Tout le monde n’a pas vu le temps passer, l’esprit d’équipe était à son meilleur et la bonne humeur régnait dans une atmosphère de nirvana collectif.

Nous voulons définitivement renouveler l’expérience en encourageons les autres membres du CCRMSB à tenter l’expérience. L’évènement se déroule sous le thème Courir pour grandir et vise à ramasser des fonds pour cette fondation du même nom qui vient en aide au jeunes.

Gille Cadotte

Finir la journée en courant à Toronto

Dimanche, 30 août 2009, par mdagenais

Après quinze marathons, un ultra, cinq 30K, seize demi-marathons et des dizaines d’autres courses derrière la cravate, je devrais savoir qu’il ne faut pas commencer trop vite une épreuve de longue distance. Il semble que j’aie jeté le manuel d’instructions aux ordures lorsque j’ai entrepris, à 17h30, l’épreuve de 30K du Midsummer Night’s Run à Toronto en ce nuageux samedi, 22 août (http://www.amidsummernightsrun.ca/).

À prime abord, mon geste était prémédité parce que je souhaitais tester mon endurance de seconde moitié de course après avoir délibérément couru la première moitié plus vite qu’à l’accoutumée, hors de ma zone de confort. J’ignore encore ce qui m’a poussé à vouloir me tester ainsi. Quoiqu’il en soit, j’ai commis deux erreurs : la première fut de surestimer ma capacité de récupération au point d’oublier que je venais de compléter un marathon six jours auparavant, en réalisant au surplus mon meilleur temps; la seconde fut de partir une coche encore plus vite qu’envisagé. 

La bizarrerie de mon test personnel semble néanmoins en harmonie avec le caractère hors normes (il est tout de même inusité de commencer une compétition vers l’heure du souper!) de l’événement lui-même dont le nom est inspiré de la pièce « A Midsummer Night’s Dream » de William Shakespeare. Dès le départ, il semble donc que je me suis laissé emporter par une sorte de frénésie qui résultait probablement de l’ambiance résolument festive de l’événement où les participants déguisés étaient relativement nombreux. Ou peut-être était-ce le fait de courir en soirée, bien éveillé, plutôt qu’à l’aurore à moitié endormi?

Chose certaine, cet événement nous amenait à rompre avec la routine du souper aux pâtes de la veille suivi du dodo de bonne heure pour ensuite subir un réveil brutal vers 4h00 du matin et un pénible lever du corps pour ingurgiter un déjeuner spartiate environ trois heures avant le départ. Cette rupture du train-train habituel apportait une sensation de vacances; je me sentais presque comme un collégien lors du « spring break », les excès en moins…

Un autre trait distinct de l’événement résidait dans l’absence d’Expo-Santé; un comptoir de retrait des dossards dans une salle d’hôtel constituait notre premier contact avec l’organisation de la course. Le chandail technique à manches longues qui nous était remis, de couleur mauve et arborant une lune à l’endos, m’apparaissait davantage un article promotionnel du Cirque du Soleil.

Quoiqu’il en soit, nous étions fort joyeux dans l’aire de départ située au cœur d’un quartier industriel à l’est du centre-ville. Ce parc dénué d’arbres se trouve à l’ombre d’une immense cheminée rattachée à ce que nous croyions être un incinérateur à déchets (heureusement inactif à ce moment). Les premiers kilomètres du parcours, en plein secteur industriel, furent d’ailleurs quelconques.

Toutefois, le tracé changeait dramatiquement de caractère à compter du 6e kilomètre en longeant une péninsule qui s’avance vers le sud, bordée de chaque côté par les eaux du Lac Ontario. Cette paisible section maritime à travers le Parc Tommy Thompson se déroulait en mode aller-retour, le demi-tour s’effectuant en contournant un phare au 12e kilomètre. Chemin faisant, l’on pouvait apercevoir quelques beaux yachts amarrés tout près et le panorama des hauts gratte-ciel du centre-ville au loin. Le tronçon de la route près du phare était en gravier.

Par la suite, nous allions vers l’est nous balader de nouveau sur les berges du lac au Parc Ashbridge’s Bay et à la Plage Woodbine. La moitié du parcours à cet endroit empruntait une sorte de « Boardwalk » en planches de bois sur près de trois kilomètres. C`était assez original mais il m’a semblé que nous arrivions là comme un chien dans un jeu de quilles. Ici et là, des joueurs de volley-ball, pique-niqueurs et promeneurs nous regardaient comme si nous sortions tout droit de la planète Mars. Deux d’entre eux qui promenaient Fido et Médor avec des laisses plutôt élastiques ont failli me faire trébucher. Sur environ 200 ou 300 mètres, le « Boardwalk » était recouvert de sable.

Nous faisions demi-tour au 24e kilomètre pour revenir au point de départ, pratiquement en ligne droite. Nos amis David LePorho, Laurent Jugant, Mathieu Girard et Marc Lavoie ont terminé respectivement aux 1er, 3e, 11e et 16e rangs avec des temps impressionnants de 1h48, 1h56, 2h02 et 2h06. Le 766e et dernier finissant termina en 4h35. Aux deux tiers du parcours, j’ai payé pour mon empressement des premiers kilomètres; toutefois, cette « souffrance » des derniers milles n’aura pas été assez forte pour effacer le plaisir d’avoir participé à cette épreuve vraiment spéciale. J’ai tout de même terminé 36e en 2h14, rien pour écrire à mon coach, mais satisfaisant après mon récent marathon.

À l’arrivée, la pénombre commençait à s’installer tranquillement. Une aire était aménagée pour nous sustenter et arroser comme il se doit notre participation à cette course sans doute unique en son genre au pays. Croyez-moi, la médaille remise à chaque personne franchissant la ligne d’arrivée vaut son pesant d’or. Bref, un beau défi doublé d’une sortie amusante. Après, il nous restait suffisamment de temps et d’énergie pour une virée au centre-ville!

Marc Dagenais —————- 30 août 2009

Virée familiale et « PB » à Edmonton

Samedi, 29 août 2009, par mdagenais

Réaliser un « Personal Best » au marathon procure invariablement une sensation indicible. À cela, j’ai pu ajouter la joie des retrouvailles familiales alors que j’ai rendu visite à mon aînée en stage à Edmonton. En plus de courir le marathon dimanche (16 août), j’ai participé au 5K la veille avec mes deux filles. Une météo extraordinaire nous a accompagné tout le week end; non seulement le soleil brillait-il de tous ses feux, mais encore le temps frais et sec s’est avéré vraiment idéal pour courir.

Le marathon d’Edmonton n’est certes pas un événement de grande ampleur; toutefois, il était plutôt bien organisé par le réseau bien connu de boutiques Running Room (http://www.events.runningroom.com/site/?raceId=4028) et les différentes épreuves étaient réparties sur les deux jours du week end, soit les 5K et 10K le samedi, suivis du demi et du marathon le lendemain. L’Expo-Santé se résumait au comptoir de retrait des dossards, peu de kiosques et l’incontournable boutique Running Room, le tout sous un grand chapiteau au cœur du Sir Winston Churchill Square situé en face de l’Hôtel de Ville, au centre-ville de la capitale albertaine.

Edmonton est l’endroit ayant vu naître le réseau de boutiques Running Room, aussi il n’était pas surprenant d’y voir son dynamique fondateur John Stanton. Malgré le caractère local de l’événement, la logistique m’a semblé à la hauteur des compétitions de plus grande envergure. Sur le plan pratique, j’ai même pu garer mon véhicule dans un stationnement public situé tout juste sous l’aire de départ/arrivée avec accès facile hors du périmètre bloqué!

Les courtes épreuves du samedi ont attiré un grand nombre de coureurs enthousiastes, plusieurs y participant en famille ou en duo enfant/parent. C’est dans cette atmosphère conviviale et joyeuse que j’ai vécu le grand bonheur de courir tranquillement avec mes deux filles sur un tracé des plus simples : un aller-retour, pratiquement en ligne droite, sur l’une des artères est-ouest du centre-ville. Les coureurs du 5K n’étaient point chronométrés mais se voyaient remettre une médaille de participation au même titre que les finissants des autres épreuves.

Le lendemain, le marathon débutait à 7h00 du matin alors que le fond de l’air était encore frais. Vu le nombre relativement petit de coureurs, le « lapin » pour 3h30 était placé assez à l’avant du peloton et, pour une rare fois, je n’ai éprouvé aucune gêne à m’y placer également. Dès le départ, le contingent de marathoniens traversait le centre-ville vers l’ouest, puis au sud vers la rivière North Saskatchewan. Ce cours d’eau, tout en méandres, sépare ni plus ni moins la ville en deux sections en créant une dépression sur toute sa longueur, ce qui offre un peu de relief à la topographie autrement très plane du reste de la cité et ses environs (les Rocheuses se trouvent à 4 heures de voiture).

Tout compte fait, les concepteurs du parcours de ce marathon ont su utiliser à bon escient les escarpements créés par le lit de la rivière pour, d’une part, offrir de belles balades sur les hauteurs de part et d’autre de ladite rivière entre les falaises et les inévitables résidences cossues qui les bordent, et, d’autre part, augmenter le degré de difficulté du parcours avec quelques enchaînements de montées et descentes.

Le tracé nous a fait découvrir une cité verdoyante en plusieurs endroits, notamment le parc Hawrelak et le ravin MacKinnon de même que certains quartiers huppés de la ville. Entre les 29e et 30e kilomètres, une dernière longue montée faisait grimper nos pulsations et attaquèrent nos jambes fatiguées alors qu’il fallait encore se taper un petit 12K.

Cette dernière portion se déroulait entièrement sur le plat et je savais, dès lors, que si la tendance se maintenait, je pourrais améliorer mon meilleur temps (3h16, 56s) en créant un écart intéressant. Animé par un fort sentiment d’accomplissement (et d’urgence à conclure), je commençais alors à effectuer quelques calculs pour tenter de deviner mon temps d’arrivée. Ces amusantes mathématiques m’ont fait oublier la fatigue accumulée et les derniers kilomètres m’ont semblé moins longs.

Je n’avais aucun plan de match particulier avant de commencer ce marathon et je souhaitais surtout avoir du plaisir à découvrir une nouvelle route en courant selon mon « feeling » du moment. Il va sans dire que ce « feeling » devenait de plus en plus agréable au fur et à mesure que j’approchais de l’arrivée. Je n’ai jamais eu aussi hâte de voir les chiffres apparaissant sur le cadran de la ligne d’arrivée et je fus comblé!

Parfois, les choses ne se passent malheureusement pas comme on le souhaite; je l’ai vécu lors de quelques courses. D’autres fois, tous les éléments se conjuguent pour offrir les meilleures conditions possibles; si, en plus, nous réussissons à entrer « in the zone », cette espèce d’état de grâce indéfinissable qui amène à se dépasser, tout semble devenir possible. Avec un climat franchement idéal pour un marathon et la grande joie d’avoir couru avec mes enfants la veille pour me transporter, je ne me souviens pas avoir débuté un marathon le cœur si léger, l’esprit aussi « zen » et sans aucune appréhension.

J’ai donc enregistré un nouveau « PB » de 3h09 et 59 secondes, 30e sur 395 participants, le premier ayant terminé en 2h23 (première dame en 3h08 et 59s.) et le dernier en 6h25. Si je puis me permettre de comparer ce beau marathon avec un très bon repas, alors le 5K avec mes filles fut nul doute le meilleur hors d’œuvre qu’on ne m’ait jamais servi.

Marc Dagenais ————-29 août 2009

Ultime épreuve à Tremblant

Samedi, 11 juillet 2009, par mdagenais

Ce que j’ai le plaisir de décrire ci-après s’avère nul doute l’épreuve sportive la plus longue et ardue qu’il m’ait été donné de vivre à ce jour, et une véritable aventure! En ce 27 juin 2009 nuageux et très humide, la seconde édition du « Ultimate XC » en sol québécois (et canadien) avait installé ses quartiers sur les terres accidentées du Mont Tremblant. Heureusement, le mercure n’était pas trop élevé!

L’an dernier, la première édition québécoise eut lieu à Val-Morin et comprenait trois épreuves de 10 km, demi et marathon ainsi qu’une course de 2 km pour les 10 ans et moins. Ma participation au marathon fut malheureusement interrompue après quelques 20 km de course en raison de ligaments déchirés à la cheville. Étant demeuré sur mon appétit, je souhaitais vivement prendre ma revanche cette année.

L’organisation

Connue sous le nom « Ultimate XC » (www.ultimatexc.com), l’organisation a pour mission de tenir des événements sportifs en plein air, hors des sentiers battus (autant au sens propre que figuré). Plus précisément, l’organisation est maître d’œuvre de 3 séries d’événements, à savoir : course à pied, vélo de montagne et épreuves par étapes multi-sports (3-5 jours). L’agenda 2010 promet d’en faire voir de toutes les couleurs, notamment avec le « Ultimate XC Challenge » qui aura lieu à Tremblant les 25, 26 et 27 juin et combinera des épreuves de canoe/kayak (jour 1), course à pied (jour 2) et vélo de montagne (jour 3).

