Reportages

Course de l’Armée – Ottawa

Lundi, 13 octobre 2008, par mdagenais

Course de l'armée, Ottawa, 2008

Course de l’Armée : une première à Ottawa

Au coeur de la capitale nationale en ce dimanche 21 septembre 2008, avait lieu la toute première édition de la Course de l’Armée / Army Run (www.armyrun.ca/en/default.aspx), un événement comportant un demi marathon ainsi qu’un 5 km, et pour lequel l’organisation affirmait s’inspirer du Marine Corps Marathon dont la 33e édition aura lieu le 26 octobre prochain à Washington, D.C. (www.marinemarathon.com/Marine_Corps_Marathon.htm). Le tracé du demi marathon correspondait à celui de la seconde moitié du marathon d’Ottawa tenu au mois de mai (www.ncm.ca/), sauf pour un toute petite rallonge dans un espace de stationnement vers la mi-parcours. D’ailleurs, l’organisation logistique incombait au même groupe pour les deux événements.

Sans surprise, l’Expo Santé avait lieu au Manège Militaire situé au centre-ville. Dès l’arrivée samedi, nous étions plongés dans l’ambiance militaire avec des soldats en tenue de camouflage patrouillant le terrain et des véhicules blindés montant la garde devant l’édifice; toutefois, l’ambiance était décontractée et les sourires, nombreux. Après tout, l’événement était tenu au profit de nos troupes et de nombreux officiers et soldats, de même que des membres de la Gendarmerie Royale du Canada, étaient inscrits à la course. Naturellement, un kiosque de recrutement (pour l’armée et non la course!) apparaissait bien en vue et force est d’admettre qu’il y avait tout de même un certain achalandage.

L’environnement militaire nous poursuivait au souper de pâtes puisque nos hydrates de carbone favoris nous étaient servis dans une cantine militaire mobile, par des cuistots de l’armée et dégustés sous la tente. De nombreux soldats s’étaient portés volontaires pour le service qui s’est avéré, indubitablement, courtois, rapide et efficace. Le déroulement discipliné de l’ « opération » n’a tout de même pas nui à l’ambiance festive qui y régnait. Bravo! Fait à noter, tous les billets avaient été vendus quelques jours auparavant.

Au souper, après le « pep talk » habituel de John Stanton, fondateur bien connu du réseau de boutiques Running Room (commanditaire de la course), nous avons eu le privilège d’entendre une participante au demi marathon partager avec nous sa profonde motivation à courir l’épreuve du lendemain. Presque sur le ton intime de celle qui se confie à ses proches, elle mentionna d’abord à quel point la course à pied fut une passion qu’elle partageait avec son conjoint avant de perdre celui-ci à New York un certain 11 septembre 2001, pour conclure en soulignant l’importance du soutien aux troupes qui sont engagées dans ce que d’aucuns désignent comme un combat contre le terrorisme.

Abstraction faite de toute position politique ou sociale que chacun peut avoir face au rôle actuel de l’armée, tant la nôtre que celle du puissant voisin au sud, je me disais alors que personne ne pouvait demeurer insensible à ce vibrant témoignage. Je crois aussi que son mari devait être très fier de l’accompagner tout au long de son parcours en cette belle matinée dominicale. Parfois, la réalité de la course à pied transcende le simple mouvement de mettre un pied devant l’autre et c’est d’ailleurs ce qui fait la beauté de notre sport favori.

Dimanche matin, le signal de départ fut donné par la bouche d’un canon Howitzer 105 à 9h00 AM précises. La ligne de départ se trouvait au même endroit que celle du marathon en mai, sauf qu’au lieu de bifurquer immédiatement à gauche et ainsi courir devant le Parlement, l’on tournait à droite pour ensuite s’élancer, direction sud, sur la Promenade du Colonel By, le long de la rive est du beau Canal Rideau. On nous offrait donc un très beau parcours, essentiellement plat, où chacun pouvait espérer un bon temps, voire un « personal best » puisqu’en outre, la température légèrement fraîche s’avérait idéale.

Ainsi, la caravane de coureurs longeait le Canal Rideau vers le campus de l’Université Carleton pour ensuite effectuer une boucle un peu plus au sud et « remonter » finalement l’autre rive du Canal pour franchir le fil d’arrivée. Tout au long du parcours, les nombreux bénévoles aux tables d’approvisionnement ou aux intersections, nous transmettaient leurs encouragements sans retenue. Merci à eux!

Au terme de cette odyssée, les 2909 finissants ont reçu une médaille inspirée du «dog tag » typique de l’armée et ont pu se sustenter tout en se réchauffant avec une couverture de papier aluminium. Le premier arrivé a franchi la distance en 1h12 et la première dame, en 1h22. Le dernier participant rentrait au bercail après un séjour de 4h21 sur le bitume. Mon résultat tout juste quelques secondes sous 1h29 n’augure pas si mal pour mon prochain marathon deux semaines plus tard. Mission accomplie en ce qui me concerne!

Quant à l’événement, l’organisation pouvait également déclarer : mission accomplie! En effet, près de 7000 participants ont participé aux 2 épreuves au programme, établissant ainsi un record canadien de participation pour un événement inaugural de ce type. J’ose souhaiter qu’un marathon, ou un 30 km, complètera éventuellement le programme. En attendant, j’ose une critique constructive : repenser la gestion de la consigne des bagages puisqu’en raison du « timing » des 2 courses, le dépôt des bagages des coureurs du 21 km coïncidait avec le retrait des bagages pour les coureurs du 5 km, ce qui créa un peu d’engorgement (et d’énervement) à quelques minutes du départ.

Pour terminer sur une note gastronomique (une première en ce qui me concerne), je vous recommande un superbe hamburger « artisanal » (avec frites bien sûr) chez The Works sur la rue Bank tout juste au sud de l’autoroute 417. De quoi refaire le plein de calories en prévision de la prochaine course.

Marc Dagenais

Semi-Marathon de Lille

Jeudi, 25 septembre 2008, par mdagenais

COURIR CHEZ LES CH’TIS

Le samedi 6 septembre 2008 avait lieu la 23e édition du Semi-marathon international de Lille Métropole, en France (www.semimarathon-lille.com). Le semi-marathon (c’est ainsi que les Français désignent un demi-marathon) se déroule dans le cadre de la Grande Braderie, tenue chaque année le week-end précédant le premier lundi de septembre, et s’avère son coup d’envoi puisque les « bradeux » ne peuvent commencer leurs activités qu’après le passage du dernier coureur au fil d’arrivée. Voilà pour le règlement… qui est joyeusement transgressé par la plupart ainsi que j’ai pu le constater pendant la course (et je n’étais point le dernier).

La Braderie de Lille est en fait une immense « vente de garage », la plus importante d’Europe, attirant plus de 2 millions de visiteurs chaque année dans une ville de 220 000 habitants (10e de France), au coeur d’une agglomération urbaine de 1,2 million (4e de France). Lille est la capitale et métropole de la région Nord – Pas de Calais, davantage connue comme le pays des Ch’tis, lequel est peuplé de gens accueillants, chaleureux et ayant une joie de vivre contagieuse. À cet égard, je vous recommande fortement le film « Bienvenue chez les Ch’tis » si vous ne l’avez pas encore vu : très drôle et plein d’humanité.

La Grande Braderie est une tradition qui remonte au Moyen-Âge où les valets de chambre avaient obtenu le droit, une fois l’an, de vendre les vieux habits et objets de leurs maîtres. Aujourd’hui, l’événement est devenu une gigantesque foire où tout se vend : des très beaux meubles antiques aux bidules les plus moches; en outre, pour faire bombance et ripaille, chaque restaurant qui se respecte offre son spécial moules-frites (arrosé de bonne bière) et certains participent au concours du plus haut tas de coquilles de moules… C’est vraiment tout un « party » ! Il y a par contre beaucoup de marchands de T-shirts, CD, posters et autres trucs du genre, ce qui enlève un peu de charme à l’événement (il faut bien râler un tantinet, quoi !).

Pour revenir à la course proprement dite, quelques constatations préliminaires (lors du retrait des dossards) s’imposent :

  • il n’y a pas d’Expo-Santé comme tel, seulement un comptoir de « baskets » Nike, un des principaux sponsors (en français dans le texte) de l’événement; par contre, le village des athlètes est situé à l’ombre du magnifique beffroi de l’Hôtel de Ville et tout près de la Porte de Paris (version locale de l’arc de triomphe);
  • la trousse du coureur contient très peu et le T-shirt de l’événement est en coton (il faut croire que les « dry-fit » n’ont pas encore traversé l’Atlantique);
  • la puce électronique est logée dans une pellicule plastique collée à l’endos du dossard (les coureurs n’ont donc pas à la remettre à l’arrivée); et
  • les « épingles à nourrice » ne sont pas fournies pour épingler le dossard (heureusement qu’il y en avait à l’hôtel); à noter pour ceux qui envisagent courir en France.

Autre particularité : sur le site internet, les participants « non-licenciés » étaient préalablement avertis et enjoints d’apporter un billet de médecin portant la mention de « non contre-indication à la pratique de la course à pied en compétition » et signé il y a moins d’un an. Ce document est rigoureusement demandé et son libellé soigneusement vérifié, ainsi que j’ai pu le constater. À noter puisque d’autres courses en sol français l’exigent.

Outre le semi (21,1 km), l’événement comprenait une course de 10 km et un « baby-marathon » de 1000 m. Le parcours du semi est essentiellement composé de 2 boucles et emprunte les grands axes de la capitale du Nord. Durant la course, les « bradeux » qui avaient déjà installé leurs kiosques, tentes et objets divers le long de ces grands axes, étaient déjà en affaires malgré le règlement susmentionné, mais sans toutefois nuire à la course. Je trouvais d’ailleurs assez amusant de courir au milieu d’un bazar à certains endroits; de plus, tout juste avant d’entreprendre la seconde boucle, nous avions l’honneur de courir sous l’arc de triomphe local (Porte de Paris).

Les principaux monuments de Lille se trouvent sur le parcours du semi, notamment le Musée des Beaux Arts, la Vieille Bourse (superbe bâtiment médiéval) et l’Opéra. Ce parcours est aussi agrémenté d’une incursion (une seule fois) dans un boisé encerclant la Citadelle et traverse, à deux reprises, l’impressionnante Place du Général de Gaulle (qui est natif de Lille) encerclée de magnifiques bâtiments d’une autre époque. Lille est décidément une cité superbe recelant plusieurs trésors. De plus, la foule qui nous accompagne sur presque toute la longueur du tracé et les nombreux bénévoles savent bien nous transmettre leur enthousiasme.

L’arrivée est située tout juste devant notre hôtel, un ancien hospice médiéval magnifiquement restauré que je recommande avec empressement et qui figure également sur le circuit touristique de la ville (http://www.hotelhermitagegantois.com). On nous remet la médaille commémorative qui est… comment dire…« cute » mais de la dimension d’un dollar ! Je ne rendrai donc personne envieux. Par contre, j’ai pu faire une provision de « Powerade » pour le reste du voyage !