Après Tremblant, le prochain événement de course à pied en 2009 aura lieu à travers les décors spectaculaires du désert de Moab, Utah, le 14 novembre (épreuves de 10 et 20 milles, et 50 km). À noter que l’organisation « Ultimate XC » s’était auparavant fait connaître de belle manière à Jay, au Vermont (près du centre de ski éponyme) au cours des 8 dernières années.

Particularités de ce type d’épreuve

Ce serait une erreur de ne pas insister sur le degré de difficulté technique des courses du « Ultimate XC », au point de les placer dans une catégorie à part. Nous avons en effet gambadé presqu’entièrement en forêt sur un sol rocailleux, boueux et enchevêtré de racines, parfois à travers ruisseaux et petits marécages, parfois en équilibre précaire sur des escarpements rocheux quelque peu glissants. Heureusement que la pluie de la veille avait alors cessé!

À plusieurs endroits, il me semblait n’y avoir aucun sentier et le défi consistait à suivre la voie tracée par la succession de rubans suspendus par les organisateurs aux branches des arbres. Sur ce circuit peu touristique où les obstacles capricieux dont Mère Nature a le secret étaient légion, il fallait bien sûr affronter l’hostile topographie de l’endroit en grimpant toute la montagne à 3 reprises. Oh! Je m’en voudrais d’oublier la présence envahissante de cohortes d’insectes qui nous ont tenu compagnie et sans qui la journée aurait sans doute manqué de piquant.

À titre de comparaison, les parcours du « Ultimate XC » n’ont définitivement rien à voir avec les sentiers du Mont St-Bruno et n’invitent aucunement à la balade contemplative avec la parenté. Il fallait constamment demeurer très attentif où poser le pied sans toutefois trop baisser le regard afin d’éviter les branches qui peuvent soudainement s’imprimer sur notre front (surtout si l’on suit un concurrent de près). Dès que notre tempo s’élevait le moindrement, il fallait augmenter notre degré de concentration d’autant; la vigilance s’imposait sans relâche.

Par conséquent, il ne fallait pas être surpris de combiner course et marche rapide en utilisant le double du temps, voire davantage, autrement requis pour franchir la même distance sur bitume. Il ne fallait pas non plus s’attendre à voir des bornes indiquant chaque kilomètre, ni d’être encouragé par des foules massées le long du parcours. Compte tenu du nombre relativement modeste de coureurs sur une si longue distance, le peloton s’est passablement étiré et l’on courait seul (ou presque) par longs moments. Les postes de ravitaillement étaient également plus espacés par rapport aux marathons urbains, mais drôlement bien pourvus en carburant (l’un d’entre eux offrant même des pâtes au poste du 41e km).

J’en profite pour souligner l’important travail des bénévoles à ces différents postes : installés au milieu de nulle part en forêt pendant de très longues heures, ceux-ci constituaient une cible de choix pour l’armée d’insectes en appétit qui sévissait à Tremblant ce jour-là. Je salue également l’habileté créative du directeur Dan DesRosiers à concevoir et mettre en oeuvre des courses aussi difficiles qu’originales susceptibles de pousser les participants dans leurs derniers retranchements.

L’événement

Cette année, les épreuves du 10 km et demi-marathon revenaient alors que le marathon était remplacé par un ultra de 50 km, et la course pour enfants par un 5 km ouvert aux jeunes de 8 à 15 ans accompagnés d’un adulte vu le degré de difficulté. L’organisation était fière d’annoncer 645 inscrits, dont un bon nombre provenant de l’extérieur du Québec (Alberta, Ontario, pas moins de 11 États américains et France).

Les distances furent précisées quelques jours avant l’événement, soit : 6,8 km pour l’épreuve du 5 km, 12,5 km pour le 10 km, un peu plus de 31 km (!) pour le demi-marathon et 58 km pour le 50 km. Compliments à l’organisation pour avoir mis en ligne de belles cartes topographiques illustrant avec précision chaque parcours et le relief dont on pouvait apprécier toute la brutalité saisissante.

Le site web comporte par ailleurs une section « forum » interactive fournissant de nombreuses informations utiles. Après la course, de nombreux participants l’ont utilisé pour exprimer leur appréciation de leur aventure et aussi y établir des liens électroniques avec leurs photos ou leur blog perso; d’intéressants récits s’y trouvent.

Les départs étaient synchronisés comme suit : 8h00 pour le 58 km, 9h00 pour le demi-marathon (de 31 km), et 10h00 pour les courses de 5 et 10 km. Une demi-heure avant chaque départ, Dan Des Rosiers nous livrait ses dernières instructions et mises en garde. Un mélange de fébrilité et de bonne humeur se dégageait de l’auditoire. Sans surprise, je n’ai pas vu de Kenyans…

Avant de partager mes souvenirs les plus forts de mon aventure de 58 km, je tiens à souligner l’originalité de ce parcours constitué de plusieurs boucles entrecroisées permettant la double-utilisation de la majorité des postes de ravitaillement, ainsi qu’à saluer les efforts déployés par les organisateurs pour bien le baliser en faisant une utilisation généreuse de ruban marqueur. Il devenait très difficile de s’égarer.

Cette configuration en boucles successives permettait aussi aux coureurs qui le souhaitaient d’écourter leur périple à 2 endroits. L’organisation leur offrait ainsi l’option de parcourir 27 ou 44 km, selon le cas, et d’obtenir tout de même un temps non-officiel pour la distance choisie plutôt que de risquer un « DNF ». Certains se sont d’ailleurs prévalus de cette invitation. L’organisation avait aussi prévu des temps-limites à certains points de ravitaillement et l’entrecroisement des boucles facilitait ce processus d’attrition.

La course de 58 km

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Après le départ, les premiers kilomètres à travers le village fabriqué par Intrawest et sur une piste cyclable n’était de toute évidence pas à l’image du reste du parcours. Cette promenade facile s’est avérée de courte durée puisque nous attaquions les sentiers assez tôt et, plus particulièrement, une section de 4 km dans un ruisseau entre les 10e et 15e kilomètres. Courir dans l’eau à contre-courant a soumis mes jambes à rude épreuve puisque je peinais à conserver mon équilibre sur un fond de pierres très glissantes tout en essayant d’avancer le plus vite possible (il s’agit tout de même d’une course). À plusieurs endroits, il m’était impossible de voir le fond de l’eau, ce qui m’a valu quelques chutes dans une eau plutôt rafraîchissante.

Au milieu de cette odyssée qui m’a paru durer une éternité, des photographes étaient judicieusement placés pour capturer ces glorieux moments sur pellicule; les images qui figurent sur le web (http://www.lephotoshoppe.com/eng/Ultimate_XC.html) valent mille mots. Une fois cette portion maritime complétée, nous arrivions au poste de ravitaillement no 2 où nous pouvions changer chaussures et vêtements trempés puisque l’organisation nous avait fourni des sacs afin que nous puissions y faire transporter quelques effets personnels. Je crois que nous avons tous profité de cette occasion pour mettre nos pieds au sec. Ce répit bien mérité nous a aussi permis de faire le plein de fruits, pretzels et Gatorade pour affronter la première montée au sommet.

Arrivé au sommet (22e km) vers midi, j’ai réalisé que je devais consacrer l’essentiel de ma journée à parcourir ce tracé dantesque. J’ai pris avantage de la descente à travers les pistes de ski alpin du versant Nord pour enfiler des kilomètres rapides sans trop de difficulté. Arrivé au poste de ravitaillement no 5 (même que no 2), j’en ai profité pour changer mes vêtements du haut (trempés de sueur) et bien me sustenter avant de faire face à l’intimidante montée d’environ 600 mètres vers le Pic Johansen.

Auparavant, l’organisation nous avait fabriqué un pont suspendu à l’aide de courroies nous permettant d’enjamber un ruisseau bien au sec, ce qui s’est avéré un amusant exercice d’équilibrisme bien apprécié pour nous changer les idées. Après, on grimpait au sommet… Et quelle ascension! Ici, l’épreuve n’avait plus rien à voir avec la course à pied puisqu’il était impossible de courir. Je me contentais de grimper le plus efficacement possible tout en me laissant griser par cette communion avec la nature et l’effort.
Une fois au sommet du Pic Johansen (33e km), il fallait bien redescendre, non? Ce jeu d’échelles et serpents s’est donc poursuivi sur ce qui me semblait être le lit d’un cours d’eau asséché, soit un terrain très rocailleux, extrêmement inégal et assez abrupt. À un endroit, il fallait saisir un gros câble pour assurer cette descente. Plus loin, cette véritable descente aux enfers se poursuivait en cherchant du regard les rubans suspendus aux branches pour s’orienter parce que le sentier semblait avoir disparu.

Sur ce tronçon qui m’est apparu trop long, le sol très « raboteux » était camouflé sous les fougères et autres arbustes. Je n’ai pu y prendre de la vitesse vu les nombreux pièges de ce chemin qui m’ont servi 5 légères foulures de la cheville gauche, une roulade freinée par un coup de coude sur une pierre et, pour dessert, une sérieuse entorse à la cheville droite. Mais pas question d’arrêter, je voulais terminer coûte que coûte et puis, au beau milieu de nulle part, aussi bien continuer d’avancer!

Je n’ai pu m’empêcher de trouver cette difficile section franchement pénible. Alors que j’avais besoin de jambes alertes et solides, elles flageolaient de plus en plus vu la fatigue accumulée. Fort heureusement, le poste du 41e km offrait (en pleine forêt, faut-il le rappeler) un impressionnant buffet permettant de refaire le plein de carburant, et oublier la fatigue et la cheville endolorie. J’étais bien content de pouvoir manger des pâtes, échanger mes impressions avec d’autres participants et reprendre mes esprits avant de grimper de nouveau vers le Pic Johansen (45e km)!

Le dernier round

Cette fois sur plus de 600 mètres, cette ascension m’a semblée encore plus ardue et technique que les précédentes. Par contre, la suite du parcours qui nous amenait sur la crête de la montagne en direction du sommet « The Edge » fut des plus agréables : non seulement y avait-il un vrai sentier qui nous permettait de bien voir où poser les pieds, mais en outre plusieurs magnifiques points de vue s’offraient à nous. J’en ai donc profité pour véritablement courir (enfin!) en m’étonnant de ma relative aisance en dépit de l’entorse, la fatigue et une distance parcourue déjà supérieure au marathon. En apercevant le sommet des pentes de ski (poste du 49e km), j’ai même ressenti un regain de vie. Enfin, je pouvais entamer la descente finale vers l’arrivée. Un dernier droit pépère, pensais-je…

Erreur! Nous faire simplement descendre par l’une des nombreuses pistes de ski alpin aurait été simple et sans doute souhaité par bien des coureurs qui n’avaient alors qu’une pensée en tête : en finir au plus vite. Mais non! Il fallait compter sur l’imagination teintée d’un brin de sadisme de Dan DesRosiers qui nous a plutôt conviés à découvrir le sentier dit du Grand Brûlé qui, paraît-il, est très apprécié pour la descente en vélo de montagne.

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Ce fut encore une descente assez technique qui ressuscita mes tremblements aux jambes et s’imprimera encore longtemps dans ma mémoire. Non seulement je devenais de plus en plus épuisé, mais également de plus en plus craintif de me blesser si près du but. À peu près à mi-chemin, un promontoire offrait un superbe point de vue sur le Lac Tremblant et le village d’Intrawest. Je n’ai pu m’empêcher d’y faire une pause pour emplir mes yeux de ce magnifique panorama. Carpe diem!

Après, l’approche du village décupla mon empressement à conclure. Traverser de nouveau le village au milieu des applaudissements et encouragements fut un moment fort qui couronnait de belle manière ce périple extraordinaire m’ayant amené une fois de plus à repousser davantage mes limites. L’aire d’arrivée se trouvait sur la petite plage du Lac Tremblant et y faire une trempette rafraîchissante fut tout simplement irrésistible.

Après l’arrivée, les coureurs étaient invités à utiliser les douches de l’Aquaclub La Source, niché en plein cœur du village, et à refaire le plein de calories avec hambourgeois et salades. Quant à la médaille remise à chaque finissant, je trouve que sa dimension et son originalité sont inversement proportionnelles au degré de difficulté de l’épreuve et au degré de satisfaction que l’on éprouve à franchir la ligne d’arrivée.

Fenêtre ouverte sur un nouvel univers

En terminant l’aventure en 10h17 et en milieu de peloton avec un peu plus de 3 heures après le gagnant (pour les statistiques, voir www.quidchrono-search.com), je me suis immédiatement juré de ne jamais plus refaire ce type de course, de ne plus prendre ce genre de risques alors que je m’approche de la cinquantaine. Même si je n’avais rien à redire sur l’organisation et l’événement, j’ai rapidement conclu que ce n’est pas ma tasse de thé, particulièrement quant au terrain truffé de pièges de la portion aller-retour du Pic Johansen (entre les 33e et 45e kms).

J’avais également conclu qu’une compétition comportant de si longs et nombreux épisodes de marche forcée (même si relativement rapide) pouvait difficilement être désignée comme étant de la course à pied. Je me suis bien vite ravisé en réfléchissant aux circonstances et à l’environnement topographique qui nous obligeaient à marcher : cours d’eau, pentes abruptes, terrain risqué et autres obstacles divers. L’effort demandé, parfois seulement pour rester en équilibre, me semble au moins aussi ardu et valable que pour la course ininterrompue sur bitume.

Avec le temps, j’apprécie de plus en plus avoir participé à cet événement unique en son genre au Québec. J’en suis non seulement devenu très fier (il s’agit de mon premier ultra-marathon), mais je prends surtout conscience d’avoir découvert un tout autre univers de course, certes intimidant mais ô combien excitant! Alors que la perspective de courir des ultra-marathons m’est toujours apparue impensable, je me surprends maintenant à m’intéresser à ce type de compétition. Quoiqu’il en soit, je choisirai sûrement un terrain plus amical pour la prochaine fois parce que je doute que mes chevilles fragiles voudront encore m’accompagner.

Félicitations aux participants, chapeau à Dan DesRosiers et son équipe, et merci aux endurants bénévoles.

Un mot en terminant : WOW!

Marc Dagenais

Virée familiale dans les sentiers

Jeudi, 2 juillet 2009, par mdagenais

Pour souligner la Fête des Pères, l’édition du 21 juin dernier de La Presse nous offrait de belles histoires touchantes où plusieurs papas partageaient quelques expériences de course vécues avec leurs enfants. À mon tour d’ajouter mon grain de sel puisque j’ai eu le privilège, une semaine auparavant, de courir l’épreuve du 5 km de la Grande Virée des Sentiers (GVDS) avec ma benjamine de 16 ans. Les mots étant impuissants à exprimer adéquatement l’immense bonheur que ce moment magique m’a procuré, je me contenterai de constater à quel point le temps m’est apparu trop fugace en si agréable compagnie et ce, malgré avoir couru 13 longues minutes de plus que mon meilleur résultat sur cette courte distance. Un si bref instant n’en laissera pas moins un souvenir impérissable.

Pour sa 6e édition, c’est encore le splendide Parc du Mont St-Bruno qui accueillait la GVDS, un événement très bien organisé par le Club des Coureurs sur Route du Mont St-Bruno (www.ccrmsb.org) sous le leadership inspirant de son infatigable président, Stéphane Lachapelle. Malgré mon manque évident d’objectivité étant membre du club, je peux néanmoins affirmer, pour avoir participé à plus d’une centaine de courses à ce jour, qu’il s’agit d’un des meilleurs événements de course à pied au Québec, autant par son caractère familial rassembleur que l’efficacité de son organisation bien huilée.

L’événement bénéficie également d’un cadre naturel enchanteur puisque les différents parcours empruntent les magnifiques sentiers du parc provincial sous le couvert feuillu de grands arbres centenaires et le long des rives des lacs des Bouleaux, du Moulin et Seigneurial où les beaux points de vue ne manquent pas. On peut aussi y apercevoir de splendides demeures d’une autre époque de même qu’un moulin à eau remontant au Régime français. En ce dimanche 14 juin, le soleil faisait ressortir la beauté pastorale de cet écrin de verdure, nous faisant facilement oublier que nous sommes pourtant à proximité de la grise métropole.

La GVDS comporte des épreuves de 5 km, 10 km et 20 km auxquelles s’ajoute une course pour enfants (1 km) bien nommée la Petite Virée. Signe de sa popularité, la Petite Virée affichait complet plusieurs semaines avant sa tenue; ditto pour les 5km et 10 km plusieurs jours avant l’événement. L’épreuve du 20 km, plus exigeante en raison de nombreuses montées, affichait presque complet. En tout, l’organisation peut s’enorgueillir d’avoir attiré plus de 1700 inscrits.

J’ouvre une parenthèse pour reconnaître que limiter le nombre de participants dans une course engendre souvent des déceptions. À l’instar des éditions précédentes, ce fut particulièrement vrai en ce qui concerne la Petite Virée 2009 dont la capacité fut pourtant augmentée à 300 enfants. Cette limite, bien qu’elle puisse sembler arbitraire, s’impose néanmoins pour assurer un encadrement adéquat et sécuritaire aux jeunes dont plusieurs en sont à leur première expérience. Fin de la parenthèse.

Quoiqu’il s’agisse de courses en forêt, les sentiers du Parc sont néanmoins très bien aménagés, généralement assez larges pour courir en duo ou trio, et leur surface s’apparente à celle des pistes cyclables en gravier. Il n’y a pas vraiment d’endroit à risque pour les chevilles ou autres articulations sensibles et le degré de difficulté technique est à peine plus élevé que celui de la course sur route. Il ne faut pas surtout confondre avec les courses de type « trail » comme le défunt Raid des Caps dans Charlevoix ou la course Ultimate XC tenue à Mont Tremblant le 27 juin dernier (www.ultimatexc.com) à propos de laquelle je ferai un compte-rendu puisque j’ai participé à l’épreuve de 56 km. Mes chevilles en conservent encore un souvenir très vif.

Les parcours de 5 km et 20 km de la GVDS furent légèrement modifiés, permettant à l’organisation de déplacer l’aire d’arrivée afin de faciliter les déplacements aux alentours et ainsi mieux gérer la foule qui croît année après année. Il faut noter que l’endroit fourmille d’activités avec ses nombreux kiosques (inscription, nourriture, vitamines et accessoires de course et plein air) et son aire de pique-nique fort achalandée. À cela s’ajoutent la structure d’escalade pour enfants et l’atelier de maquillage, qui contribuent à faire de la GVDS un événement familial convivial et rassembleur.

En plus de mon expérience père-fille au 5 km, j’avais également eu le grand plaisir de courir le 20 km un peu plus tôt, un très beau parcours qui m’est particulièrement cher. Je courais à titre de bénévole aux 2 épreuves en communiquant la position du peloton à chaque km par walkie-talkie et pour signaler, le cas échéant, toute situation impliquant des coureurs en difficulté. J’ai donc joint l’utile à l’agréable en m’offrant deux petits « jogs » tranquilles tout en demeurant alerte.

Mon expérience de bénévolat (j’étais aussi à la Boutique Courir la veille pour le retrait des dossards) était partagée par un grand nombre de membres de notre club et il m’apparaît important de le souligner. Naturellement, nous ne sommes pas l’unique club qui organise sa propre course et les efforts enthousiastes que j’ai observés au cours du week end sont reproduits ailleurs par d’autres clubs durant chaque saison de course. Il s’agit d’une occasion de redonner à la communauté tout en valorisant l’esprit de corps.

Pour les statistiques : 299 coureurs ont terminé le 20 km, 437 pour le 10 km et 467 pour le 5 km (voir www.sportstats.ca pour les détails); ces épreuves ont été remportées en 1h10, 35 minutes et 16 minutes respectivement, comme l’an dernier. Voilà des résultats bien impressionnants vu la topographie des parcours, particulièrement le 20 km qui comporte plusieurs bonnes montées. À la GVDS, tous les finissants sont traités en champions en recevant une très belle médaille souvenir; ma jeune fille était bien fière de recevoir la sienne!

Enfin, comme pour toutes les autres courses organisées au Québec, une majorité de coureurs peut s’éclater grâce au travail et aux efforts acharnés d’une minorité de responsables qu’il convient de saluer très respectueusement. En terminant, j’invite chaque coureur à donner du temps à l’une des nombreuses courses au Québec, ne serait-ce qu’une seule fois, et je souhaite à chaque parent de pouvoir courir un jour avec ses enfants. Pour ma part, je ne vivrai pas assez vieux pour oublier la GVDS 2009!

Marc Dagenais

Doublé dans l’Ouest canadien

Vendredi, 12 juin 2009, par mdagenais

Un objectif un peu « flyé »

La course à pied nous amène souvent à tester nos propres limites. N’étant pas particulièrement rapide ni plus endurant que la moyenne, j’aime par contre croire que je dispose d’une très bonne capacité de récupération. C’est ce que je voulais vérifier en participant aux marathons de Saskatchewan à Saskatoon (24 mai) et de Calgary en Alberta (31 mai).

Ayant couru 2 marathons en 2 semaines sans traîner de séquelles en octobre dernier (WineGlass et Denver), j’ai voulu « pousser ma luck » en essayant ce doublé en une semaine. Pour enrichir davantage ce périple, j’ai profité de ma semaine de récupération entre les 2 épreuves pour rendre visite à ma fille aînée en stage à Edmonton, capitale de l’Alberta, et ensuite admirer les magnifiques montagnes Rocheuses avec mon épouse.

Il y a quelque temps déjà que je souhaite courir éventuellement un marathon dans chacune des 10 provinces canadiennes et chacun des 50 états américains. Je suis loin d’être convaincu que ce soit réalisable, mais je crois que rêver à si long terme me permettra d’entretenir ma passion pour la course.

Première étape: Saskatoon

Mon ami Bruno St-Pierre, l’increvable ultra-marathonien de notre club de St-Bruno, participait également à ce marathon après avoir complété un ultra de 100 km la semaine précédente à Drummondville, rien de moins! Il a déjà couru 2 marathons en un week end et représente donc pour moi une source d’inspiration. Sans surprise, nous étions les 2 seuls participants du Québec.

La Saskatchewan, c’est vraiment le plat pays : du hublot de l’avion, le regard n’embrassait que de vastes espaces à l’infini où le relief est inexistant. Saskatoon, principale ville de la province avec un peu plus de 200 000 habitants, n’est pas une grande métropole vibrante et son modeste centre-ville se traverse assez rapidement. À ma surprise, j’ai constaté que la récente vigueur économique de la province n’est aucunement reflétée dans la plupart des secteurs de la ville que nous avons vus. L’endroit n’est toutefois pas dénué de charme avec la rivière South Saskatchewan qui sépare les moitiés occidentale et orientale de la ville et est traversée par sept ponts en son centre. La médaille remise à l’arrivée porte d’ailleurs fièrement la mention « City of Bridges ».

Historique

Le marathon en était à sa 31e édition, ayant débuté en 1979, la même année que celui de Montréal. Malgré différents points de départ et d’arrivée au fil des ans, la majeure partie du parcours a toujours longé la rivière South Saskatchewan, une heureuse décision puisque ce décor, sans être spectaculaire, présente tout de même un cadre apaisant et naturel. L’événement, on s’en doute, a toujours attiré des foules relativement modestes : des 53 coureurs ayant complété le marathon inaugural, le contingent a graduellement augmenté jusqu’à 192 finissants cette année.

Au course de son existence, le marathon a compté différents commanditaires majeurs dont la Brasserie Molson (!) au début des années ’80, et connu différentes appellations comme « Saskatchewan Canada Goose Marathon ». Un compte-rendu de chaque édition apparaît sur le site web (www.saskmarathon.ca); on y apprend notamment qu’à l’époque où les marathoniens se faisaient rares, le temps moyen pour compléter l’épreuve était passablement inférieur à la moyenne contemporaine. Par exemple, le tout dernier marathonien de l’édition 1980 a franchi le fil d’arrivée en 3h41!

Avant course

À l’instar de la ville et du contingent de participants, l’Expo-Santé était de très petite dimension. Logeant dans un complexe de salles d’exposition de type hangar de foire agricole où le « pick up » régnait dans le stationnement de l’établissement (ainsi qu’ailleurs dans la ville), l’endroit dégageait un charmant caractère « provincial » dans une atmosphère plutôt conviviale.

Le souper aux pâtes avait lieu dans une autre section du « hangar » avec Rosey Edeh, spécialiste du 400m haies et détentrice du record canadien de l’épreuve, comme conférencière. Native de Montréal, ayant participé aux Jeux Olympiques de 1988, 1992 et 1996, elle figurait dans l’édition novembre & décembre 2008 du magazine Canadian Running et a partagé son intéressante expérience d’athlète avec beaucoup d’enthousiasme. Signe de l’hospitalité locale, nos voisins de table M. et Mme Healey, un charmant couple âgé en rémission du cancer et participant au 10km, nous ont invités (Bruno et moi) à partager leur brunch familial d’après-course.

Ouvert en 1935, l’hôtel assigné pour l’événement, le Bessborough (nommé en l’honneur du Gouverneur général de l’époque), s’inscrit dans la lignée des hôtels urbains de type château érigés au début du siècle dernier à travers le Canada par les compagnies de chemin de fer, tels que les Royal York (Toronto) et Château Laurier (Ottawa). Fait à noter, l’organisation n’a prévu aucun service de navette entre l’hôtel et le site de départ/arrivée 4 km plus loin, sans doute un reflet du caractère local de l’événement.

Première course de deux : sans dossard

En cette grise matinée, après avoir frénétiquement viré la chambre et mes bagages à l’envers, je constatais avec stupeur que mon dossard avait disparu! En désespoir de cause, ma puce électronique étant déjà attachée à mon soulier, j’en ai fabriqué un à l’endos de ma confirmation d’inscription.

Évidemment, avec ce branle-bas, nous sommes arrivés plutôt tardivement au Parc Diefenbaker (premier ministre conservateur de 1957 à 1963), site de départ/arrivée. Un bouchon de circulation nous empêchant d’y accéder, nous avons donc immédiatement garé la voiture, enfilé rapidement nos vêtements de course, trouvé chacun un buisson pour se soulager et couru jusqu’à la ligne de départ. Arrivés de justesse, on annonçait que le départ était retardé de 15 minutes pour laisser aux gens pris dans le bouchon de circulation le temps d’arriver!