Nous étions 3834 à compléter le 21,1 km, et 3549 pour le 10 km; les meilleurs temps réalisés sont de 59 minutes et 29 minutes respectivement, ce qui est démontre le calibre des meneurs. Sans surprise, 9 des 12 premiers coureurs au semi sont originaires du Kenya et le premier vient d’Éthiopie. L’auteur de ces lignes (et unique participant du Québec) est arrivé en 372e position avec un temps de 1h28. Les conditions météo étaient idéales : nuageux et plutôt frais.

Finalement, l’organisation soulignait :

  • un record de participation avec 8175 inscrits au semi et au 10 km, et plus de 8500 en tenant compte du « baby-marathon »;
  • la meilleure performance jamais réalisée sur le sol français pour le semi-marathon; et
  • la meilleure performance mondiale junior sur semi-marathon et 5e meilleure performance mondiale de l’année sur la distance.

Pour conclure sur une note touristique, Lille est très bien desservie par le réseau ferroviaire européen et, au moyen du TGV, se trouve tout près de Paris, Londres et Bruxelles; le TGV est au train ce que le Kenyan est au marathon : efficacité, fluidité et rapidité. Nous avons aussi profité de notre séjour pour visiter la magnifique cité médiévale de Bruges en Belgique voisine, qui est connue comme la « Venise-du-Nord » avec ses charmants canaux d’un autre âge et se trouve à moins d’une heure de Lille en train… ordinaire.

Bref, la France ne se résume pas à Paris ou les châteaux de la Loire. D’autres régions méritent amplement une visite et le pays des Ch’tis en est certainement une !

Marc Dagenais

Marathon des Deux-Rives 2008

Lundi, 1 septembre 2008, par mdagenais

Marathon des Deux-Rives 2008

Un marathon historique et caniculaire

Le 24 août 2008 avait lieu la 11e édition du Marathon des Deux Rives qui, ainsi que l’affirme son site internet (www.couriraquebec.com), est devenu l’événement sportif international le plus important de la région de Québec et l’un des plus courus (c’est le cas de le dire) au pays. Après avoir célébré ses 10 ans de très belle manière l’an dernier, la présente édition s’annonçait également exceptionnelle compte tenu des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de Québec qui ont maintenu la Vieille Capitale en effervescence tout l’été. Bref, le genre de truc à ne pas manquer !

Pour ma part, c’était l’adage « jamais deux sans trois » qui s’appliquait et je revenais avec mon épouse et ma joyeuse « gang » du club de St-Bruno pour la 3e fois (et mon 8e marathon). Nous sommes arrivés au lendemain du méga-spectacle de Céline Dion sur les Plaines d’Abraham et, pas d’erreur, c’est bien à Québec que « ça se passe » cet été ! Trottoirs et rues sont bondés de gens qui semblent drôlement apprécier leur séjour. La température est agréable et l’humeur joyeuse sous un soleil radieux, si bien qu’après avoir récupéré mon « kit du coureur » au Salon de l’activité physique (Centre des Congrès), j’ai écourté ma sieste afin de profiter de l’ambiance festive à l’intérieur des remparts.

Tôt le lendemain, les coureurs avaient le privilège d’emprunter le traversier pour se rendre au point de départ à Lévis, de l’autre côté du fleuve St-Laurent. En effet, rappelons que le caractère distinctif du parcours réside dans le fait que près de 75% de l’action se déroule le long de ce cours d’eau en débutant sur sa rive sud. Cette traversée ajoutait un certain cachet et fut appréciée de tous, y compris l’équipage qui a demandé aux coureurs de se regrouper pour une photo souvenir ! Aussi, lors de ce court périple est apparu le premier indice signalant que la « journée de travail au bureau » allait être difficile : on ne sentait même pas de brise fraîche matinale !

Outre le marathon, les autres distances habituelles figuraient au programme dont le demi-marathon. Dans le cadre du 400e anniversaire, l’organisation avait prévu une épreuve fort originale dite « marathon des familles souches » où plusieurs membres d’une même famille parcouraient la distance à relais. Les départs du marathon et du demi avaient lieu à 8h30 AM et, si le réchauffement planétaire persiste, il faudra bien envisager 8h00 ou même 7h30 éventuellement.

Avec le marathon « familles souches » et la réapparition du transport en traversier, l’organisation nous réservait une autre nouveauté : la portion Lévisienne du parcours s’est passablement améliorée avec les premiers kilomètres sur les hauteurs de la ville nous offrant de beaux points de vue, dont 3 kilomètres sur une piste cyclable avec vue sur la Chute Montmorency, le fleuve et sa rive nord. Je rappelle par ailleurs que les bornes de kilométrage sont placées en ordre descendant, indiquant la distance qu’il reste à parcourir (personnellement, ça me plaît, mais je sais que l’idée ne fait pas l’unanimité).

Après le 9e kilomètre, le parcours rejoignait les berges du fleuve à l’endroit habituel où les coureurs pouvaient contempler les bâtiments historiques de la Vieille Capitale et son Château Frontenac trônant au sommet du Cap Diamant. Quel spectacle ! Je rappelle que la revue Runner’s World (édition de janvier 2007) considère ce marathon comme l’un des dix qu’il faut courir dans sa vie.

Pour ma part, je ne me lasse pas de courir les 2 rives du fleuve tant le panorama qui défile à côté de nous est magnifique. Par contre, j’aurais bien aimé être dispensé du pénible cocktail chaleur-humidité qui nous a accompagnés tout au long du parcours. La traversée du vieux pont de Québec s’est avérée le seul moment où l’on a pu se rafraîchir un peu avec la brise. Avec environ 10 kilomètres à faire, sur un boulevard Champlain sous un soleil de plomb vers 11h10, j’ai décidé d’employer une variante personnelle de la méthode Galloway, à savoir : marche de moins de 100 mètres à tous les 500 à 800 mètres. La recette m’a permis de terminer calmement, sans trop de problèmes. Nous étions d’ailleurs très nombreux à tester nos variantes personnelles de ladite méthode.

À l’arrivée, près de l’Espace 400e dans le Vieux-Québec, l’organisation avait installé un large et flamboyant tapis rouge pour les derniers 50 mètres (je crois) avant le fil d’arrivée, sans doute une façon d’indiquer à chaque finissant qu’il était la vedette de cette journée. Pour ma part, j’ai drôlement apprécié cette surprise et je ne suis pas près de l’oublier. Aussi, la médaille (mon dada) était plus belle que celle de l’année précédente, c’est tout dire !

Nous furent ainsi 1105 marathoniens (dont 8 du club) et 1855 demi-marathoniens (5 du club) à défiler sur le tapis rouge, comme des Stars, le premier marathonien après 2h23 de labeur et le premier demi-marathonien après 1h07. Je salue très respectueusement Nathalie Goyer, championne des 3 années précédentes, qui a terminé l’épreuve avec courage et prudence après un bien malheureux malaise survenu 3 petits kilomètres avant la fin, ce qui a permis à sa poursuivante de remporter la palme chez les dames en 3h10.

Malgré avoir ajouté 10 minutes à mon meilleur temps avec 3h26, je suis très heureux de l’expérience; d’ailleurs, toute ma « gang » était bien satisfaite aussi malgré des temps plus élevés pour tous. L’histogramme figurant à l’endroit pertinent du site (www.marathonguide.com) indique que la majorité des coureurs ont terminé la course entre 4h00 et 4h30. Je rappelle que le temps réalisé à Québec peut servir de qualification pour Boston.

Les journaux de Québec du lendemain n’ont pas manqué d’écrire sur les conditions climatiques difficiles et faire part des nombreux cas de déshydratation (on a rapporté qu’environ 90 coureurs avaient dû être soignés et certains hospitalisés). Des résidents de la rive sud avaient d’ailleurs sorti leur boyau d’arrosage pour asperger ceux qui le souhaitaient. De plus, la journée fut malheureusement assombrie par le décès d’un marathonien, pourtant très en forme et ayant déjà complété Boston. Il s’agit là d’un avertissement à l’effet que notre sport chéri comporte tout de même de sérieux risques dont nul n’est à l’abri.

Enfin, il convient ici de remercier l’organisation pour les très belles surprises et la qualité de l’événement qui nous incitent à y revenir. La logistique est toujours réglée au quart de tour et la 11e édition fut un succès avec plus de 6000 participants pour l’ensemble des épreuves, en nette hausse par rapport aux 4500 de l’année précédente. Environ 200 coureurs de France ont participé, dont un digne représentant qui transportait sur ses épaules une grande structure gonflable de la Tour Eiffel. Finalement, un gros merci aux nombreux bénévoles qui, eux aussi, ont dû supporter la chaleur !

Marc Dagenais

5Peaks au Mont St-Bruno 2008

Dimanche, 31 août 2008, par mdagenais

Le Mont St-Bruno accueille 5Peaks

En ce dimanche, 17 août 2008, le magnifique Parc du Mont St-Bruno accueillait une nouvelle course organisée par 5Peaks (www.5peaks.com), une entreprise de North Vancouver, maître d’œuvre d’une série de 24 courses à pied en sentier qui s’affiche comme le leader canadien en la matière et qui célèbre cette année son 10e anniversaire. Les épreuves de la série ont surtout lieu dans l’ouest canadien (Colombie-Britannique et Alberta) et au sud-est de l’Ontario. 5Peaks a pour mission d’amener les coureurs hors route et, d’après son site internet, sur quelques-uns des terrains les plus spectaculaires au pays.

Chaque événement 5Peaks comporte typiquement 4 épreuves : course pour enfants (1 km), parcours « Sport » (de 5 à 6 km), parcours « Enduro » (de 8 à 15 km) et demi-marathon en certains endroits. Bien que les distances offertes ne soient pas toujours des chiffres ronds, elles sont néanmoins mesurées avec précision. À certains endroits, 5Peaks offre des tracés passablement exigeants en terrain plutôt accidenté.

Pour son introduction en terre québécoise, la logistique de l’événement fut confiée à ImpulSport, une petite société présidée par Stéphane Lachapelle, lui-même maître d’oeuvre de la Grande Virée des Sentiers ayant lieu dans le même parc en juin (www.ccrmsb.org) et président du club de course de St-Bruno. L’organisation locale connaissait donc tous les recoins des lieux de l’événement.

Pour son entrée au Québec en 2008, 5Peaks souhaitait des parcours exigeants certes, mais tout de même accessibles. Ainsi, bien que les tracés choisis furent exempts de bitume et presqu’entièrement forestiers, ils n’étaient en rien comparables aux tracés d’une course extrême comme celle de Val-Morin (www.ultimatexc.com) en juin dernier. Le parcours « Sport » s’étirait sur 5 km en forêt et présentait très peu de difficultés puisque la presque totalité des sentiers du parc sont bien balisés sur un « tapis » de gravier bien entretenu et propice à la randonnée familiale. Par contre, la verdure et les beaux points de vue ne manquent pas.