Donc, à 7h15, les coureurs du marathon, demi-marathon et 10 km s’élançaient simultanément. Les marathoniens couraient d’abord la même boucle (aplatie puisqu’elle longe essentiellement les 2 rives de la même rivière) que les demi-marathoniens mais, au lieu de franchir la ligne d’arrivée, empruntaient un étroit couloir parallèle au couloir d’arrivée du demi, effectuaient un virage serré en « u » autour d’un cône (adjacent au tapis d’arrivée) et repartaient ensuite pour courir la seconde boucle qui s’avérait plutôt un tracé linéaire puisqu’il longe la même rive (ouest) de la rivière en mode aller-retour.

Aussitôt la seconde « boucle » entamée, le nombre de coureurs baissait dramatiquement au point où j’avais l’impression de courir seul par longs moments, sentiment renforcé par l’absence de spectateurs… et même de citoyens! Au demi-tour de cette seconde boucle, je fus surpris par l’absence de tapis magnétique (ou autre mesure de contrôle) et constatai que tout coureur situé hors de vue des autres (mon cas pendant de longs moments) pouvait raccourcir son trajet en faisant demi-tour prématurément.

Quoiqu’il en soit, le premier coureur termina en 2h42 et la première dame en 3h21; avec 3h19, c’est bien la première fois que je me trouve aussi haut qu’en 17e position dans un classement; Bruno termina en 3h51. En tout, 192 coureurs ont complété le marathon, 840 complétaient le demi et 760, le 10 km; en ajoutant les marcheurs, l’événement attira plus de 2000 participants, soit le plus haut total enregistré à ce jour. À l’arrivée, je constatais avec surprise que les courtes séances de massage étaient payantes! Finalement, la pluie froide qui avait alors débuté nous a fait réaliser que notre voiture était garée plutôt loin!

P.S. J’ai retrouvé mon dossard lundi matin…

Au tour de Calgary

En quittant Saskatoon, Bruno m’avait souhaité de terminer mon combo de marathons en 7h00 ou moins, ce qui me laissait au plus 3h41 pour compléter Calgary, un objectif que je trouvais raisonnable (au fond, je souhaitais terminer sous les 3h30). Chaque soir de la semaine, j’ai pris un bain d’eau froide avec glace pour les jambes, et je n’ai couru que 2 fois durant la semaine (dont une séance matinale au superbe Lac Louise dans le parc Banff), à un rythme léger pour moins de 20km au total. De plus, visiter ma grande fille et voyager avec mon épouse m’ont permis de décrocher mentalement de la course à pied.

Par conséquent, je me sentais frais et dispos une fois arrivé à Calgary. Mon ami Mathieu Girard, une des rapides gazelles de notre club de St-Bruno, participait au demi-marathon et profitait de son séjour pour rendre visite à un bon ami établi dans la région.

Nichée à 3600 pieds d’altitude et à une heure de route de l’entrée des Rocheuses, Calgary respire encore le dynamisme économique malgré le récent ralentissement. Le centre-ville n’est pas tellement étendu mais un très grand nombre d’édifices modernes en hauteur y sont concentrés. Par ailleurs, les eaux claires et rapides de la rivière Bow prennent leur source dans les Rocheuses et séparent le nord et le sud de la ville.

Historique et avant course

Le marathon en était à sa 45e édition, ayant débuté en 1963 avec 12 finissants et connu une brève interruption au cours des années ’60; un bref historique de l’événement au fil des décennies apparaît sur le site web (www.hsbccalgarymarathon.com). Aujourd’hui, l’événement est d’envergure selon les « standards » canadiens et comporte plusieurs épreuves dont un demi, des 10 et 5 km, un marathon-relais et une course pour enfants au cours de laquelle ceux-ci parcouraient 1,2 km après avoir couru 41 km, un chaque jour, du 20 avril au 30 mai inclusivement. Les parcours du marathon, demi, 10 et 5 km étaient également ouverts aux marcheurs.

Le climat peut être très variable : en 2001, le mercure dépassait 30 degrés Celsius après un frisquet 3 degrés l’année précédente. Depuis 1989, l’événement avait lieu en même temps que le fameux Stampede (début juillet) mais, pour cette année, l’organisation a décidé autrement après avoir constaté la difficulté de mobiliser bénévoles et personnel policier lorsqu’un événement de calibre international a lieu concurremment, de même que les tarifs hôteliers plutôt onéreux en cette période.

Bizarrement, malgré la présence de nombreux hôtels dotés de grandes salles de réception au centre-ville, l’Expo-Santé avait lieu au MaxBell Center, un grand amphithéâtre sportif situé loin du centre-ville et accessible en voiture seulement (à moins de connaître très intimement le réseau de transport en commun). Situé sur un promontoire, l’endroit offrait cependant une vue magnifique sur le centre-ville et les Rocheuses au loin. Plus bizarrement, l’organisation n’a pas prévu de pasta dinner!

Dernière course du périple : moment de vérité

Par une belle matinée ensoleillée et très confortable, nous avons pris le tramway près de l’hôtel en direction du site de départ/arrivée. L’organisation ayant obtenu un passage gratuit (en transport en commun) pour toute personne arborant son dossard, il va sans dire que j’ai pris maintes précautions la veille pour ne pas l’égarer. L’usage du tramway est une bonne idée… qui aurait sans doute été meilleure si la fréquence des trains avait été augmentée. Non seulement avons-nous attendu longtemps, les gens de la station suivante n’ont pu monter à bord faute de place dans des wagons bondés.

Le site de départ/arrivée était situé au parc Murdock, adjacent au Zoo de Calgary et environ 2 kilomètres au nord-est du centre-ville, à vol d’oiseau. Le départ avait lieu simultanément pour le marathon et le demi, à 7h00. Après avoir un peu trop tardé à la « bécosse » (ça devient une habitude depuis Tucson en décembre!), je me suis retrouvé presqu’en queue de peloton au signal de départ et j’ai alors dû dépasser en zigzaguant un long moment avant de trouver mon rythme de croisière.

Les 12 premiers kilomètres du parcours nous amenaient près du Saddledome (domicile des Flames de la Ligue Nationale de Hockey) et en périphérie sud et ouest du centre-ville pour nous faire ensuite longer la rivière Bow. Peu de relief et rien de vraiment spectaculaire. Aux environs du 13e km, les demi-marathoniens faisaient demi-tour pour rentrer au bercail; 2 km plus loin, une montée de près de 100 mètres sur un kilomètre attendait les marathoniens. En haut, nous étions cependant récompensés par une belle vue sur les Rocheuses au loin. Sans trop m’inquiéter, je sentais mes jambes plus raides qu’à l’accoutumée après une telle distance.

Par la suite, quelques boucles nous amenaient d’abord sur le campus de l’Université de Calgary puis, après la mi-parcours, dans le quartier aisé de Varsity Estates où quelques petites dénivellations défiaient nos jambes. L’on revenait ensuite descendre la même longue côte une fois rendus aux environs du 32e km. Finalement, nous longions essentiellement la rivière Bow jusqu’à l’arrivée. Avec la vue sur les Rocheuses en haut de la fameuse côte et la bourgeoise quiétude de Varsity Estates, cette dernière portion s’avère l’une des plus belles du marathon parce que bordée d’arbres et offrant plusieurs points de vue sur le panorama du centre-ville. Malgré cela, depuis le 36e km, j’avais vraiment hâte de finir!

À l’arrivée, un sentiment très fort d’accomplissement ainsi qu’une grande fierté m’ont envahi : j’ai terminé en 3h17, 2 minutes plus vite qu’à Saskatoon et bien en avance sur mon objectif, au 72e rang sur un total de 1039 finissants (7e dans mon groupe d’âge). En combinant les 2 marathons, cela me donne un « negative split », ce que je n’ai jamais été foutu de réaliser en un seul marathon. Comble de bonheur, la médaille remise est un véritable « belt buckle » de forte dimension : tout simplement original et superbe! Ici également, les massages étaient payants : est-ce coutumier dans l’Ouest?

Fidèle à son habitude, Mathieu a terminé le demi en 1h23, bon pour le 17e rang sur 2837 finissants (4e dans son groupe d’âge). Le marathon fut remporté en 2h30 (première dame en 3h02) et le demi en 1h06 (première dame en 1h17). Incidemment, la gagnante féminine du demi, Lioudmila Kortchaguina, indiquait (au quotidien local Calgary Herald) être venue courir le demi pour « récupérer » de sa deuxième position chez les dames (en 2h32) au marathon d’Ottawa la semaine précédente. Chapeau!

Finalement, je n’ai pas trop senti de séquelles après ce 2e marathon et j’ai rapidement eu recours au bain d’eau glacée de retour à l’hôtel. Je peux vous assurer que la bière avait un goût très prononcé de victoire en ce beau dimanche après-midi. J’ai été agréablement surpris de constater le lendemain que mes jambes n’étaient pas trop raides malgré le voyage de retour en avion le soir même.

Test réussi, au suivant!

Marc Dagenais

Course au Fort Chambly. Un 10km … ou a peu près.

Dimanche, 24 mai 2009, par Réjean

Dimanche le 24 mai dernier j’ai participé à la course de 10km qui avait lieu au Fort Chambly, en compagnie de quelques membres du club. (site de l’événement)

À mon arrivée sur le site, notre entraîneur François Lecot, qui participait au duathlon, arrivait au terme du premier segment de course (5km), en première position. Suivait un 19km de vélo, puis un deuxième segment de course de 5km. Au final, François à franchi le fil d’arrivée deuxième, à peine 15 secondes derrière le gagnant. Félicitations!

Quant aux coureurs, c’est avec un brin de retard que la course de 5km a été lancée, il était presque midi et la température était déjà pas mal chaude. Le départ du 10km fut donné une couple de minutes plus tard, vraiment sans tambours ni trompettes, au point que plusieurs comme Normand et Diane l’ont presque raté, occupés à socialiser.

Dix kilomètres… En fait, on n’est pas sûr de ce que l’on a couru, puisque malgré une course qui s’est bien déroulée, sur un parcours plat, tout le monde a semblé faire des temps dépassant d’une à deux minutes les temps usuels. Le même petit ‘extra’ semblait avoir affecté les coureurs du 5km.

Sportstats semble tout aussi confuse, car elle nous rapporte sur la page des résultats des cadences pour le 10km calculées pour un 5km (et donc qui tournent autour des 10minutes au kilomètre)!

De plus la gestion de notre cadence sur cette course n’était pas évidente, puisque les organisateurs n’avaient pas jugé bon d’installer de panneaux de distance nulle part. Faisait ’soif’ aussi, puisqu’au point éloigné d’eau on trouvait un seul bénévole qui ne fournissait pas et nous passait des verres… vides!

Mais bon, il faisait beau, le parcours était bien, longeant en partie les cascades du Richelieu, et contournant le Fort Chambly, et ce fut une matinée somme toute agréable.

Réjean

Demi-Marathon International de Québec

Mercredi, 6 mai 2009, par mdagenais

30 km en boucles

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Alors qu’un crachin nous accompagnait sur toute la distance en 2008, le Demi-marathon International de Québec (DMIQ) s’avérait passablement ensoleillé pour sa 6e édition. Avec un bon vent du sud-ouest (selon ma perception), la température était certes assez fraîche pour courir sans transpirer indûment. Pour ma troisième participation, j’étais accompagné de mes potes Mathieu Girard et Laurent Jugant, deux des quelques « Kenyans » de notre club de St-Bruno.

Les terres du magnifique Domaine Maizerets, situé quelques kilomètres à l’est du centre-ville de Québec, accueillaient le centre nerveux des opérations de même que la ligne d’arrivée. Organisé par l’équipe du circuit Courir à Québec (www.couriraquebec.com) qui est aussi maître d’œuvre du Marathon des Deux rives dont la 12e édition aura lieu le 30 août prochain, le DMIQ se veut une occasion de découvrir un autre visage de la Vieille Capitale.

En effet, le parcours consiste en une boucle aplatie et irrégulière de 17,3 km dont l’extrémité est s’approche des Chutes Montmorency (que l’on peut entendre sans les voir) et dont la moitié sud emprunte la piste cyclable qui borde le fleuve St-Laurent en parallèle avec l’autoroute 440. La portion nord de la boucle qui emprunte les boulevards Montmorency et Ste-Anne est très quelconque. Heureusement, la piste cyclable nous offre certains beaux points de vue sur l’Île d’Orléans, le fleuve et la Haute-Ville au loin, autant d’éléments pour composer un beau paysage n’eût été du voisinage très inesthétique de l’autoroute.

En plus d’une course de 3 km pour les jeunes (7-14 ans), des épreuves de 10 et 30 km complétaient le programme avec l’épreuve-phare du demi-marathon. En hausse appréciable par rapport à l’an dernier, près de 1500 participants prenaient part à l’une ou l’autre des 4 épreuves. Distance peu fréquente dans le calendrier des courses au pays, c’est l’épreuve du 30 km qui m’incita à m’inscrire au DMIQ dès 2007, puisqu’elle cadrait alors dans mon programme d’entraînement en vue du Marathon d’Ottawa; en 2008, l’épreuve a servi de préparation au Marathon du Vermont à Burlington; cette année, ce sera en préparation des marathons de Saskatoon (24 mai) et Calgary (31 mai).

Les participants au circuit de 30 km devaient d’abord courir un tronçon de 13,2 km de la boucle pour ensuite la parcourir au complet; des autobus assuraient la navette entre le Domaine Maizerets et le lieu de départ. Le peloton du 30 km s’ébranla à 8h00 AM et le premier termina l’épreuve en 1h47 (la première femme en 2h14) alors que le 144e participant fermait la marche en 4h00. Quant au demi, le vainqueur terminait en 1h08 et la première femme en 1h20. En ce qui me concerne, je suis très fier de mon 2h07 et la 3e place dans mon groupe d’âge, ce qui est assez inhabituel pour moi.

Pour ceux qui l’ignorent, le gagnant du 30 km, le sympathique David Le Porho, a complété l’an dernier un périple qui l’a amené, avec sa conjointe Claire Doulé, à courir un marathon sur chacun des cinq principaux continents (voir: http://www.m5c.cc/ à ce sujet). Mon ami Laurent, blessé au « bas du corps » a prudemment ralenti sa cadence habituelle pour m’accompagner, et Mathieu a terminé le demi en 1h21, bon pour la 9e position.

Comme toujours, les coureurs ont été bien gâtés par l’ensemble des bénévoles enthousiastes qui n’étaient pas avares de leurs encouragements et félicitations. Je dois quand même constater qu’après avoir couru le marathon de Boston sous les cris de centaines de milliers de personnes réparties sur 42 km, les abords du parcours québécois me semblaient bien déserts. Quoiqu’il en soit, à l’arrivée, un brunch copieux nous était servi sous la tente (œufs, jambon, pain doré, bagels, crêpes et…café McDonald’s!), après la distribution de bien belles médailles. Une belle ambiance conviviale sous la tente.

Je crois que je suis en train de développer un véritable engouement pour cette distance de 30 km et pour les compétitions à Québec.

Marc Dagenais

Boston, LE marathon

Samedi, 25 avril 2009, par mdagenais

Contexte et historique

Les sports à Boston, c’est bien plus que les Bruins, Red Sox et Celtics puisque l’on peut aisément associer Boston au mot «marathon». Sans doute plus que tout autre marathon, celui de Boston a donné à cette épreuve athlétique ses lettres de noblesse. C’est avec grande joie que j’ai participé à la 113e édition de cette course mythique le 20 avril dernier. Les mots qui suivent, pourtant nombreux, ne sauront suffire à bien refléter les forts sentiments qui m’animaient en courant, pour la seconde fois, ce parcours chargé d’Histoire et, à certains endroits, parsemé de verres de Gatorade aplatis!

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Au privilège de parcourir le même chemin que d’illustres athlètes tels que Jacqueline Gareau, Joan Benoît, Gérard Côté, Bill Rodgers, Alberto Salazar et tutti quanti, s’ajoutaient ceux d’être accompagné de mes amis Laurent Jugant et Mathieu Girard, deux gazelles du club de St-Bruno, et de voyager avec le groupe organisé par Pierre Bourassa. Ce «gentlemen runner» qui compte plus de 120 marathons à son curriculum vitae sait vraiment y faire en termes d’organisation. Généreux de sa personne, simple et bon vivant, il a su prend soin de la logistique pour nous permettre de nous concentrer sur la course. J’en profite pour lui réitérer l’expression de mon éternelle reconnaissance.

Le qualificatif de mythique se trouve souvent accolé au Marathon de Boston par certains d’entre nous marathoniens puisqu’une participation à celui-ci représente rien de moins que la quête du Saint Graal. En effet, tout participant doit obligatoirement avoir terminé un marathon au préalable à l’intérieur d’un temps prescrit en fonction de son âge et sexe. Par exemple, avec 46 printemps, je dois courir la distance en moins de 3h30 (4h00 pour une dame). En guise d’aperçu des critères de qualification, voir sur le site officiel: http://www.baa.org/BostonMarathon/Qualifying.asp.

De plus, Boston fait non seulement partie des 5 marathons dits « Majors » avec Berlin, Chicago, Londres et New York (voir http://www.worldmarathonmajors.com/CA/), mais il s’agit en outre du plus ancien marathon à avoir lieu sur une base annuelle après avoir été lancé en 1897 dans la foulée du premier marathon olympique moderne tenu l’année précédente. La distance des premières éditions était de 24,8 milles (à l’instar du marathon des Olympiques d’Athènes en 1896) et fut changée pour 26,2 milles à la suite des Olympiques de Londres de 1908 où le nouveau standard fut établi.

Contrairement à la grande majorité des courses qui ont lieu au cours du week end, cet événement a toujours eu lieu lors du «Patriots’ Day», soit le 19 avril depuis la première édition jusqu’à celle de 1968; par la suite, cette journée fériée fut déplacée au troisième lundi d’avril. Le «Patriots’ Day» est jour férié depuis 1894 dans les états du Massachusetts et du Maine et souligne les batailles de Lexington et Concord le 19 avril 1775 en prélude à la Révolution Américaine. Outre le célèbre marathon, la tradition veut que les Red Sox jouent un match de baseball à domicile en ce jour.

Expo-Santé et tourisme

Nous avons quitté Montréal tôt samedi matin, le 18 avril. Dans notre autobus, l’ambiance était au partage d’intéressantes anecdotes de course et le ton était donné pour le reste du week end. Nous avons également visionné l’excellent film «Spirit of the Marathon» de même que le reportage «live» du marathon de l’année précédente.

Arrivés tôt en après-midi, nous sommes allés à l’Expo-Santé quérir notre dossard, puce électronique et chandail technique à l’effigie du marathon (un jaune serin plutôt excessif cette année). L’événement avait lieu au Hynes Convention Center et tout était vraiment «BIG», comme les «Amââricains» aiment faire les choses. Compte tenu du nombre de participants à ce prestigieux marathon, il y avait foule et cela prenait de longues secondes pour passer d’un kiosque à l’autre, et de très longues minutes pour passer à la caisse enregistreuse de la boutique officielle Adidas.

À l’Expo, j’ai également eu le grand plaisir de jaser avec Kathrine Switzer (http://www.marathonwoman.com), rendue célèbre par sa participation «illégale» au marathon de Boston en 1967 et sa quasi-expulsion de celui-ci (les femmes n’ont été admises à l’épreuve qu’en 1972 – voir images sur son site web), de même qu’avec Bart Yasso, «Chief Running Officer» de la revue Runner’s World. Dick Hoyt, ce colonel à la retraite de l’armée américaine qui participe à des marathons et des triathlons « Ironman » en transportant son fils handicapé, était présent pour dédicacer son livre dont je recommande la lecture (http://www.amazon.com/Its-Only-Mountain-Dick-Rick/dp/0941072517); il courait bien sûr le marathon avec Rick lundi.

Après environ 3 heures dans cette foire, nous avons soupé chez Cheers, établissement rendu célèbre par la série télévisée éponyme et situé à côté du magnifique «Public Garden». Le dimanche fut consacré à une balade touristique de cette très belle ville. Au souper, considérant que je n’avais pas été particulièrement emballé par le «pasta dinner» l’an dernier, nous avons consommé nos hydrates de carbone ailleurs. Comme l’an dernier, le souper de pâtes officiel avait lieu à l’intérieur du gros bunker servant d’hôtel de ville. Les gens se retrouvent éparpillés un peu partout dans ce temple du béton et le choix de nourriture n’est pas très varié; par contre, il faut saluer l’efficacité du service.

Derniers préparatifs

Pour le grand jour, Pierre avait vu à ce que nous puissions utiliser notre propre autobus pour nous rendre au départ du marathon dans la petite ville d’Hopkinton. Ainsi, nous avons pu y relaxer et faire nos derniers préparatifs avant le départ en tout confort. Au moment opportun, nous avons quitté notre abri pour traverser un «Village des Athlètes» improvisé sur le terrain d’une école secondaire, remettre nos effets dans les autobus qui les apporteront à la ligne d’arrivée et nous rendre dans nos enclos (« corrals ») respectifs pour attendre le départ. Il faut reconnaître à quel point, après toutes ces nombreuses décennies d’expérience, la logistique était réglée au quart de tour.

Et il faut saluer l’expertise de l’organisation pour si bien gérer la présence envahissante de près de 25 000 coureurs fébriles dans cette petite localité rurale. On avait donc prévu 2 vagues de départ, soit les dossards 1 à 13 999 qui s’élançaient à 10h00 et les autres à 10h30, pour éviter un trop grand engorgement lors des premiers kilomètres. Ces deux vagues étaient divisées en groupes de 1 000 coureurs, chacun dans son « corral » selon l’ordre de vélocité. En effet, les numéros de dossard étaient attribués en fonction du temps de qualification utilisé par les coureurs (par exemple, mon dossard no 7321 correspondait à mon temps de 3h15 fait à Corning, NY).

Le parcours

Après l’hymne national et le passage rapide de deux chasseurs dans le ciel, survint le moment tant attendu du départ. Naturellement, à ma hauteur, il m’a fallu environ 4 minutes pour me rendre à la ligne de départ… et 3h20 pour parvenir à celle de l’arrivée. Le ciel était nuageux et un vent de biais, parfois vif, nous rafraîchissait.

Le parcours est à peu près linéaire et débute en milieu rural sur une route bordée d’arbres. Déjà, la foule y est très nombreuse et enthousiaste. La principale difficulté des 10 premiers kilomètres consiste à ne pas se laisser emporter trop vite par l’effet d’entraînement généré par la foule de coureurs (à ce stade de la course, tous sont fringants) et ne pas se faire piéger par une topographie plutôt descendante.

En principe, il convient de se garder des réserves pour bien affronter les 4 côtes de Newton entre les 26e et 32e kilomètres (dont la fameuse «Heartbreak Hill»). En réalité, j’ai forcé la note un tantinet sur les premiers 15 km pour en payer le prix lors de ces ascensions. L’an dernier, les collines de Newton ne m’étaient pas apparues si redoutables et j’avais même trouvé Heartbreak Hill relativement facile. Sans doute que mon tempo «pépère» en première moitié de course y était pour quelque chose. Les marcheurs étaient tout de même nombreux à cet endroit. De l’autre côté de la pente, le parcours redevient descendant en majeure partie jusqu’à l’arrivée à Boston.

Mi-parcours endiablé

Comme l’année précédente, la gent féminine du collège Wellesley s’excite et crie à tue-tête environ à la mi-parcours si bien qu’on peut entendre la clameur au loin. Quel bruit assourdissant! Plusieurs de ces jeunes dames tenaient des pancartes indiquant «marry me», «kiss me» et autres suggestions originales. Toutes s’étiraient au-dessus des barrières pour un «high five». Quelle frénésie! Un moment fort du périple, surtout pour les mecs.

Il faut dire qu’il y avait foule tout le long des 42,2 km du parcours et très peu d’endroits dépourvus de supporters. Étant plus habitué aux parcours où les spectateurs se font plutôt rares, je suis à court de mots pour bien exprimer la sensation extraordinaire d’être encouragé par une foule si nombreuse, si enthousiaste et démonstrative, et pour une si longue durée. L’énergie de ces foules m’a littéralement transporté.

L’arrivée

Étant assez fatigué dès le 30e km, mon sourire est réapparu dès que l’immense enseigne CITGO indiquant le 25e mille s’est signalée à l’horizon. Lors des 4-5 derniers kilomètres, la foule devenait encore plus compacte et bruyante, et une véritable orgie d’encouragements ont rendu les dernières foulées tout simplement magiques.

Après l’arrivée sous l’immense arche bleue, les coureurs étaient accueillis par un dispositif impressionnant de bénévoles qui les dirigeaient vers les tables d’eau, puis vers les endroits où l’on remettait à chacun une couverture métallique, une belle médaille et un goûter frugal, et ensuite vers les autobus contenant les effets personnels. Voilà une logistique bien huilée.

Les statistiques

Je pense qu’un grand «WOW!» s’avère la conclusion partagée par la majorité des 22 849 coureurs ayant franchi le fil d’arrivée, le premier en 2h08 et le dernier en plus de 7h00. Mes amis Laurent et Mathieu ont terminé ensemble en 2h56 et Bill Rodgers, gagnant de Boston à quatre reprises (1975 et 1978-79-80 et icône du marathon chez l’Oncle Sam dans les années ‘70 et ‘80), était de retour pour compléter l’épreuve en 4h06.

Deux coureurs québécois connus, Louis-Philippe Garnier et Pierre-Luc Goulet, ont terminé en 2h38 et 2h59 respectivement; après avoir remporté l’édition 2008 du marathon de Rimouski (son premier), Audrey Longval faisait bonne figure avec 3h14. Pierre, notre G.O., complétait l’épreuve avec un excellent 3h53.

En guise de dessert pour ce menu de statistiques, Albert Miclette et son épouse Huguette ont souligné de belle manière leurs 50 années de mariage sur la route d’Hopkinton à Boston. Yves Boisvert de La Presse (également un coureur) en traite dans son excellente chronique que je vous invite à lire : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/200904/24/01-850177-une-longue-et-belle-course.php).

Enfin, quoi de mieux pour célébrer une aventure sportive qu’un gros hamburger agrémenté de frites et arrosé d’une bonne bière locale… De quoi refaire le plein de calories!