Étant associé de Stéphane pour ImpulSport, j’ai eu l’immense plaisir de tracer le parcours « Enduro » qui amenait les coureurs dans les sentiers les plus difficiles du parc sur une distance totale de 15,6 km. J’ai apprécié ma première expérience de conception de parcours au plus haut point et j’ai tenté d’offrir aux coureurs un tracé exigeant dont ils se souviendront. Le point culminant (c’est le cas de le dire!) fut l’ascension d’un sentier peu aménagé qui grimpe jusqu’au sommet du domaine de ski alpin (par l’arrière) et redescend en partie sur l’une des pistes. L’ascension débutait peu après le 10e km et les coureurs qui avaient déjà gravi plusieurs bonnes montées auparavant, devaient en conséquence puiser dans leurs réserves pour affronter la verticalité de cette portion du parcours.

J’ai également eu le plaisir de courir mon propre parcours, d’abord en le mesurant à quelques reprises et en agissant comme « coureur-balai » lors de l’événement. En effet, je courais un peu en retrait du dernier coureur et, à l’aide d’un walkie-talkie, communiquais la position de la queue du peloton à tout moment utile. J’ai pu joindre l’utile à l’agréable en m’offrant un petit « jog » tranquille. Enfin, les nombreuses expressions d’appréciation que j’ai entendues concernant le parcours après la course m’ont grandement réjoui.

Seulement 42 coureurs ont franchi l’arrivée du « Sport » et 88 pour l’ « Enduro ». De toute évidence, l’organisation espérait davantage de participants. Le petit nombre était-il attribuable à la période des vacances, une offre assez importante d’autres événements de ce genre au mois d’août ou à la promotion bien discrète de cette course ? Quoiqu’il en soit, il s’agissait d’une première fois et l’organisation devra redoubler d’efforts pour rejoindre un plus grand nombre.

Par contre, il faut souligner la participation d’une délégation fort impressionnante de coureurs de Williamstown, Massachusetts (USA) qui se sont particulièrement illustrés en occupant les premiers rangs au « Sport » : du 2e au 6e rang inclusivement en plus des 8e et 19e positions. François Lecot, l’excellent et sympathique entraîneur du club de St-Bruno, terminait en 18 petites minutes à la première place. Le premier arrivé du « Enduro », de même que les 3e et 4e finissants sont également de Williamstown ! Le 2e finissant vient de Chogrin Falls en Ohio (USA). Le temps du vainqueur « Enduro » fut de 58 minutes. Le dernier coureur, un sympathique résident du New Hampshire (que j’ai accompagné à la queue du peloton) fermait la marche en 2h01.

Outre les médailles remises aux trois premiers de chaque catégorie d’âge, de nombreux prix de présence étaient offerts au tirage au sort. Selon ce qui était possible d’entendre, les gens semblaient bien heureux de leur course. Mon compagnon de fin de peloton a fort apprécié les paysages du Parc. Souhaitons que 5Peaks revienne l’an prochain et puisse attirer davantage de participants, de Williamstown… et d’ailleurs aussi !

Marc Dagenais

Défi Boréal Sainte-Anne-de-Bellevue

Dimanche, 3 août 2008, par mdagenais

30e édition pour la doyenne du Circuit Endurance

En ce dimanche pluvieux du 3 août 2008, le superbe campus que se partagent le CEGEP John Abbott et le Collège MacDonald de l’Université McGill à l’extrémité ouest de l’île de Montréal, accueillait la 30e édition du Défi Boréal Sainte-Anne-de-Bellevue. Cet événement bien connu parrainé par le Club Boréal (www.borealclub.net) comporte des épreuves de course à pied de 1, 2, 5, 10 et 20 km; sauf erreur, nous étions dix de notre club de St-Bruno à participer à la course de 20 km.

Le Défi est l’un des 11 événements annuels du Circuit de Course à Pied du Grand Montréal ENDURANCE (www.circuitendurance.ca) créé en 1981 lorsque plusieurs organisateurs ont convenu de regrouper leurs courses. De toutes les organisations présentes à sa fondation, seul le Défi Boréal apparaît encore au calendrier annuel de ce circuit bien connu de l’ensemble des lecteurs de courir.org. D’ailleurs, près de 10 000 coureurs participèrent à l’une ou l’autre des 46 épreuves en 2007 et la désormais familière brochure des événements est distribuée vers la mi-janvier à plus de 20 000 coureurs. Les plus rapides ayant l’honneur de visiter les podiums et participant à un minimum de 8 des 11 événements, accumulent des points en vue du championnat du circuit.

Le CEGEP John Abbott est ainsi nommé en l’honneur de 3e Premier Ministre du Canada et le premier d’origine canadienne (1821-1893); le Collège MacDonald, site de la faculté des sciences de l’agriculture de l’Université McGill (et alma mater de mon ami Gilles Cadotte), fut fondé en 1905 grâce à la bienfaisance de Sir William MacDonald. Un autre philanthrope, Sir John W. McConnell acheta les 1 380 acres de la ferme Morgan pour le Collège en 1943, ce qui fit plus que doubler la superficie de sa propriété. Le cœur du campus (des 2 institutions) comprend de nombreux édifices d’inspiration romane du début du siècle dernier qui lui confèrent un cachet bien particulier; on se croirait presqu’au cœur d’un campus universitaire de Nouvelle-Angleterre.

Dans la caravane du 20 km, j’ai reconnu plusieurs visages familiers puisqu’une bonne partie de la faune des coureurs du Grand Montréal étaient au rendez-vous. Le peloton s’ébranla à 8h30 AM et quitta rapidement l’environnement des vieilles bâtisses pour celui des champs et boisés. En direction nord de l’île, nous traversions les terres de la Ferme Morgan pour aller effectuer une boucle à l’intérieur de l’Arboretum éponyme. Chemin faisant, il faut enjamber 2 viaducs, d’abord au-dessus de l’autoroute 20, puis la 40.

Je n’ai jamais osé considérer les viaducs comme figurant dans le relief d’un parcours de course et c’est donc avec une certaine gêne que j’exprime avoir trouvé la « montée » (!) du viaduc de la 20 suffisamment difficile pour le mentionner sur cette page, surtout lors de la 4e reprise (au retour de la 2e boucle). Quoiqu’il en soit, si la traversée des champs s’avéra quelconque au milieu de la grisaille, les 2 incursions dans l’Arboretum Morgan m’ont par contre ravi puisque cet écrin de verdure me rappelait l’environnement du Parc du Mont St-Bruno, à côté chez moi. Sérénité, verdure et chaussée de gravier : l’endroit rêvé pour la promenade dominicale. Bref, un parcours de 2 fois 10 km, mi-urbain/bitume et mi-campagnard.

La pluie a bien trempé nos vêtements (pourtant « dry-fit ») mais nullement affecté notre enthousiasme ni ralenti nos ardeurs. En complétant les 2 boucles en 1h09, le premier d’entre nous, Terry Gehl, a sans doute gardé ses vêtements au sec ! Nos amis Laurent Jugant et Nello Molinaro ont terminé aux 3e et 4e rangs et Nathalie Goyer fut la première dame à franchir l’arrivée en 1h21. 183 participants ont couru cette épreuve.

Une fois de plus, les coureurs ont été bien gâtés par l’ensemble des bénévoles, enthousiastes malgré la température. À l’arrivée, un léger goûter était servi dans l’un des gymnases du campus et des douches étaient disponibles. Bref, une bien belle matinée, du plaisir en « gang » et un excellent entraînement en vue du prochain Marathon des Deux Rives à Québec le 24 août (www.couriraquebec.com).

Marc Dagenais

Boilermaker 2008

Dimanche, 13 juillet 2008, par mdagenais

BOILERMAKER : jamais deux sans trois !

Se taper plus de 1000 kilomètres en voiture et consacrer une fin de semaine d’été pour aller courir un bref 15 kilomètres ??!! Pas évident; d’autant plus que la ville d’Utica, dans l’État de New York, n’est certes pas une destination touristique connue. Toutefois, nombre de coureurs savent qu’à chaque second week end de juillet, s’y déroule la plus importante course à pied de 15 km aux États-Unis (et certainement dans les Amériques): le Boilermaker (www.boilermaker.com) qui en était à sa 31e édition.

Pour les gens de cette capitale régionale, le Boilermaker week end s’avère aussi important que le long congé du Thanksgiving. Ayant pu apprécier l’importance de l’événement en même temps que son caractère convivial et festif, j’y participais pour la troisième année consécutive, avec trois amis.

Dès l’arrivée à Utica, le samedi 12 juillet, nous sommes allés quérir notre dossard, puce et sac de goodies. Avec plus de 10 000 participants au cours des dernières années, l’organisation attribue des dossards de couleurs différentes afin de séparer les coureurs en fonction du temps de course réalisé antérieurement (ou tout simplement estimé), tel que demandé lors de l’inscription.

Doit-on y voir un reflet de la conjoncture socio-économique actuelle aux États-Unis? Nous avons constaté que le Health & Fitness Expo avait peu à offrir cette année, que le sac de goodies était réduit à sa plus simple expression et que la naguère toute puissante General Motors ne figurait plus parmi les principaux commanditaires. Après l’Expo, nous sommes allés courir sur la partie du parcours qui traverse un beau terrain de golf surplombant la vallée environnante. En courant ainsi de manière récréative, j’ai pu découvrir un magnifique point de vue que j’avais à peine remarqué durant le Boilermaker de 2006 et 2007 (et que je ne remarquerai même pas le lendemain)!

Cette année, nous n’avons pu visiter le National Distance Running Hall of Fame (www.distancerunning.com) puisqu’il était fermé en fin d’après-midi; l’an dernier, il n’y avait personne à part nous lors de notre visite. Il me semble que la promotion de cet endroit soit bien discrète! Après souper, notre marche au centre-ville d’Utica nous a permis, cette année encore, de constater que l’endroit est désert bien que nous étions pourtant à la veille d’un événement majeur. Il faut dire qu’Utica, ville industrielle ayant prospéré au cours de la première moitié du 20e siècle, notamment avec le textile, éprouve un déclin graduel depuis quelques décennies qui laisse d’ailleurs des marques plutôt apparentes sur le paysage urbain en plusieurs endroits.

Dimanche matin, 13 juillet, nous nous rendons près de l’arrivée pour monter à bord d’une des nombreuses navettes qui amènent les coureurs au point de départ. À défaut d’une distance d’envergure, l’organisation de l’événement est du même calibre que pour les grands marathons. Sur la rue où avait lieu le départ, des enceintes clôturées (avec personnel de sécurité) séparaient les différents sous-groupes de coureurs. Après l’hymne national, tous les coureurs se sont élancés à 8h00 AM.