Marc Dagenais

Around the Bay : un 115e anniversaire pluvieux

Dimanche, 5 avril 2009, par mdagenais

En ce dimanche gris et pluvieux du 29 mars dernier, la course Around the Bay célébrait son 115e anniversaire (oui, vous avez bien lu!). Cet événement historique existe depuis 1894, soit 3 ans avant le marathon de Boston, et revendique le titre de plus ancienne course à pied en Amérique du Nord. Les épreuves de cette course d’âge vénérable sont disputées en la ville très industrielle de Hamilton, située à l’extrémité ouest du Lac Ontario et à proximité de Toronto, avec une incursion dans la ville voisine de Burlington.

C’est un parcours de 30 km qui constitue l’épreuve phare de l’événement à laquelle s’ajoutent une course de 5 km ainsi que des relais (course) en 2 ou 3 étapes et un volet marche sur la distance de 30 km. L’épreuve de 30 km – course affichait complet depuis plusieurs semaines et l’organisation prévoit un cap de 7 000 inscriptions pour l’an prochain. Le nombre d’inscrits à toutes les épreuves dépassait 9 000, en hausse par rapport à l’année précédente.

C’est le propriétaire d’un journal local et d’une boutique de cigares qui est à l’origine de la course dont l’épreuve initiale fut disputée le jour de Noël. Au cours des premières décennies de son existence, plusieurs vainqueurs de cette course furent également gagnants du marathon de Boston, notamment Gérard Côté et Tom Longboat. Parmi les rares trucs récents, l’arrivée de la course à l’intérieur de l’amphithéâtre Copps Coliseum, domicile depuis 1996 du club de hockey des Bulldogs, le club école du Canadien de Montréal, remonte à l’année 2006.

Pour l’occasion, nous étions cinq du club du Mont St-Bruno (Nathalie Goyer, Mathieu Girard, Laurent Jugant, Daniel Lamontagne et votre serviteur) à y participer. Nous avions loué une fourgonnette pour voyager ensemble et ainsi profiter de l’atmosphère conviviale qui s’est non seulement avérée un antidote efficace à la platitude de l’autoroute 401 entre Montréal et Toronto, mais a donné lieu à des échanges enrichissants qui ont rendu le périple très agréable.

Samedi après-midi, nous sommes allés retirer nos dossards à l’Expo-Santé qui avait lieu au Copps Coliseum. Cet édifice de 17 500 sièges construit en 1985, fut ainsi nommé en l’honneur de l’ancien maire Victor K. Copps qui présida aux destinées de Hamilton durant 14 ans. Il est également père de Sheila Copps, ex-membre du notoire « Rat Pack » libéral fédéral et ancienne ministre du Patrimoine qui s’était fait connaître avec sa distribution « a mari usque ad mare » de petits drapeaux unifoliés. D’après les quelques informations trouvées sur le web, M. Copps aurait souffert d’une sévère crise cardiaque lors de la course Around the Bay en 1976, ce qui l’amena à se retirer de la vie publique. J’ignore à quelle épreuve il participait. 

À l’Expo, nous recevions un chandail technique (orange foncé!) à manches longues qui arbore l’inscription « Older than Boston » à l’endos. L’organisation est de toute évidence très fière de cette préséance, à juste titre!

Le lendemain, le départ du 30 km avait lieu tout près du Copps Coliseum à 9h30. Ayant un peu trop tardé à quitter le confort de celui-ci pour affronter la pluie, Daniel et moi avons abouti à la fin du peloton et avons dû nous résoudre à effectuer un très grand nombre de dépassements après le signal de départ. Puisque nous étions nombreux et plutôt serrés derrière la ligne de départ et les élites, un système d’enclos (« corrals ») aurait été bienvenu. Quoiqu’il en soit, l’intensité de la pluie avait diminué au départ et le mercure affichait quelques degrés Celsius au-dessus de zéro, ce qui a rendu l’exercice moins pénible qu’appréhendé.

Et c’est le départ ! Après les quelques centaines de mètres dans le centre-ville, les premiers 8-9 kilomètres traversaient essentiellement des quartiers typiquement ouvriers, un paysage urbain plutôt banal mais rien de surprenant puisque Hamilton est la ville des grandes aciéries. Il n’y avait aucune trace visuelle de cette baie qui donne son nom à la course avant le 12e kilomètre.

Du 12e au 17e km, le parcours est situé sur une petite bande de terre séparant la baie (que l’on devine plus qu’on ne voit) du Lac Ontario (que l’on aperçoit quelques fois entre les maisons). Sur l’artère nommée Beach Boulevard se trouvait la « Tin Pan Family » qui nous encourageait en frappant sur un assortiment assez varié de chaudrons et casseroles. Ils m’ont toutefois semblés moins nombreux que l’an dernier.

Un chauffard (quel con ce type!) s’est par ailleurs manifesté en sortant de son « driveway » sans crier gare pour couper brusquement le chemin aux coureurs; plus de peur que de mal heureusement. Après le 15e kilomètre, nous traversons un pont métallique au-dessus de l’écluse menant du lac à la baie (qu’on a très peu vue jusque là).

À Burlington, à partir du 18e km, le vrai travail commence avec une succession de petites côtes et quelques descentes assez raides, ce genre de descente que j’ai toujours de la difficulté à gérer. Sur North Shore Boulevard, le décor présente un contraste assez frappant avec les faubourgs ouvriers alors qu’on traverse un quartier plutôt cossu comptant plusieurs magnifiques demeures riveraines. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’on trouve ici les meilleurs points de vue sur la fameuse baie.

Contrairement à l’an dernier où j’avais souffert en grimpant ces côtes après avoir appuyé un peu trop sur l’accélérateur entre les 5e et 18e km, j’ai bien dosé mes efforts afin de gravir les montées sans difficulté, y compris la côte du 25e kilomètre qui est d’ailleurs immédiatement précédée d’une bonne descente que j’avais trouvée horrible l’an dernier.

L’énergie ainsi conservée et le moral au zénith, je me suis permis de nombreux dépassements au cours des 3 derniers kilomètres en légère pente descendante. Cela augure bien pour le marathon de Boston trois semaines plus tard. Ah oui! Le personnage de la Faucheuse était de retour pour nous taquiner au 28e km à côté du… cimetière!  Incidemment, la pluie avait cessé peu avant l’arrivée et le ciel commençait à se dégager.

L’arrivée à l’intérieur du Copps Coliseum, au beau milieu de l’amphithéâtre et avec plusieurs spectateurs dans les gradins, garantissait beaucoup d’ambiance. Personnellement, je trouve qu’une finale dans une enceinte sportive, à l’instar du marathon de Montréal qui se termine dans le Stade Olympique, ajoute un « je-ne-sais-quoi » d’intéressant à tout parcours.

Les médailles remises aux participants terminant l’épreuve étaient divisées en trois catégories : l’or pour les coureurs terminant en moins de 2h et les coureuses en moins de 2h15; l’argent pour moins de 2h15 (coureurs) et de 2h30 (coureuses); et le bronze pour tous les autres. À noter que c’est le temps officiel (« gun time ») et non réel (« chip time ») qui est utilisé pour cette répartition.

Je ne puis m’empêcher de penser qu’être parti vers l’avant du peloton, avoir évité tous ces zigzags de dépassements et avoir couru moins timidement sur le plat avant les côtes, m’auraient probablement permis d’obtenir l’argent; ce sera donc un incitatif pour revenir. Quant à mes amis, Laurent a pu décrocher l’or après l’avoir manqué de quelques petites secondes l’an dernier; Nathalie a terminé 3e chez les dames et fut immédiatement précédée par Mathieu; et Daniel me suivait tout près.

Je trouve intéressante l’idée de catégoriser les médailles. Évidemment, j’aurais préféré que l’argent couvre un intervalle de 30 minutes plutôt que 15… Enfin, pour les autres statistiques, le premier coureur franchissait la ligne d’arrivée en 1h35 et la première femme en 1h50. Le premier Québécois, Terry Gehl, terminait en 1h46 et le second, Louis-Philippe Garnier, le suivait tout près en 1h50. Le 4775e coureur fermait la marche en 4h42.

Tout compte fait, il s’agissait d’un très bel événement, bien organisé et sympathique. Je souhaite y revenir encore et je répète qu’il devrait exister davantage de courses de 30 km puisqu’il s’agit d’une distance qui représente un bon défi (plus qu’un demi) sans toutefois être aussi exténuante qu’un marathon. En outre, comme le soulignait mon ami Stéphane Lachapelle avec justesse et humour : « lorsqu’on frappe le mur, on est arrivé ! ». Pour ces raisons, je retournerai courir l’épreuve de 30 km à Québec le 3 mai prochain, pour la 3e année consécutive.

Marc Dagenais

Course et Marche Populaires de Lasalle (30e Édition)

Lundi, 30 mars 2009, par gcadotte

Dimanche le 29 mars dernier se tenait à ville Lasalle la 30ème édition de cette course. Cet évènement, en plus d’être très populaire sur une base locale, fait partie des courses éligibles pour l’obtention de la coupe du Québec et attire ainsi de nombreux coureurs provenant d’un peu partout au Québec.

La trentième édition comportait donc des courses de 1 km (pour les enfants), 2 km, 5 km, 10 km et un 10 km marche. Le 5 km avait 495 coureurs (279h. et 216 f.) et le 10 km 605 coureurs (425 h. et 180 f.). 212 enfants ont couru le 1 km; 169 coureurs ont participé au 2 km et finalement les marcheurs étaient au nombre de 82. Ceci totalise 1563 participants.

Départ du 5 km

Pour la majorité des coureurs il s’agit de la première course de la saison et plusieurs veulent connaître leur mesure après avoir fait quelques semaines ou quelques mois d’entraînement selon les cas. Les coureurs peuvent assez bien performer car il s’agit d’un parcours essentiellement plat (à 99%) sur une boucle de 5 km. Donc malgré une température un peu maussade (4°C, vent NE 19 km/h et un peu de bruine), l’ambiance était fébrile et joyeuse, surtout que la pluie promise n’était heureusement pas au rendez-vous. Après ce long hiver, cet évènement constitue également un lieu de rencontre et d’échanges entre coureurs, surtout après les courses où les lieux pour la remise des médailles sont bien aménagés et l’atmosphère est chaleureuse.

Vous pouvez voir sur la photo ci jointe le départ du 5km avec un coureur torse nu et collant fleuri célébrant le printemps. Plusieurs membres du CCRMSB y étaient présents. Je tiens à souligner la belle performance de Marc Lavoie qui a réussi son meilleur 10 km à vie en 37:55, Marie Élizabeth Jones sa conjointe a également bien fait sur le 5 km avec 23 :53. Normand et Diane Papin ont tous deux fait le 10km. J’étais heureux de voir Marc Lajoie renouer avec la compétition en réalisant 19 :54 sur le 5km, j’ai bien essayé de le suivre lorsqu’il m’a dépassé à environ 2,8 km mais peine perdu le vent semblait avoir moins de prise sur lui et j’ai fini 20 sec derrière lui avec 20 :15. Sans ce vent je crois que j’aurais réussi à être en bas du 20 :00. Notre coach bien aimé y est venu aussi venu s’y dégourdir les jambes sur le 5 km; je n’ai donc pas eu le choix de suivre ses prescriptions pour le réchauffement qui ont porté fruits d’ailleurs.

Il est à noter que sur le 5 km 80/495 coureurs, dont 11 jeunes filles et femmes, ont complétés l’épreuve en dessous de 20 :00. Je trouve cela excellent.

J’ai eu le plaisir d’accompagner un coureur prospect pour le CCRMSB, Matthieu Visser qui participait à sa première course (10 km) en sol Québécois. Son 37:54 lui a donné une bonne piqûre.
Cette course est une belle façon de commencer la saison et je trouve que ma saison commence relativement bien. Je continue donc à me préparer pour le demi marathon de Montréal le 19 avril prochain. J’espère que vous y serez nombreux soit à titre bénévoles ou de coureurs.

Gilles Cadotte

Tucson Marathon 2008

Jeudi, 18 décembre 2008, par mdagenais

 
logo marathon Tucson

Courir dans le désert

Bien sûr, le titre est un brin exagéré!! Je n’ai point couru à travers le Sahara, mais plutôt participé au marathon de Tucson (Arizona) avec 5 amigos du club de St-Bruno. Cette ville, où les terre-pleins divisant les grandes avenues sont peuplés de beaux cactus élancés, nous garantissait tout de même un dépaysement complet en ce premier week end du mois de décembre.

Le nom officiel de l’événement, soit le « Holualoa Tucson Marathon« , apporte même une touche d’exotisme en évoquant une île paradisiaque du Pacifique Sud; pourtant, il s’agit de la dénomination d’une société immobilière locale qui est le principal commanditaire de la course.

Peu avant l’atterrissage, le bref survol de Phoenix, capitale et métropole de l’État, nous avait déjà permis d’apprécier la beauté particulière du paysage qui l’entoure, particulièrement ces montagnes rocailleuses presque dénuées de végétation mis à part de nombreux arbustes et de beaux spécimens de cactus. La route menant à Tucson a continué de nous charmer et la température clémente était vraiment confortable en ce vendredi après-midi; naturellement, on note vite l’absence de facteur « humidex ».