Quelle belle course ! Dans une ambiance de fête, il m’a semblé que tous les citoyens d’Utica, pourtant invisibles hier encore, s’étaient donné rendez-vous en bordure du parcours. La foule très nombreuse ne ménageait pas ses encouragements et de nombreuses personnes offraient des bouteilles d’eau, une douche à l’arrosoir et des popsicles ! Des music bands nous faisaient vibrer et d’autres personnages nous ont divertis. À l’œil, je crois qu’il y avait le double de points de ravitaillement par rapport aux kilomètres à parcourir. Enfin, après quelques gouttes de pluie avant le départ, le soleil est graduellement apparu; à l’instar des années précédentes, la température est décidément très humide dans cette vallée.

À l’arrivée, après avoir ramassé au passage l’épinglette (vraiment microscopique cette année!) du finisher, de l’eau, des fruits et une ou plusieurs boissons énergétiques, les 9773 coureurs ayant terminé l’épreuve étaient dirigés vers l’immense cour de la brasserie où est concoctée la délicieuse bière Saranac, soit l’endroit où se tenait le désormais célèbre post-race party. Toute la ville y était… et pour cause : la bière y coulait à flots, « gratos » en plus !

Le premier coureur a terminé en 44 minutes 17 secondes et la première femme en 50 minutes 39 secondes. La seconde femme, la célèbre Catherine Ndereba, suivait d’à peine une seconde! Cette coureuse d’exception a déjà remporté 4 Boilermakers (1996, 1999, 2000 et 2001) et s’est illustrée notamment au demi-marathon de Montréal le 20 avril dernier.

Match nul parmi les 10 premiers : 5 sont originaires du Kenya et 5 de l’Éthiopie. Mon ami Laurent Jugant a terminé 3e de son groupe d’âge en 55 minutes et je me suis contenté de 1h03. D’ailleurs, l’effondrement soudain d’un coureur qui a dû être escorté hors de la course à 200 mètres de l’arrivée, tout juste devant mes yeux, m’a encore fait apprécier le simple bonheur de franchir le fil d’arrivée, peu importe la distance.

Par ailleurs, le système de puces électroniques a connu quelques ennuis au départ si bien que les temps de course sont établis avec le « Gun Time », ce qui s’avère donc progressivement inexact au fur et à mesure que l’on s’avance vers l’arrière du peloton. Autre point à noter : l’absence de feux d’artifice cette année au post-race party… Est-ce un autre signe des temps ? Il faut dire qu’en matinée, je n’ai jamais trouvé l’idée géniale puisqu’il s’agit bien plus de vacarme qu’autre chose.

Enfin, chaque coureur reçoit par la poste une copie de l’édition du lendemain de la course du quotidien local Observer-Dispatch (www.uticaod.com), dans lequel on trouve tous les résultats, de nombreuses photos et d’intéressantes anecdotes. Je l’ai encore lu avec grand plaisir d’un bout à l’autre. Bref, le Boilermaker est bien plus qu’une course, c’est un événement.

Marc Dagenais

Vignoble du Marathonien 2008

Samedi, 5 juillet 2008, par mdagenais

Course amicale au Vignoble du Marathonien

Depuis quelques années déjà, un entraînement amical (ou “fun run”) a lieu au Vignoble du Marathonien à Havelock (www.marathonien.qc.ca), un peu à l’ouest du Parc Safari Africain d’Hemmingford et près de la frontière des États-Unis. Notre hôte vigneron, Jean Joly (ne pas confondre avec le webmestre de courir.org), est un ancien marathonien plutôt rapide qui a couru plusieurs épreuves avec son ami l’increvable gentleman globe-trotter Pierre Bourassa, dont un Boston sous les 3 heures!

Une blessure l’ayant forcé à mettre sa passion de côté, c’est avec un plaisir renouvelé qu’il accueille d’autres coureurs à chaque année. Au fil des ans, le bouche-à-oreille ayant fait son œuvre, un contingent de plus en plus important de coureurs se retrouvent pour cet entraînement sous le signe de l’amitié. Pierre Bourassa ayant eu la gentillesse de m’inviter, je me suis empressé de transmettre l’invitation et ainsi recruter une dizaine d’autres membres de mon club de St-Bruno.

Le soleil brillait dans un ciel sans nuages et sur un véritable écrin de verdure en ce magnifique samedi 5 juillet 2008. J’arrivais au vignoble en croyant participer à une petite course « pépère » qui me permettrait de jaser plus qu’autre chose… Erreur ! Bien que véritablement amical, cet entraînement n’avait rien d’une sinécure. Le tracé, qui formait un grand rectangle de 18,6 km entourant le vignoble, montait d’abord sans relâche vers le sommet de Covey Hill, une colline bien connue des cyclistes de la grande région de Montréal et dont il est parfois question dans les pages de Vélo Mag.

En haut de Covey Hill, la vue valait à elle seule le déplacement; l’on embrassait du regard les terres fertiles de la vallée du St-Laurent et, au loin, les tours du centre-ville de Montréal. Quel spectacle ! Par la suite, après un court répit sur un faux plat, ce fut la très longue descente et, après avoir tourné à droite, un long faux plat descendant jusqu’au village d’Havelock. La dernière ligne droite (entre 3 et 4 km) jusqu’au vignoble fut légèrement ascendante. Somme toute, un parcours assez exigeant avec bien peu d’endroits ombragés mais qui nous permettait d’apprécier les charmes ruraux de notre province; bref, une petite odyssée en communion avec la nature.

Je crois bien que l’on souhaiterait tous nos entraînements comme celui-là. De plus, après l’effort sous le soleil et une douche sommaire au boyau d’arrosage, place au pique-nique dans une ambiance festive. Naturellement, il convenait de déguster les produits du vignoble, ce qui a rehaussé la saveur de nos victuailles et accru notre bonne humeur. De plus amples détails sur le vignoble, son environnement particulier, ses produits et ses nombreuses distinctions se trouvent sur son site internet; il faut dire que, depuis 1994, celui-ci s’est vu décerner près de 45 médailles.

Si vous souhaitez venir vous entraîner autour du vignoble, le tracé est assez simple : il consiste à former un rectangle en tournant à droite à chaque intersection se présentant après la sortie du vignoble, où l’on tourne à droite (bien sûr) sur la route 202. Vous passerez certainement un aussi bon moment que nous. Merci à Jean Joly de mettre ses installations à notre disposition, et à Pierre pour son invitation. Vivement à l’an prochain !

Marc Dagenais

Ultimate XC

Samedi, 21 juin 2008, par mdagenais

L’ultime marathon ?

En ce 21 juin 2008, par une belle journée juste un peu humide et ensoleillée, la petite ville de Val-Morin nichée au coeur des Pays-d’en-Haut, accueillait la toute première édition du « Ultimate XC » en sol canadien sous la présidence d’honneur de Jacqueline Gareau, grande dame du marathon. Avant d’aller plus loin, j’exprime d’emblée que mon récit n’est pas celui que j’envisageais d’écrire parce que mon marathon fut malheureusement interrompu à mi-chemin. Quoiqu’il en soit, cette épreuve, même tronquée, s’est avérée une expérience inoubliable et instructive ainsi que vous le découvrirez en lisant ce qui suit.

L’organisation

L’organisation Ultimate XC ou Americas Ultimate Off Road Challenge (http://www.ultimatexc.com) a pour mission de tenir des événements sportifs en plein air, hors des sentiers battus (autant au sens propre que figuré). Plus précisément, Ultimate XC est maître d’œuvre de 3 séries d’événements, à savoir : course à pied, vélo de montagne et épreuves multi-sports par étapes.

S’agissant de la série de course à pied, 3 épreuves figurent au menu en 2008 : après Val-Morin, la prochaine aura lieu à Jay au Vermont le 26 juillet (désolé, c’est complet depuis quelque temps déjà) et, en guise de dessert, l’aventure prendra fin à travers les décors spectaculaires du désert de Moab, Utah, le 15 novembre (épreuves de 10 et 20 milles, et 50 km). L’organisation Ultimate XC est présente à Jay (près du centre de ski éponyme) depuis 7 années et s’est méritée une réputation enviable pour l’originalité de ses parcours et le fort calibre des diverses épreuves.

L’événement

Pour cette première québécoise, l’événement comportait trois épreuves de 10, 21 et 42 kilomètres ainsi qu’une course de 2 km pour les 10 ans et moins. Ces défis sportifs plutôt relevés s’inscrivaient dans un cadre festif puisque des jeux forains, spectacles et activités culturelles figuraient aussi à l’horaire jusqu’en soirée (avec des feux d’artifice pour couronner le tout). Un service de garde pour enfants de parents compétiteurs était même prévu! D’ailleurs, la ville avait décidé de devancer les fêtes de la St-Jean-Baptiste au 21 juin, et les autorités avaient bouclé tout le secteur de la mairie où les activités se déroulaient. Ainsi étaient conjugués efforts et plaisir en cette journée endiablée.

Les particularités

Avant d’aborder la course, il faut souligner à quel point celle-ci se trouve dans une catégorie à part et les informations dispensées sur le site web officiel ne manquent pas de mises en garde sur ses particularités, difficultés et (n’ayons pas peur des mots) risques. En effet, nous étions avertis qu’il nous faudrait gambader sur un tapis de roches, boue et racines à travers ruisseaux, marécages, clairières, forêts, escarpements, rochers et autres caprices topographiques dont Mère Nature a le secret.

Toujours d’après le site web, il fallait s’attendre à courir environ le double du temps autrement requis pour une course de même distance sur bitume, en l’absence de bornes indiquant le kilométrage sur le parcours et avec des stations de ravitaillement plus espacées (le ravito perso était recommandé).

Le site web comportait par ailleurs un forum où les inscrits pouvaient partager leurs impressions face au défi qui les attendait et où le « G.O. en chef », Dan DesRosiers, en profitait pour annoncer les dernières mises à jour et prodiguer quelques conseils (notamment quant à l’importance d’utiliser des chaussures « trail »). L’enthousiasme des blogueurs atteignait son paroxysme quelques jours avant l’événement alors que l’organisation annonçait l’ajout d’une traversée à la nage (300 pi. avec l’aide d’un câble) d’un lac résultant d’un barrage de castors. Cela vous donne une idée du genre de parcours!

Le départ

Quelques minutes avant le départ, madame Gareau y allait de son discours de bienvenue (bilingue étant donné la présence de coureurs du ROC et des USA). Notant la présence d’un nombre important de « masters », elle déclara quelque chose comme : « ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’il faut cesser de s’amuser et c’est lorsqu’on cesse de s’amuser que l’on vieillit ». À retenir! Ne voulant pas être en reste, M. DesRosiers, tel Winston Churchill promettant « blood, sweat and tears » au peuple à la veille de la Bataille d’Angleterre, proclamait bien haut quelque chose comme « je suis votre pire cauchemar ». Rien de moins!

Toutefois, ces « menaces » ne semblaient pas affecter la bonne humeur du peloton au départ et j’ai d’ailleurs trouvé notre petit groupe très convivial. Ici, pas de grosse tête ou de types stressés (« pas parlables ») avant le signal de départ, contrairement à d’autres courses auxquelles j’ai participé. Il va sans dire que je n’ai pas vu de Kenyans…

La caravane du marathon s’ébranlait à 8h00 AM et celles du 21 km, 10 km et 2 km suivaient à une heure d’intervalle. La toute première section du marathon nous amenait sur un sentier très étroit parcourant un terrain plutôt accidenté et abrupt derrière la mairie; on aurait voulu nous plonger immédiatement dans le bain qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Ensuite, après une très brève incursion urbaine, nous plongions dans les entrailles de la forêt pour de bon.

La course

Très vite, le parcours devenait très « technique » : les sentiers n’ont définitivement rien à voir avec ceux, bourgeois, du Mont St-Bruno. Il faut demeurer très attentif où l’on pose le pied sans toutefois trop baisser le regard afin d’éviter les branches qui peuvent soudainement s’imprimer sur notre front. Dès que le tempo s’élève, il faut augmenter le degré de concentration d’autant; la vigilance s’impose à tout moment.

Certes, ce n’est pas de tout repos mais je me suis presque surpris à aimer cela, grisé par cette communion avec la nature et l’effort… Pour ce qui est des portions très difficiles, il suffit de ralentir, en profiter pour reprendre son souffle et reprendre ensuite le tempo. Et voilà! Ce n’est pas plus compliqué que cela : une pente, un rocher, un marécage à la fois… En plus, il faut dire aussi que certains points de vue valaient vraiment le détour. Il fut par ailleurs saisissant de voir un coureur s’enfoncer jusqu’aux hanches à quelques mètres devant soi dans une portion marécageuse du parcours, laquelle précédait une interminable montée qui nous a forcés à marcher. Bref, en ces lieux, l’homo runningus touche au nirvana.

Aussi, il m’est apparu plus aisé de gérer l’effort parce que le facteur « chrono » s’avère de moindre importance. Comme les 7 marathons sur bitume que j’ai complétés ne pouvaient servir de base de comparaison, je manquais de repères pour l’aspect temps de toute manière.

Le tracé

Le parcours traversait nombre de terrains privés et quelques sympathiques propriétaires agissaient comme bénévoles aux stations de ravitaillement. Il convient ici de les remercier en souhaitant qu’ils veuillent bien réitérer l’expérience l’an prochain. D’ailleurs, afin de préserver ce caractère privé, l’organisation avait décidé de ne pas afficher le tracé des courses sur le site web, ni de distribuer de plan aux participants.

Afin de bien baliser le parcours, l’organisation avait pris un grand soin de le parsemer de nombreuses flèches et, sur les premiers kilomètres, a utilisé une très généreuse quantité de ruban adhésif jaune. Malgré cela, il existe UN endroit (soit un croisement permettant de passer d’une boucle à la suivante) où les indications n’ont malheureusement pas suffi à bien guider une trentaine de coureurs (marathon et autres courses), dont l’auteur, quelque part après le poste de ravitaillement du 15.3 km. Ainsi, au lieu d’attaquer une nouvelle boucle et poursuivre vers l’arrivée, la trentaine d’égarés recommençaient la même boucle. C’est dommage parce que, dans l’ensemble, j’ai trouvé la signalisation à la hauteur, compte tenu de la nature capricieuse du parcours.

La mésaventure

Pour ma part, au moment où je me suis rendu compte que je passais à côté du même couple d’ambulanciers, je constatais qu’après plus de 2 heures et quart de course (et au moins 30, sinon 40 minutes depuis le poste de 15.3 km), je me dirigeais de nouveau vers le poste de 15.3 km (que j’estimais d’ailleurs atteindre dans plus de 30 minutes supplémentaires) et ce, sans savoir où je m’étais trompé de direction auparavant. Je dois admettre qu’après avoir récité un chapelet à voix haute, j’ai commencé à être passablement découragé parce que je souhaitais faire un marathon, pas un ultra. Je n’ai par ailleurs pas songé à rebrousser chemin puisque je doutais fortement trouver le bon croisement en courant en sens inverse! Un plan du parcours localisant les ambulanciers (et autres points d’intérêt) m’aurait été utile, je crois.

En ruminant de mauvaises pensées et en tentant de calculer le temps qu’il me restait tout en supposant que je trouverais le bon chemin à la seconde tentative, je constatai que mon compagnon de course (égaré, lui aussi) m’avait passablement devancé. En continuant de maugréer et calculer, j’ai accéléré le pas pour le rejoindre et je suis convaincu aujourd’hui (avec le recul nécessaire) que mon degré d’attention au parcours (et ses nombreux pièges) a diminué dès cet instant. En une fraction de seconde, mon pied s’est soudainement tourné vers l’intérieur et une douleur vive s’est manifestée. Résultat : une cheville drôlement enflée, des bouts de ligaments déchirés et un marathon irrémédiablement raté!

Après avoir récité un nouveau chapelet, plus intense que le premier, j’ai bien tenté de poursuivre ma route mais, la mort dans l’âme, j’ai dû me résigner à faire demi-tour et rejoindre le couple d’ambulanciers, heureusement à proximité. Alors qu’ils examinaient ma cheville gauche endolorie, j’étais aux premières loges pour constater la surprise (mêlée de colère pour certains) sur les visages des coureurs qui découvraient qu’ils passaient de nouveau à côté des 2 mêmes ambulanciers! Ces derniers m’ayant très fortement recommandé de cesser de courir et, en ne sachant pas si je devais courir 48, 50 ou même 55 km en bout de ligne, je me suis résigné au retrait de la compétition.

Cette décision fut bien plus douloureuse moralement que physiquement. J’estime avoir parcouru presque la moitié de la distance (en incluant la portion recommencée) et j’avais encore suffisamment de jus dans le réservoir pour aller jusqu’au bout. Je serais donc demeuré sur mon appétit si j’avais couru le demi-marathon.

Quel dommage! J’aurais vraiment aimé traverser le lac vers le 30e kilomètre. Finalement, remettre ma puce à l’arrivée sans récolter de médaille en retour fut un coup très dur pour l’orgueil. Il y aura un trou béant dans ma collection de ces breloques et, dans la même veine, je donnerai mon chandail puisque je n’ai pas complété cette course.

La leçon

Je me console en sachant qu’il y aura d’autres marathons (le prochain : Québec) et je peux vous assurer que les moments où je franchirai le fil d’arrivée seront désormais davantage appréciés. Je ne regrette vraiment pas ma participation et, avec le temps, je suis déjà convaincu que j’en conserverai un excellent souvenir. C’est d’ailleurs le cas des nombreux coureurs qui ont depuis partagé leur expérience sur le forum du site web.

J’ai appris qu’en participant à ce genre de course, il faut être prêt pour une gamme plus vaste d’éventualités que pour un marathon « ordinaire », y compris de s’égarer! Par conséquent, il faut se préparer mentalement à parcourir une DISTANCE PLUS GRANDE que celle qui est indiquée, au besoin. Même s’il ne faut pas se laisser intimider par les menaces de cauchemar et autres affirmations du genre, il faut néanmoins être conscient des risques intrinsèques à ce type d’activité. J’étais fin prêt pour courir environ 42 km, mais pas 48, ni 52…

Les résultats

Pour fins de statistiques, le vainqueur du marathon (âgé de 50 ans, il faut le souligner) compléta l’épreuve en 4h08, la première dame en 4h33 et le dernier brave en 8h21; pour le demi, les temps sont respectivement de 2h16, 2h47 et 7h10; et 1h21, 1h38 et 3h44 pour le 10km. Le vainqueur du 2k enfants a terminé en 6 minutes 7 secondes et le dernier en un peu plus de 15 minutes. 59 coureurs ont terminé le marathon, 132 pour le demi, 140 pour le 10km et 42 enfants (notre relève). Sincères félicitations à tous.

Un lunch typiquement nord-américain servi par de très aimables et souriants bénévoles attendait les finissants des épreuves qui avaient aussi le loisir de prendre une douche ou bénéficier d’un massage réparateur. Une médaille commémorative presqu’aussi terne que celle du marathon de Montréal (c’est dire!) était remise à l’arrivée; une amélioration pour élever ce souvenir à la même hauteur que le calibre de l’événement serait bienvenue.

De plus, nonobstant mon mea culpa ci-dessus et pour le bénéfice de tout futur événement Ultimate XC au Québec, j’ose suggérer que les coureurs ainsi que les bénévoles soient munis de plans sommaires des parcours où seraient clairement indiqués les différents points de ravitaillement et autres particularités du parcours (e.g. chute, cabane, etc.) avec des estimés de distance, tout en ne fournissant aucune indication reliée aux propriétés privées.

De retour l’an prochain ? Il faut l’espérer. Mon égarement ne m’empêche certainement pas de transmettre mes félicitations à l’organisation pour son travail colossal.

Marc Dagenais

Grande Virée des Sentiers 2008

Dimanche, 15 juin 2008, par mdagenais

 

UN 5e ANNIVERSAIRE RELEVÉ

Je l’indique d’emblée : en tant que membre et administrateur du Club des coureurs sur route du Mont St-Bruno (CCRMSB), il m’est impossible d’être absolument neutre lorsqu’appelé à rendre compte de cette très belle course qu’est la Virée des Sentiers (Grande et Petite) au cœur du Parc du Mont Saint-Bruno. Comme pour les 4 éditions précédentes, un véritable écrin de verdure servait de décor pour cette course extraordinaire (voyez, je ne peux m’empêcher!).

Organisée par le CCRMSB (www.ccrmsb.org) sous le leadership inspirant de son increvable président Stéphane Lachapelle, la Virée des Sentiers jouit certainement de l’un des plus beaux parcours de la région de Montréal. Le beau temps qui nous accompagnait en ce 15 juin 2008 pour sa 5e édition, a mis en relief la tranquille majesté des lieux et a nul doute inspiré les nombreux concurrents et bénévoles pleins d’enthousiasme et d’énergie. Déjà bien rodé, l’événement a acquis ses lettres de noblesse.

La Virée regroupait des épreuves de 5, 10 et 20 km en plus d’une course d’un kilomètre pour enfants (Petite Virée). Pour la 4e fois, j’avais le grand plaisir de participer à la course de 20 km, un parcours exigeant comportant plusieurs montées et descentes (allant du long faux-plat à la butte abrupte) tout en offrant plusieurs points de vue superbes, particulièrement aux abords de quatre des cinq lacs du Parc. Les parcours des courses de 5 et 10 km sont ceux empruntés à chaque mercredi soir de l’été par les membres du CCRMSB en guise d’entraînement amical chronométré. Le tracé du 20 km fut spécifiquement établi pour la Grande Virée et s’aventure un peu à l’extérieur du Parc pour visiter une partie calme de la ville de St-Bruno.