L’hôtel principal associé à l’événement, le Hilton El Conquistador Golf & Tennis Resort, est avantageusement niché au pied du massif des Monts Santa Catalina et nous offrait une vue splendide sur les environs. À l’écart de la ville, cet endroit qui ne souffre pas de pollution visuelle, nous offrait aussi un ciel étoilé qu’il nous a été permis de contempler dans le confort absolu d’un bain à remous extérieur. Ah! Volupté avant l’épreuve…

Photo source: Canada Français, 31 Déc 2008

Samedi matin fut naturellement consacré au retrait des dossards et à la visite du Health & Fitness Expo qui avait lieu à notre hôtel. Ce salon était relativement petit et convivial et notre trousse du coureur était à la hauteur, le T-shirt technique étant très léger. Les prénoms apparaissent sur les dossards et la puce électronique nous était fournie sous forme de languette auto-adhésive fixée aux lacets (voir www.chronotrack.com à ce sujet).

J’en profite pour glisser un mot sur Pam Reed, directrice de l’événement, dont je viens de terminer le captivant récit autobiographique, « The Extra Mile ». Son palmarès suscite les superlatifs : gagnante (« overall ») du mythique Badwater (www.badwater.com) en 2002 et 2003, un ultra-marathon de 135 milles parcouru dans la Vallée de la Mort (Californie) au milieu de l’été; et « recordwoman » des États-Unis pour les épreuves de 24 et 48 heures en plus de ses participations à plus de 100 marathons et quelques triathlons dont le mythique Ironman d’Hawaii. Elle repoussa les limites de l’endurance en devenant la première femme à avoir couru 300 milles sans dormir.

Nous avons profité du samedi après-midi pour visiter Tombstone, petite ville du sud de l’Arizona rendue célèbre par de nombreux films « western » dont le classique « Gunfight at OK Corral », produit en 1957 d’après la célèbre fusillade opposant Wyatt Earp (1848-1929) et ses frères à un clan de desperados. Plusieurs bâtiments d’époque furent restaurés dont le Big Nose Kate’s Saloon où nous nous sommes sustentés, entourés de personnages hauts en couleurs. De retour à l’hôtel, le souper de pâtes était animé avec de nombreux prix de présence; la bouffe était correcte, sans plus.

Le lendemain, pour ne pas louper le départ des navettes de l’hôtel à 5h00, le lever du corps eut lieu à 4h00. Le parcours du marathon en était un de type « point A au point B », la ligne de départ se trouvant près de la petite ville d’Oracle, au nord de Tucson. Les navettes ont roulé en campagne dans l’obscurité pour nous amener à cet endroit qui nous semblait au beau milieu de nulle part.

L’aire de départ, réduite à sa plus simple expression, nous semblait surréaliste : un gros projecteur éclairait ce qui allait devenir notre ligne de départ, alors que les alentours étaient encore plongés dans la noirceur. Des distributrices d’eau étaient regroupées tout près de la douzaine de toilettes portables. Arrivés sur le site vers 5h50, il nous restait à tuer le temps avant le départ fixé à 7h30 et, à part visiter le cabinet d’aisance ou les buissons (gare aux cactus!) à quelques reprises, le choix d’activités était plutôt restreint.

Heureusement que les autobus-navettes sont demeurés sur place, nous offrant ainsi un refuge difficile à refuser puisque le fond de l’air était assez frisquet. En outre, le rembourrage d’un siège d’autobus convient davantage au séant qu’un tas de cailloux ou un appui en polymère au-dessus de matières putrescibles. L’atmosphère s’est finalement réchauffée avec l’apparition des premières lueurs de l’aurore peu avant le départ.

Après nous avoir annoncé un retard possible parce que le système de chronométrage tardait à arriver sur le site, l’organisation confirmait l’heure prévue in extremis. Alors que je termine mon « travail » de dernière minute dans l’une des toilettes portables, l’annonceur signale qu’il reste une minute avant le signal puis, environ une quinzaine de secondes plus tard (une constatation partagée par d’autres), il entreprend le décompte : 10, 9, 8, 7… Je ne pense pas être sorti aussi rapidement d’un lieu d’aisance de toute ma vie. Ensuite, ce fut le festival du dépassement tous azimuts pour m’installer près du meneur d’allure (ou « lapin ») de 3h20.

Sauf en quelques endroits, le parcours du marathon est essentiellement descendant et nous amène d’une altitude de 4800 pieds (départ) vers 3080 pieds (arrivée). Je ne me souviens pas d’avoir ressenti l’effet d’altitude comme au marathon de Denver, sans doute parce que nous sommes descendus assez rapidement, notamment les 2 premiers milles (à l’instar du tracé de Boston). Après une légère remontée, nous redescendions l’équivalent de la hauteur du Mont Royal jusqu’au 10e mille où nous quittions la route principale pour effectuer un aller-retour sur le chemin menant à Biosphère II.

Je me permets un autre aparté pour mentionner qu’il s’agit d’un site expérimental construit entre 1987 et 1991 à grands frais par des promoteurs privés, afin de reproduire un système écologique artificiel clos (voir www.b2science.org ou le site Wikipedia à ce sujet). Deux missions habitées y eurent lieu dans les années 90. Actuellement, l’Université d’Arizona y poursuit des recherches bien que l’immense structure ne soit plus un système clos.

Chemin faisant vers cet endroit exceptionnel, nous pouvions contempler un beau massif montagneux avec des traces de neige au sommet. Par contre, nous faisions demi-tour à la barrière d’entrée de Biosphère II sans même apercevoir ne serait-ce qu’une partie de cette imposante structure. Dommage! Cette portion du parcours d’une longueur de près de 4 milles nous réservait une autre surprise, soit un relief passablement accidenté avec de bonnes montées dont le degré de difficulté était difficile à deviner en examinant le plan en relief de la course qui apparaît sur le site internet.

Après ce détour plus laborieux que prévu, le parcours nous entraînait ensuite dans un long toboggan descendant d’environ 1000 pieds jusqu’au 24e mille. Un peu plus loin, quelques joueurs de tam-tams nous insufflait ce qu’il fallait d’énergie pour affronter la dernière montée avant de terminer sur les terrains d’une école secondaire en banlieue nord-ouest de Tucson (soit Oro Valley), à l’ombre des Monts Santa Catalina.

Photo source: Canada Français, 31 Déc 2008

Dans l’ensemble, j’ai bien aimé le parcours qui nous offrait des paysages très différents du Québec. À l’exception des deux massifs montagneux dominant Biosphère II et l’aire d’arrivée, le relief était assez éloigné du parcours et notre route traversait une longue plaine désertique et inhabitée. D’aucuns ont trouvé le paysage assez répétitif, sans vie et triste, et tout coureur à la recherche d’encouragement des foules se serait définitivement trompé d’épreuve, cette course se prêtant davantage à l’introspection. Quant à la température du jour, elle s’est avérée très confortable et, par chance, le ciel demeuré nuageux nous épargna les chauds rayons de soleil (il aurait autrement été impossible de trouver de l’ombre).

La première section du parcours était littéralement fermée à toute circulation routière puis, à l’exception de la 2e moitié du dernier mille où les voitures nous frôlaient presque, la sécurité sur le reste du tracé était irréprochable avec une présence policière assurée à chaque intersection et une quantité phénoménale de cônes sur la route. Les postes de ravitaillement étaient adéquatement pourvus en eau et en… XOOD, la boisson énergisante concotée localement qui remplaçait l’éternel Gatorade; je n’ai pas détesté mais je sais que ce produit n’a pas fait l’unanimité!

À l’arrivée, les médailles remises aux finissants ont l’originalité d’épouser la forme du cactus mais sont bien petites; enfin, le buffet d’après-course avait peu à offrir en termes de solides (pretzels et tortillas au beurre d’arachides…hum!). Notre navette de retour à l’hôtel était pilotée par un Père Noël qui avait la bouille et la barbe de l’emploi.

Le premier marathonien compléta l’épreuve en 2h38 et la première coureuse, en 2h50; le 1004e et dernier marathonien fermait la marche en 7h56. Outre l’épreuve-phare, l’événement comportait aussi un demi-marathon que 1462 participants ont complété, et un marathon à relais comportant 60 équipes de 4 personnes, dont certaines aux noms évocateurs tels que « 3 Chicks & Richard », « Desert Divas » et « Fab, Fun & Fortyish ». Après vérification sommaire, nous n’étions que 8 Québécois participant au marathon.

Finalement, un séjour en Arizona ne serait sans doute pas complet sans une virée au Grand Canyon. Le lendemain du marathon, trois d’entre nous avons effectué une randonnée de 3h30 avec un dénivelé d’environ 2000 pieds à descendre puis remonter. Quel endroit magnifique !! Le matin suivant, il neigeait à Grand Canyon Village.

Paru dans l’hebdo ‘Le Canada Français’ du 31 décembre 2008,
voici un article relié avec photos de membres du club de St-Bruno.

Marc Dagenais

Marathon de Denver 2008

Vendredi, 21 novembre 2008, par mdagenais

Courir en altitude

En tant que marathoniens, nous essayons tous un jour ou l’autre de repousser nos limites. C’est ce que je souhaitais en participant à mon 10e marathon à Denver (Colorado), tout juste 2 petites semaines après avoir complété le marathon WineGlass (Corning, État de New York). Le second volet de mon défi était de courir les 26,2 milles à une altitude moyenne de 5280 pieds puisque Denver est aussi désignée « the Mile High City ».

Ce jeune marathon (www.denvermarathon.com) en était à sa 3e édition le 19 octobre dernier alors que la ville célèbre cette année son 150e anniversaire. Cette belle ville moderne s’étend au pied des magnifiques montagnes Rocheuses sur un haut plateau. Durant tout le week end, la température fut des plus agréables grimpant jusqu’à plus de 20 degrés Celsius en milieu de journée avec du soleil à revendre; le temps clair nous a permis d’apercevoir les Rocheuses à plusieurs endroits du centre-ville.

Je suis arrivé samedi avec Bruno St-Pierre, membre du club de St-Bruno et du 50 States Club (http://www.50statesmarathonclub.com/50dc/index.html), un regroupement de marathoniens dont l’objectif est de compléter au moins un marathon dans chacun des 50 États; Bruno en était à son 32e marathon en vue de cet objectif (il en faut 10 pour devenir membre). Nous n’avons pas tardé à nous rendre au Health & Fitness Expo qui avait lieu à l’intérieur du vaste et très moderne palais des congrès, au centre-ville.

L’Expo était de bonne taille avec de nombreux kiosques; toutefois, en recevant notre « kit » du coureur, nous eurent la surprise d’y trouver un T-shirt en coton! Alors que la très grande majorité des événements de course à pied offrent maintenant des vêtements « techniques » et considérant un frais d’inscription supérieur à 100 $, le mot « cheap » m’est promptement apparu à l’esprit. D’ailleurs, les quelques blogueurs qui ont commenté l’événement sur (www.marathonguide.com) n’ont pas manqué d’exprimer un sentiment similaire.

Par ailleurs, plusieurs exposés étaient prévus à l’Expo et nous avons eu le plaisir d’entendre Alan Culpepper, un athlète accompli bien connu aux États-Unis et gagnant des essais olympiques américains en 2004. Son « PR » de 2h09 au marathon de Chicago lui a valu d’égaler le record U.S. pour un premier marathon jusqu’alors détenu sans partage par le célèbre Alberto Salazar. Très sympathique et ouvert aux nombreuses questions, M. Culpepper nous a notamment livré quelques trucs pour la course en altitude.

Je retiens qu’après un effort plus intense ayant fait grimper les pulsations (par exemple, en attaquant une montée de façon agressive), il est nettement plus difficile par la suite de ramener le rythme cardiaque et la respiration à un niveau plus normal, alors qu’il suffit de quelques minutes d’effort modéré en basse altitude. De plus, il n’existe pas de règle universelle quant à la durée du temps d’acclimatation (en altitude) préalable à une épreuve sportive comme un marathon; il semble que ce soit variable d’un individu à l’autre puisque certains ne ressentent l’effet d’altitude qu’après quelques jours sur les lieux (à retardement en quelque sorte).

Après une bonne sieste, nous avons participé au « pasta dinner » qui avait lieu à notre hôtel, judicieusement situé à proximité des lieux de départ et d’arrivée, au centre-ville. Pour bien se préparer au départ matinal du lendemain à 7h00, le lever du corps eut lieu à 4h00 afin de permettre un petit-déjeuner qui respecte cette loi non-écrite instituant un délai de 3 heures au préalable. Au signal de départ, le soleil commençait à peine à se lever et la cohorte de coureurs s’ébranlait à la mi-pénombre. En l’absence de décor naturel dans cet environnement exclusivement urbain, les reflets du soleil matinal sur certains édifices au cours des 30 premières minutes, donnait tout de même un peu plus de couleur au mobilier urbain.

Outre l’épreuve-phare, l’événement comportait aussi un marathon à relais et un demi-marathon, et les 3 épreuves débutaient simultanément, congestionnant un peu la circulation pour le premier mille. Les demi-marathoniens nous ont accompagné jusqu’au 12e mille où ils bifurquaient pour rentrer au bercail, produisant ainsi un drôle d’effet sur la dynamique du peloton puisque, tout à coup, le nombre de coureurs encore sur le parcours baissa dramatiquement et nous avions beaucoup d’espace après avoir couru presqu’au coude-à-coude l’instant précédent.