Quoiqu’il s’agisse de courses en forêt, il faut noter que les sentiers du Parc sont très bien aménagés et leur surface s’apparente à celle des pistes cyclables en gravier fin. Sauf erreur, il n’y a pas vraiment d’endroit où les chevilles (ou autres articulations sensibles de l’« homo runningus ») sont davantage à risque par rapport à la course sur route et le degré de difficulté technique est le même ou très similaire. Il ne faut surtout pas confondre avec des courses de type « trail » comme le défunt Raid des Caps auquel j’avais participé en septembre 2005 dans la région de Charlevoix (Massif) ou encore l’édition Québec de « Ultimate XC » à Val Morin le 21 juin dernier. Je compte d’ailleurs écrire sur cette dernière course sous peu.

Avec près de 1300 inscriptions, ce 5e anniversaire s’est avéré un franc succès; 219 coureurs ont franchi le fil d’arrivée pour le 20 km, 383 pour le 10 km et 352 pour le 5 km, les gagnants de chaque épreuve en des temps de 1h10, 35 min. et 16 min. respectivement, ce qui est digne de mention vu l’environnement accidenté des parcours (particulièrement pour le 20 km). Les premières dames rentraient au bercail en des temps de 1h20, 40 min. et 19 min. pour les 20, 10 et 5 km. Du joyeux peloton de 268 enfants qui complétaient leur kilomètre, le premier terminait en 3min. 35 s. et sa consoeur 7 petites secondes plus tard.

Tous les finissants des épreuves recevaient une superbe médaille souvenir, une bien belle pièce de collection. Personnellement, j’ose espérer qu’un responsable du marathon de Montréal était sur place pour prendre des notes (je sais, j’en fais presqu’une fixation de ces médailles) et que nous serons à jamais débarrassés de ce truc « cheapo » que je m’abstiendrai de qualifier davantage.

Par ailleurs, je participais à cet événement aussi en tant que bénévole pour une première fois. J’étais à la Boutique Courir de Longueuil la veille pour le retrait des dossards et les inscriptions de dernière minute. Rencontrer autant de coureurs, échanger quelques plaisanteries, tenter de deviner à quelle épreuve ils participent en les voyant entrer et, surtout, partager avec eux cette passion pour notre sport simple et magnifique à la fois, il va sans dire que j’ai apprécié cette expérience au plus haut point.

Il m’apparaît important d’aborder ce dernier thème au passage parce que je sais que d’autres clubs organisent aussi leur propre course. Il s’agit alors pour tous ces clubs d’une occasion privilégiée de redonner à la communauté tout en valorisant l’engagement individuel et l’esprit de corps. Ainsi, l’engagement et l’enthousiasme que j’ai pu observer tout au long du week end de la part des nombreux membres du CCRMSB agissant à titre de responsables, organisateurs et bénévoles de la Virée, sans oublier les coureurs du club (il en faut tout de même quelques uns), est reproduit ailleurs au Québec à chaque année.

Il faut souhaiter que la Virée des Sentiers de même que tous ces autres événements de course se perpétuent, et avoir à l’esprit que, grâce aux efforts d’une minorité de gens très dévoués, une majorité de coureurs peuvent courir en vivant de très belles expériences. Pour ma part, j’ai déjà hâte au 10e anniversaire de la Virée et (pourquoi pas?) au 20e.

Marc Dagenais

Course d’été des Îles (Running Room)

Samedi, 7 juin 2008, par mdagenais

COURIR SOUS LE JOUG ‘HUMIDEX’

Avec la convivialité de l’organisation et la beauté champêtre du parcours à travers l’écrin de verdure du Parc des Îles de Boucherville, c’est le facteur « Humidex » qui s’est avéré l’élément marquant de cette seconde édition de la Course D’Été des Îles tenue le samedi 7 juin dernier. Organisé par le réseau de boutiques Running Room (www.runningroom.com), cet événement constitué de 4 courses de 3, 5, 10 et 21 km et de 2 marches de 5 et 10 km était tenu au profit de Moisson Rive-Sud dont les banques alimentaires viennent au secours des foyers démunis de la région.

La course de 21 km à laquelle je participais consistait en 4 boucles de 5 ¼ km chacune. L’aire de départ et d’arrivée avantageusement située sous les arbres et tout près de la rive, s’avérait un havre rafraîchissant (tout est relatif, bien sûr) en cette chaude et collante matinée où « Humidex » faisait déjà lourdement sentir sa présence malgré l’heure matinale (départ à 8h30).

Ce micro-climat ombragé fut trompeur pour la suite des choses puisque la majeure partie de la boucle traversait champs et clairières en plein soleil. Ouch ! La température du corps de l’homo runningus n’a même pas attendu la fin de la première boucle pour grimper et ainsi activer le processus de sudation qui n’a pas tardé à tremper nos vêtements pourtant « techniques ».

Heureusement pour nous, d’enthousiastes bénévoles veillaient à nous ravitailler en eau et boisson énergétique et, une fois la première boucle complétée, nous savions précisément à quel détour ils nous attendaient, ce qui permettait d’anticiper la pause de rafraîchissement et tenir le coup jusqu’à la station suivante. Bien que je réitère ne pas être amateur de ces courses à boucles multiples (la dernière s’avérant particulièrement pénible), je dois par contre admettre qu’étant donné la superficie de l’île, un parcours de 21 km soit nécessairement constituée de quelques boucles.

Défiant « Humidex », nous furent 55 à compléter le 21 km, 132 pour le 10 km et 60 pour le 5 km; les meilleurs temps réalisés sont de 1h24, 34 minutes et 18 minutes respectivement, ce qui est tout à fait remarquable en ces (collantes) circonstances. Même en retard de 5 minutes sur mon meilleur temps, mon résultat de 1h31 m’a amené à puiser dans mes réserves. À l’arrivée, eau et glace étaient très en demande et je fus témoin de quelques étourdissements et autres malaises semblables autour de nous; rien de fâcheux heureusement. Je souligne au passage la performance de 1h38 réalisée par mon ami Gilles Cadotte alors qu’il s’achemine vers la soixantaine; il n’y avait d’ailleurs que très peu de représentants de son groupe.

L’on dit parfois que les épreuves de course nous amènent à repousser nos limites; ce 21 km était de cette eau-là. Pour terminer, je reprends mon éternelle marotte concernant les médailles : vu qu’elles étaient réservées aux trois gagnants des épreuves, l’organisation aurait pu offrir mieux que des trucs de la dimension d’un trente sous. Les souvenirs tangibles, ça donne un goût de « revenez-y », non ?

Marc Dagenais

KeyBank Vermont City Marathon

Dimanche, 25 mai 2008, par mdagenais

UN VERT… MARATHON

Sauf pour une température légèrement plus fraîche, on ne pouvait espérer de meilleures conditions climatiques pour la 20e édition du KeyBank Vermont City Marathon en ce dimanche 25 mai 2008 (www.runvermont.org). Dans cette belle petite ville de Burlington baignée par le magnifique Lac Champlain sur lequel se reflétait, en ce week end ensoleillé, la majestueuse chaîne des Adirondacks, tout respire la sérénité. Nature, espaces verts et magnifique plan d’eau se conjuguent pour faire de ce gros village un oasis tranquille que même la fébrilité normale liée à la préparation et tenue d’un marathon ne vient troubler.

Outre votre tout dévoué, huit membres du club du mont St-Bruno, dont un qui effectuait son baptême marathonien, ont troqué le marathon de la capitale nationale pour courir dans cet écrin champêtre en sol étranger, mais pourtant si près de la maison. Tous ont apprécié les charmes de la métropole de l’État voisin.

Nous sommes arrivés tôt la veille afin de pouvoir profiter d’une sieste en après-midi après la séance de retrait des dossards et de « magasinage » au Sport & Fitness Expo tenu à l’hôtel Sheraton où nous logions, ainsi qu’un lunch au centre-ville. Au cœur de celui-ci se trouve une belle et sympathique rue piétonnière où nous avons assisté à un spectacle improvisé de break dance. Le salon (Expo) était plutôt petit et, outre le T-shirt officiel « technique » fourni dans notre « kit », les vêtements aux couleurs de l’événement étaient presqu’uniquement en coton. De plus, il n’y avait que peu de kiosques reliés à d’autres courses. Dommage! Nous avons aussi constaté que les prix des souliers de course étaient bien plus avantageux qu’au Québec (re-dommage)!

Après un copieux « pasta dinner » à l’hôtel suivi d’une marche au campus universitaire (magnifiques vieux bâtiments de pierre rouge) et d’une trop courte nuit de sommeil, nous prenions tôt l’autobus nous menant à l’aire de départ au Battery Park. Ce parc trône avantageusement au sommet d’un escarpement et offre ainsi une vue à couper le souffle sur le lac et les montagnes. Tout près, en contrebas, l’on distingue le Waterfront Park qui porte bien son nom et accueille l’aire d’arrivée. Le Battery Park est aussi un lieu historique (guerre de 1812) où les locaux ont répondu par la bouche de leurs canons aux envahisseurs de Sa Majesté qui ont prestement déguerpi.

Au signal du départ, nous avons déguerpi à notre tour pour une balade de 26,2 milles. En effet, les distances sont en milles au pays de l’Oncle Sam, ce qui demande aux coureurs de type « métronome » ayant l’œil rivé à leur montre, une certaine adaptation. Le départ général avait lieu à 8h05 AM, cinq minutes après les fauteuils roulants. Avec l’absence de nuages dans le ciel, ce départ matinal fut fort apprécié; heureusement d’ailleurs qu’une brise légère rafraîchissait l’atmosphère. L’événement ne comprenait pas de demi-marathon, puisque cette épreuve eut lieu séparément le 5 avril précédent.

Le marathon suit un beau parcours urbain qui en met plein la vue aux quelques endroits longeant le lac. Une première boucle au sud-est du centre-ville nous promène dans un quartier résidentiel tranquille et assez ombragé pour les trois premiers milles. En remontant au nord, nous empruntons la rue piétonnière du centre-ville une première fois sous les vivats d’une foule enthousiaste. Les six prochains milles sont courus sur une large avenue hors de la ville et à travers champs, en mode aller-retour.

Le peloton revient donc sur la rue piétonnière (toujours sous les vivats) en direction sud cette fois, pour aller compléter une autre boucle. À l’extrémité sud de celle-ci, le parcours nous présente de belles résidences en bordure du lac puis traverse un parc en empruntant une voie cyclable. En cette moitié de parcours, on prend plaisir à contempler le paysage.

Le parcours revient au centre-ville avant de compléter une dernière boucle au nord. Un peu avant Battery Park (15e mille), l’on doit grimper une bonne côte qui m’est apparue un peu plus abrupte qu’Heartbreak Hill à Boston, même si moins longue. Heureusement, un superbe orchestre de tam-tams à sa base nous insufflait ce qu’il fallait d’énergie.