Quoiqu’entièrement urbain, le parcours était tout de même assez beau, offrant une vue sur les Rocheuses à certains endroits. L’aire de départ et d’arrivée était adjacente au magnifique bâtiment du Capitole. Le peloton circulait à l’intérieur de 3 parcs en plus de passer à côté du Pepsi Center (domicile de l’équipe de hockey) et du Coors Field (baseball). À la mi-parcours, on longeait une large avenue bordée d’arbres matures et de résidences cossues. Mis à part quelques petites dénivellations et faux-plats, le tracé présentait bien peu de relief puisque la ville repose sur un haut plateau tout juste à côté des montagnes.

Tout au long du marathon, je n’ai jamais atteint mon « second souffle », ma respiration demeurant légèrement ardue. Au 10e mille, j’avais hâte de terminer. De plus, j’étais un peu plus courbaturé qu’à Corning et, à compter du 18e mille, j’ai fait quelques très courtes pauses de marche. Malgré tout, je considère mon temps de 3h28 aussi bon sinon meilleur que celui de 3h15 à WineGlass. Bruno aussi a ressenti cet effet d’altitude; il a terminé sous les 4h00, un très bel exploit après plus de 40 marathons (et ultras) depuis janvier 2006.

Avec Dave McGillivray, également directeur du marathon de Boston, à sa tête, l’organisation s’est avérée à la hauteur en termes de signalisation, postes de ravitaillement, sécurité et « party » d’après-course; à cet égard, les fruits et bagels étaient offerts à volonté, ce qui change des événements où tout semble sévèrement contrôlé et rationné. Les médailles remises aux finissants sont belles mais sobres.

Nous pouvions aussi déguster à volonté une bonne bière locale près de l’aire d’arrivée, après les kiosques de denrées et la tente de massage. À ce sujet, j’y ai causé tout un émoi lorsqu’en pleine séance, j’ai crampé brusquement (mollet droit), exprimé quelques jurons à voix haute, fait paniquer la jeune massothérapeute qui était sur mon cas et fait intervenir le superviseur (un costaud à la carrure « soviétique »); je fus le centre d’attraction pour quelques minutes!

Le premier coureur compléta l’épreuve en 2h22 et la première coureuse, en 2h42; le 1723e et dernier marathonien fermait la marche en 6h31. 3890 autres coureurs ont terminé le demi-marathon et un total de près de 8000 participants (de 46 États et 13 pays) se sont mesurés à l’une ou l’autre des épreuves; après vérification sommaire, Bruno et moi étions les 2 seuls Québécois participant au marathon.

Le soir, j’ai dégusté un repas typiquement western au Buckhorn Exchange (www.buckhorn.com), en affaires depuis 1893, avec du serpent à sonnettes et des « Rocky Mountain Oysters » (je vous laisse deviner) en guise d’entrées, suivis par du bison et de l’orignal, le tout arrosé d’excellente bière locale. De quoi refaire le plein de protéines pour favoriser la récupération!

Marc Dagenais

Ultimate XC Moab 2008

Samedi, 15 novembre 2008, par bstpierre

Bruno St-Pierre

par Bruno St-Pierre

Courir un ultra marathon est déjà une expérience spéciale, mais le faire dans un décor aussi exceptionnel que celui de Moab, Utah, est quasi indescriptible…

Moab est une petite ville de moins de 5,000 habitants qui est décrite par plusieurs comme étant le paradis du plein-air. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que ce magnifique coin des États-Unis a été choisi par Hollywood comme toile de fond pour des films tels que « Forrest Gump », « Indiana Jones » et « Thelma et Louise » !

C’est donc par un samedi matin ensoleillé mais près du point de congélation que le départ des diverses épreuves du UltimateXC de Moab fut donné. Les chauds rayons du soleil et les efforts investis à faire face aux multiples défis du parcours ont mis peu de temps à réchauffer les ardeurs des coureurs s’élançant avec entrain dans un parcours enchanteur mais des plus techniques.

Cette troisième tranche de la série UltimateXC (après celle de Val-Morin en juin et celle de Jay Peak, Vermont, en juillet) fut une expérience extraordinaire, bien que les coureurs attirés par le bitume ou ceux carburants aux applaudissements des spectateurs ne seraient guère de cet avis…

Une vingtaine de québécois ont pris part aux diverses épreuves de la première édition de cette course (en plus de la course de 50 km à laquelle j’ai participée, des parcours de 20 et 10 miles étaient également offerts). A noter qu’environ 30% des coureurs inscrits au 50km ne pouvant compléter l’épreuve ont dû s’en remettre à celle de 20 miles en cours de route.

Le parcours escarpé et hors des sentiers battus fut sans contredit celui avec le plus haut niveau de difficulté auquel j’ai participé à ce jour. Le paysage à couper le souffle et le sentiment d’accomplissement m’ont par contre permis de compléter l’épreuve avec un immense sentiment de satisfaction. Il s’agissait pour moi d’une 13e course d’endurance cette année et d’un marathon ou ultra marathon dans un 33e état américain (plus que 17 états à conquérir en route vers mon objectif de compléter un marathon ou un ultra dans chacun des 50 états) et cette épreuve restera gravée à jamais dans ma mémoire !

L’organisation hors pair avait pris un grand soin de bien baliser le parcours – des indications étaient d’ailleurs présentes à tous les 10-15 mètres – ce qui fut très apprécié après les mésaventures vécues par plusieurs coureurs s’étant égarés lors du UltimateXC de Val-Morin (dont l’auteur de ces lignes…). Les postes de ravitaillement étaient judicieusement placés, même si un point d’eau additionnel aurait été apprécié après avoir franchi le dernier défi important du parcours (le sommet du Moab Rim trailhead).

Le grand succès de cet événement aurait été impossible sans la générosité des bénévoles et le dynamisme de toute l’équipe de Dan DesRosiers, le directeur des courses UltimateXC.

Bonne continuation au UltimateXC !

Site web : http://www.ultimatexc.com/

Marathon WineGlass

Dimanche, 9 novembre 2008, par mdagenais

Marathon Campagne et Champagne!

La plupart du temps, le syndrome de la page blanche résulte d’un manque d’idées ou d’inspiration; plus rarement, la panne provient d’une bousculade d’idées et d’émotions. Me voici confronté à la seconde situation alors que la magie du premier week end d’octobre vécu avec mes amis du club de St-Bruno au 27e marathon WineGlass (www.wineglassmarathon.com) subsiste même après plus d’un mois et un autre marathon.

WineGlass a tout pour plaire à ceux qui recherchent un décor naturel, une organisation conviviale, une foule réduite et un environnement « zen » qui invite à la détente de l’esprit malgré le sérieux de la compétition. Le parcours de ce marathon champêtre s’étend du petit village de Bath jusqu’à la petite ville de Corning au sud de la région des « Finger Lakes » et au sud-ouest de Syracuse dans l’État de New York, à l’intérieur d’un écrin de verdure vallonné qui n’est pas sans rappeler nos Laurentides. Ce splendide décor fut drôlement mis en valeur par une météo des plus clémentes pour tout le week end, même si le fond de l’air était assez frais.

Corning, siège de l’organisation de l’événement, s’avère un charmant mélange de chef-lieu de région rurale et petite ville industrielle de la première moitié du XXe siècle, avec une rue principale tout-à-fait typique. Nichée au creux d’une vallée ceinte de collines qui commençaient (quoiqu’encore timidement) à nous montrer leurs belles couleurs automnales, cette sympathique bourgade qui respire le bonheur tranquille et où le temps semble suspendu, est évidemment très peu connue des Montréalais bien qu’elle se classe pourtant au 3e rang des attractions touristiques de l’État de New York après la mégapole éponyme et Niagara Falls, rien de moins!

Aussi connue comme « Crystal City », Corning abrite le siège de la société éponyme et on y trouve également un très beau, intéressant et instructif musée du verre (www.cmog.org) où l’on peut naturellement assister à quelques impressionnantes démonstrations du savoir-faire des artisans du verre. Enfin, la ville se trouve au cœur d’une région viticole dont les origines remontent à 1854, d’où le nom associé au marathon local. D’ailleurs, chaque participant recevait (avec son dossard) une petite bouteille de vin mousseux local Pleasant Valley (www.pleasantvalleywine.com) qui s’est finalement avéré une agréable surprise.

Y compris votre tout dévoué, nous étions sept membres du club à courir dans ce cadre champêtre, dont Nathalie Goyer qui revenait défendre son titre de championne acquis l’an dernier. Nous sommes partis vendredi afin de profiter pleinement de la journée précédant l’épreuve. À notre arrivée à l’hôtel, quelqu’un a prévenu le directeur du marathon de notre présence et celui-ci s’est empressé de venir saluer la championne 2007 et ses amis.

Samedi matin fut naturellement consacré au retrait des dossards. Notre dossard de très grande taille intégrait la puce électronique à l’endos et le T-shirt « technique » à manches longues de l’événement était très bien. Le Sport & Fitness Expo était aussi minuscule que les aubaines étaient énormes sur les chaussures et vêtements techniques; vu notre présence très matinale, nous y avons fait de bien bonnes affaires. Les gens à l’Expo, y compris le très sympathique directeur, étaient chaleureux et savaient drôlement bien communiquer leur bonne humeur. On croyait être à un pique-nique paroissial. L’après-midi fut consacré à la sieste et la visite du musée; le soir venu, il n’y avait pas de souper de pâtes officiel, mais l’organisation nous avait distribué une liste de restaurants où tous pouvaient faire le plein en hydrates de carbone.

Le dimanche matin, le départ du marathon avait lieu à 8h00 (une heure plus tôt que l’année précédente) et, outre l’épreuve-phare, l’événement comportait aussi un marathon à relais (équipes de trois) mais pas de demi-marathon ou 10 km. Des navettes (bus scolaires) nous conduisaient à Bath où nous pouvions attendre à l’intérieur d’une usine de produits d’éclairage Philips; heureusement puisque la température à l’extérieur frôlait le point de congélation!

Le parcours consiste essentiellement en une descente graduelle d’environ 200 pieds, malgré deux petites montées aux 5e et 22e milles, ce qui en fait un parcours très rapide (« flat & fast »), propice pour y obtenir une qualification pour le marathon de Boston (www.baa.org), ce que je n’ai pas manqué de faire avec 15 minutes d’avance sur le temps requis.

Le départ fut donné à travers une bonne couche de brume matinale qui a persisté tout au long de la première heure au moins, nous empêchant de bien voir l’environnement que l’on devinait néanmoins bucolique. Ce brouillard donnait à la course un cachet bien spécial et, à mesure qu’il se levait lentement, on pouvait apprécier les charmes campagnards de notre route traversant champs et pâturages, sous l’œil un peu blasé de troupeaux de bovins.

Notre parcours traversait quelques petits villages de moins de 1000 habitants. Les routes ne pouvaient être entièrement fermées mais un couloir délimité par des cônes nous procurait un niveau acceptable de sécurité d’autant plus que la circulation automobile à cet endroit s’avérait plutôt tranquille (comme tout le reste) en cette matinée dominicale. L’environnement m’a fait penser aux premiers kilomètres du marathon de Boston; par contre, avec 547 coureurs ayant franchi le fil d’arrivée, la course demeurait intime et convenait ainsi à merveille à ceux qui détestent les « big events ».

Malgré ce caractère intimiste, l’organisation s’est avérée à la hauteur des grands événements en termes de signalisation, postes de ravitaillement, sécurité, « goodies » et « party » d’après-course; à cet égard, la soupe et les pointes de pizza étaient délicieuses et offertes à volonté, ce qui change des événements où tout semble sévèrement contrôlé et rationné. La cérémonie de remise des médailles fut par contre très peu ponctuelle (soyons charitables) et assez laborieuse.

Les médailles remises aux finissants sont tout simplement magnifiques puisqu’il s’agit d’une œuvre artisanale en verre (quoi d’autre?) de très bonne dimension et faite à la main, localement. Une section du site web (voir ci-haut) est consacrée à la fabrication de cette médaille qui s’est d’ailleurs méritée une mention dans la mini-rubrique « Best Schwag – Awards worth bonking for » de la revue Runner’s World, édition de septembre 2008. Chaque médaille ayant son revers, celle de WineGlass est évidemment fragile comme notre ami Gilles l’a découvert par accident; qu’à cela ne tienne, l’organisation s’est empressée de lui en expédier une autre.

Le premier coureur compléta l’épreuve en 2h27 et la première coureuse, Nathalie Goyer, en 2h50. Nathalie fut escortée en quelque sorte par Laurent Jugant (2h49) et Mathieu Girard (2h51), ce qui illustre peut-être l’instinct grégaire de notre club! Terry Gehl, un membre bien connu de l’élite québécoise, termina au troisième rang global avec 2h34. Le dernier coureur fermait la marche en 7h14. Mes autres compagnons (Gilles Cadotte, Marc Lavoie et Bruno St-Pierre) et moi-même avons bien fait et sommes très heureux de notre expérience. Voyager en groupe ajoute une dimension humaine vraiment spéciale!

Pour conclure, en mélangeant ville charmante, cadre naturel enchanteur, température idéale, superbe épreuve et belle « gang » de gens formidables, vous obtiendrez un week end inoubliable et magique. Prochain rendez-vous : Denver dans 2 petites semaines.

Marc Dagenais