Une fois à l’extrémité nord du parcours, l’on rentre au bercail via une belle piste cyclable traversant un boisé (avec juste ce qu’il faut d’ombre) en bordure de la rive pour les quatre derniers milles de ce beau périple. Somme toute, un parcours nature malgré son cadre urbain, qui comportait plusieurs faux-plats, donc pas aussi facile que prévu. Manifestement, les organisateurs ont mis les efforts nécessaires pour offrir un parcours varié et le plus « vert » possible.

Je fus également (et agréablement) surpris de l’importance de la foule vu la taille de l’agglomération. À l’arrivée, une ambiance de fête foraine (un peu tapageuse tout de même) nous attendait avec le « kit » habituel constitué d’une belle médaille, un léger goûter, un bref massage réconfortant… et une bonne bière froide! Bravo aux organisateurs et mille mercis aux bénévoles.

Le premier coureur compléta l’épreuve en 2h20 et la première coureuse en 2h47. Nathalie Goyer a superbement couru pour terminer au 5e rang chez les femmes (39e au général) et au 1er rang chez les « Masters » avec 2h52 et ce, tout de même en peu de temps après sa victoire à Mississauga (Ontario, 11 mai). Le 2280e et dernier coureur fermait la marche en 6h29. À noter que les temps réalisés sont acceptés comme temps de qualification pour Boston.

Tous mes compagnons et moi-même avons bien fait et sommes très heureux de notre expérience. Je me suis permis d’abaisser légèrement mon « PR » à 3h16 avec une cadence constante et sans souffrir; d’ailleurs, pour la première fois au lendemain d’un marathon, je pouvais descendre les escaliers rapidement et sans tenir la rampe! Tout cela augure bien pour notre prochain marathon le 24 août prochain à Québec alors que toute la ville sera en liesse dans le cadre du 400e anniversaire de sa fondation.

Bref, une ville charmante, un cadre naturel enchanteur, une température idéale, une superbe épreuve et une belle « gang » de gens formidables… Mélangez le tout et vous obtiendrez un week end inoubliable.

Qui a dit que courir était plate ?

Marc Dagenais

Défi Gérard Côté 2008

Dimanche, 11 mai 2008, par mdagenais

 

DÉFI GÉRARD CÔTÉ

Dimanche le 11 mai 2008, par une belle journée ensoleillée, le Club Athlétique de Saint-Hyacinthe présentait le 15e Défi Gérard Côté. Cet événement comporte des épreuves de 5, 10 et 15 kilomètres. En compagnie de plusieurs membres du club du mont St-Bruno, je participais au 15 km. Il y avait par ailleurs plusieurs épreuves d’un kilomètre auxquelles participaient des étudiants du primaire et secondaire des environs (Défi scolaire).

Il convient de souligner à quel point Gérard Côté fut un illustre athlète puisqu’avec Clarence DeMar, Bill Rodgers et Robert Cheruiyot, il fait partie du club sélect des marathoniens à avoir remporté le marathon de Boston quatre fois ou plus (sept fois pour M. DeMar), soit en 1940, 1943, 1944 et 1948.
Une courte biographie ainsi qu’une liste de certains de ses exploits et distinctions sont présentées sur le site (www.club-athlétique.com/gerard_cote.html).

Le parcours consiste en une seule boucle dont les premiers kilomètres traversent un secteur industriel et sont plutôt quelconques. Sur le boulevard Casavant, le parcours n’était de toute évidence pas très bien protégé si bien qu’une voiture est passée à un mètre de mon gros orteil en sortant du stationnement d’un petit centre commercial! Très espacés à cet endroit, les cônes n’étaient pas très visibles pour certains automobilistes, semble-t-il!

Ce fâcheux incident m’a quelque peu « pompé » et, fort de cette impulsion, j’ai pu maintenir un bon rythme jusqu’à la fin pour abaisser mon « PR » à 1h01. Par ailleurs, vu le peloton peu garni et très distendu, j’ai couru tout seul avec mes pensées à partir du 3e kilomètre. Après la mi-parcours, le tracé s’embellit en longeant la rivière Yamaska et en empruntant même une portion de la voie cyclable. Cette section du tracé est bien agréable.

L’aire d’arrivée se trouvait à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme (près du départ) où le premier coureur terminait en 51 minutes et la première femme en 56 minutes. Le dernier coureur fermait la marche en 1h54. Pour la première fois, je crois, des médailles étaient remises aux finissants des trois épreuves. J’ai donc ajouté une breloque à la collection…

Marc Dagenais

Demi-Marathon International de Québec 2008

Dimanche, 4 mai 2008, par mdagenais

Les 30 km du DMIQ

Pour sa 5e édition, le Demi-marathon International de Québec (DMIQ) réservait peu de changements par rapport à l’édition précédente si ce n’est de la météo. En effet, alors qu’un soleil tout-à-fait radieux brillait dans un ciel sans nuage l’an dernier, c’est un crachin qui nous accompagnait sur toute la distance en ce dimanche 4 mai 2008. Avec un bon vent d’est, la température était certes assez fraîche pour courir sans transpirer indûment. Pour ma seconde participation, j’étais accompagné de mon pote Laurent Jugant, un des quelques « Kenyans » de notre club de St-Bruno.

La ligne d’arrivée de même que le centre nerveux des opérations se trouvaient sur les terres du magnifique Domaine Maizerets, situé quelques kilomètres à l’est du centre-ville de Québec. Organisé par l’équipe du circuit Courir à Québec (www.couriraquebec.com) qui est aussi maître d’œuvre du Marathon des Deux rives dont la 11e édition aura lieu le 24 août prochain, le DMIQ se veut une occasion de découvrir un autre visage de la Vieille Capitale. Le parcours consiste en une boucle aplatie et irrégulière de 16,8 km dont l’extrémité est s’approche des Chutes Montmorency et dont la moitié emprunte la piste cyclable qui borde le fleuve St-Laurent en parallèle avec l’autoroute 440.

En plus d’une course de 3 km pour les jeunes (7-14 ans), des épreuves de 10 et 30 km complétaient le programme avec l’épreuve-phare du demi-marathon. Comme l’an dernier, environ 1200 participants prenaient part à l’une ou l’autre des 4 épreuves. Distance peu fréquente dans le calendrier des courses, c’est l’épreuve du 30 km qui m’incita à m’inscrire au DMIQ puisqu’elle cadrait parfaitement dans mon programme d’entraînement en vue du Marathon du Vermont à Burlington (www.runvermont.org) qui célèbrera son 20e anniversaire dimanche le 25 mai prochain. D’après les conversations entendues avant le départ, ce 30 km était pour plusieurs un entraînement pour le marathon d’Ottawa (www.runottawa.ca), également tenu le 25 mai; c’était mon cas l’an dernier.

Les participants au circuit de 30 km devaient d’abord courir 13.2 km de la boucle pour ensuite la parcourir au complet; des autobus assuraient la navette entre le Domaine Maizerets et le lieu de départ. Le peloton du 30 km s’ébranla à 8h00 AM et le premier termina l’épreuve en 1h51 (la première femme en 2h16) alors que le 170e participant fermait la marche en 3h36. Quant au demi, le vainqueur terminait en 1h06 et la première femme en 1h28. En ce qui me concerne, je suis très fier de mon 2h14, complété sans vraiment ressentir de fatigue (contrairement au 30 km d’Hamilton – Around the Bay le 30 mars dernier où les 2h18 s’étaient avérés pénibles).

Trêve de statistiques, la portion du parcours qui emprunte la voie cyclable offre de très beaux points de vue sur le fleuve, l’Île d’Orléans et la ville de Québec; toutefois, le temps maussade qui prévalait masquait quelque peu ce qui autrement aurait été un véritable régal pour les yeux. Bof, on se reprendra l’an prochain puisque j’ai bien l’intention de participer régulièrement aux 2 seules courses de 30 km que je connaisse : Hamilton (www.aroundthebayroadrace.com) et Québec.

Je m’en voudrais d’oublier de mentionner que les coureurs ont été bien gâtés par l’ensemble des bénévoles enthousiastes qui n’étaient pas avares de leurs encouragements malgré la pluie et le vent. Chapeau ! Toutefois, je dois dire qu’après avoir couru le marathon de Boston sous les cris de centaines de milliers de personnes réparties sur 42 km, les abords du parcours me semblaient bien déserts. Quoiqu’il en soit, à l’arrivée, un brunch était servi sous la tente (très bonnes crêpes et véritable sirop d’érable), après la distribution de bien belles médailles.

Finalement, je me répète, ce serait super s’il avait davantage de courses de 30 km au calendrier, un défi plus exigeant qu’un demi-marathon tout en étant plus accessible et moins éprouvant qu’un marathon. Je crois également, au risque de me faire contredire par de vrais connaisseurs, qu’une telle distance, en mode « compétitif », permet de bien mesurer notre progression et/ou préparation en vue d’un marathon. De toute manière, j’ai vraiment aimé la distance et je n’ai même pas eu besoin de temps de récupération, alors que pour le marathon, c’est une autre histoire (surtout en descendant les escaliers le lendemain matin) !

Marc Dagenais

Boston 2008

Lundi, 21 avril 2008, par mdagenais

Boston 2008

Boston, LE marathon

Nul besoin de titre élaboré tant l’association du nom « Boston » au mot « marathon » est évocatrice. Le 21 avril dernier, j’ai eu l’immense privilège de participer à la 112e édition de cette course mythique et ce fut une expérience tout à fait extraordinaire qui n’est pas près de s’effacer de ma mémoire. Les mots qui suivent ne sauront suffire à exprimer l’indicible joie d’avoir couru cette belle route sinueuse, ce parcours chargé d’Histoire, d’émotions fortes, d’efforts acharnés, de sueur et… de verres de Gatorade!

Au privilège de pouvoir partager la même voie que les illustres Gérard Côté, Jacqueline Gareau, Clarence DeMar, Bill Rodgers, Joan Benoît et tutti quanti, s’ajoutaient ceux d’être accompagné de mon épouse et de voyager avec le groupe organisé de Pierre Bourassa. Ce « gentlemen runner » qui en était à son 117e marathon (vous avez bien lu!) sait vraiment y faire en termes d’organisation. Généreux de sa personne, simple et bon vivant, il a su bien prendre soin de ses ouailles et faire en sorte qu’ils aient pu se concentrer sur la course elle-même, les aspects logistiques étant réglés de main de maître. J’en profite pour lui réitérer l’expression de mon éternelle reconnaissance.

Comme l’indiquait La Presse le 20 avril dernier, le Marathon de Boston est mythique. Lancé en 1897 dans la foulée du premier marathon olympique moderne tenu l’année précédente, il s’agit du plus ancien marathon à avoir lieu sur une base annuelle (le plus ancien étant bien sûr la course légendaire de Phidippidès). Les coureurs voulant y participer doivent obligatoirement avoir terminé un autre marathon au préalable à l’intérieur d’un temps prescrit en fonction de l’âge et du sexe. Par exemple, avec 45 printemps, je dois courir la distance en moins de 3h30. Boston fait par ailleurs partie des 5 marathons dits « Majors » avec Berlin, Chicago, Londres et New York.

Nous avons donc quitté Montréal tôt samedi matin, le 19 avril pour la ville natale de Benjamin Franklin (1706-1790), célèbre homme d’État et inventeur du paratonnerre. Dans notre autobus, l’ambiance était d’ailleurs électrique tant le courant entre les passionnés de la course passait bien. Quelle ambiance ! Tous avaient hâte au Jour J et partageaient d’intéressantes anecdotes de course. Le ton était donné pour le reste du week end. Mon épouse, une non-initiée de notre « secte », nous écoutait avec amusement et constatait que je ne suis pas le seul dépendant de cette bonne et douce « drogue » de la course à pied.

Nous étions une soixantaine à bord et avons pu lire, en primeur, un article à paraître dans l’édition de La Presse du lendemain (section Sports, page 8) sur la participation de 251 coureurs Québécois au marathon de Boston cette année. En effet, le directeur des sports de ce quotidien, Jean-Pascal Beaupré, et son épouse étaient des nôtres. L’article présentait aussi un des coureurs d’élite au Québec, Louis-Philippe Garnier, également de notre groupe. Vraiment, ce périple débutait sur la bonne note!

De notre club, Ghislaine Beaulieu, Marcel Giroux et votre serviteur se trouvaient à bord de l’autobus, de même qu’Orysia Krucko qui avait décidé de nous accompagner. Sandra Girard, Mary-Elizabeth Jones, Odile Ouellet, Marc Lavoie, Robert Gemme et Daniel Girouard voyageaient par leurs propres moyens. Le CCRMSB était très bien représenté.

Arrivés tôt en après-midi, nous sommes allés à l’Expo-Santé quérir notre dossard, puce électronique et chandail technique à l’effigie du marathon. L’événement avait lieu au Hynes Convention Center et tout était vraiment « BIG », comme les « Amââricains » aiment faire les choses. Compte tenu du nombre de participants à ce prestigieux marathon, il y avait foule et cela prenait de longues secondes pour passer d’un kiosque à l’autre.

Je me suis laissé tenter par de nombreux items de marchandise aux couleurs du marathon 2008, et j’ai également eu le plaisir de jaser avec le grand responsable du marathon de Montréal pour constater à quel point il s’avère ardu pour lui de négocier avec les autorités de la ville de Montréal et de la Régie des Installations Olympiques. Il semble que ces gens décidément peu coopératifs ignorent à quel point tout marathon d’envergure peut entraîner de belles retombées pour sa ville-hôte. Ailleurs, M. Hoyt, cet ex-Marine qui participe à des marathons et des « Ironman » en transportant son fils handicapé, était présent pour dédicacer son livre et je fus très ému de lui serrer la pince.

Après plus de 3 heures dans cette foire, nous sommes rentrés à l’hôtel Midtown, un établissement à prix modique situé tout près de l’arrivée du marathon et que Pierre avait « trouvé » l’année précédente. Le restaurant où nous soupions ce samedi disposait de 3 écrans de télévision, dont deux montraient un match de baseball et l’autre le 6e match de la série Bruins-Canadiens ! Comme quoi les priorités sportives diffèrent d’une ville à l’autre.

Le dimanche fut consacré à la visite de cette très belle ville, les incontournables étant le beau parc public Boston Common, Faneuil Hall (qui fut témoin de nombreuses rencontres menant à l’Indépendance) et Quincy Market. Le soir venu, nous sommes allés au souper de pâtes qui se tenait à l’Hôtel de Ville, un immense édifice de type « bunker » qui jure autant dans son environnement que notre Palais de Justice dans le Vieux-Montréal.

Ce pasta dinner ne s’est pas avéré le clou de la journée parce que nous étions éparpillés un peu partout dans ce temple du béton et le choix de nourriture n’était pas très varié. Je dois cependant admettre que gérer un si grand nombre de convives demandait tout de même beaucoup d’organisation. Avec une bonne dose de Taylorisme appliquée au processus, tout s’est bien déroulé et les jeunes bénévoles ont su nous servir une bonne rasade d’enthousiasme.

Pour le grand jour, Pierre avait vu à ce que nous puissions utiliser notre propre autobus pour se rendre au point de départ dans la petite ville d’Hopkinton. Ainsi, nous avons pu y relaxer et faire nos derniers préparatifs en tout confort. Au moment opportun, nous avons quitté notre abri pour traverser un « Village des Athlètes » improvisé sur le terrain d’une école secondaire, remettre nos effets dans les autobus qui les apporteront à la ligne d’arrivée et nous rendre dans nos enclos (« corrals ») respectifs pour attendre le départ. On ne pouvait s’empêcher de constater à quel point, après toutes ces nombreuses dizaines d’années d’expérience, la logistique était réglée au quart de tour.

Et il fallait bien une solide organisation pour si bien gérer la présence envahissante d’environ 25 000 coureurs fébriles dans une petite ville. On avait donc prévu 2 vagues de départ, soit les dossards 1 à 13 999 qui s’élançaient à 10h00 et les autres à 10h30, pour éviter un trop grand engorgement lors des premiers kilomètres. Ces deux vagues étaient divisées en groupes de 1 000 coureurs, chacun dans son « corral » selon l’ordre de vélocité. En effet, comme les numéros de dossard étaient attribués en fonction du temps de qualification utilisé par les coureurs (par exemple, mon dossard no 8315 correspondait à mon temps de 3h19 fait à Québec), le premier « corral » contenait les coureurs aux dossards 1-999, le second contenait les dossards 1 000-1 999, et ainsi de suite, le tout devant permettre un déploiement plus harmonieux du peloton.

Après l’hymne national et le passage rapide de deux chasseurs dans le ciel, survint le moment tant attendu du départ. Naturellement, à ma hauteur, il m’a fallu environ 3 minutes pour me rendre à la ligne de départ… et environ 3h30 pour parvenir à celle de l’arrivée. Le ciel était nuageux et la température d’environ 12 Celsius, soit de bien meilleures conditions que l’année précédente. Le soleil est apparu progressivement au fil des kilomètres et le mercure a donc grimpé quelque peu; heureusement qu’une légère brise nous rafraichissait par moments.

Le parcours est à peu près linéaire et débute en milieu rural sur une route bordée d’arbres. Déjà, la foule y est très nombreuse et enthousiaste. La principale difficulté des 10 premiers kilomètres consiste à ne pas se laisser emporter trop vite par l’entrain des autres coureurs et, surtout, ne pas se faire piéger par une topographie plutôt descendante. Mon plan était de me garder des réserves pour bien affronter les 4 côtes de Newton entre les 26e et 32e kilomètres (dont la fameuse « Heartbreak Hill »).
On m’avait parlé de ces filles du collège Wellesley qui s’excitent et crient à tue-tête peu avant le passage au 21e kilomètre. Eh bien, ce n’est point une légende urbaine! On pouvait même entendre la clameur au loin. Quelle ambiance frénétique! Quel bruit assourdissant! La foule du Centre Bell peut bien se rhabiller. Wow! Plusieurs de ces jeunes dames tenaient des pancartes indiquant « marry me », « kiss me » et autres suggestions originales. Toutes s’étiraient au-dessus des barrières pour un « high five ». Je ne vivrai pas assez vieux pour oublier ce passage en mi-parcours, ni cette petite tape sur le postérieur par l’une d’elles! J’ai distribué davantage de « high five » au long du parcours qu’au cours du reste de mon existence.

Car il y avait foule tout le long des 42,2 km du parcours et très peu d’endroits dépourvus de supporters. Étant plus habitué aux parcours où les spectateurs se font plutôt rares, je suis à court de mots pour bien exprimer la sensation extraordinaire d’être encouragé par une foule si nombreuse, si enthousiaste et démonstrative, et pour une si longue durée. L’énergie de ces foules m’a littéralement transporté.

Finalement, les collines de Newton ne me sont pas apparues si redoutables; j’ai même trouvé Heartbreak Hill relativement facile en ne forçant pas trop la note. Sans doute que le tempo modéré que j’ai adopté en première moitié de course y était pour quelque chose. Tous n’ont certes pas eu cette même impression puisque les marcheurs étaient nombreux à cet endroit. De l’autre côté, le parcours redevient descendant en majeure partie jusqu’à l’arrivée au centre-ville de Boston, près de la Tour John Hancock.

Mes efforts ayant été bien dosés auparavant, les 10 derniers kilomètres furent agréables et j’ai senti mon sourire réapparaître dès que l’immense enseigne CITGO indiquant le 25e mille s’est signalée à l’horizon. Par la suite, je voyais se dresser les édifices Prudential et John Hancock et sentais la fin approcher. Lors des 4-5 derniers kilomètres, la foule devenait encore plus compacte et bruyante, dans un véritable débordement d’enthousiasme et une orgie d’encouragements. Les dernières foulées ont été tout simplement magiques et la traversée sous l’immense arche bleue de l’arrivée restera imprimée longtemps en mémoire.

Et c’est là que la qualité de l’organisation entre de nouveau en jeu. Quelle logistique bien huilée! Les coureurs étaient accueillis par un dispositif impressionnant de bénévoles qui les dirigeaient vers les tables d’eau, puis vers les endroits où l’on remettait à chacun une couverture métallique, une belle médaille et un goûter, et ensuite vers les autobus contenant les effets personnels. Les reflets du soleil sur les très nombreuses couvertures métalliques offraient une image saisissante.

Tout au long de ce processus, les bénévoles se donnaient la peine de nous applaudir, comme pour nous faire plus facilement réaliser ce que nous venions tout juste d’accomplir. Wow! Je n’en reviens pas encore. Quel beau marathon! Je pense d’ailleurs qu’il s’agit de la conclusion partagée par la majorité des 21 963 coureurs ayant franchi le fil d’arrivée, le premier en 2h07 et le dernier en 7h41. Notre ami Louis-Philippe a réussi à se classer 10e dans son groupe d’âge, et 62e au total, une très belle performance dont il est très heureux. M. Hoyt et son fils ont terminé en 4h07 et un certain ex-champion cycliste en 2h50.
À l’initiative de Pierre, la presque totalité de notre groupe s’est retrouvée en soirée pour un bon souper. Encore une fois, l’heure était aux échanges d’anecdotes. Les sourires sur les visages en disaient long et plusieurs arboraient leur belle médaille. Heureux et fourbus, nous avons également célébré la victoire de notre équipe de hockey. Nous sommes rentrés au Québec dès le lendemain au terme d’un séjour plutôt bref mais combien intense et enrichissant.

Marc Dagenais

Around the Bay – Hamilton 2008

Dimanche, 30 mars 2008, par mdagenais

Around the Bay, Hamilton 2008

Rendez-vous avec l’Histoire

Par un dimanche ensoleillé mais frisquet le 30 mars dernier, avait lieu la 114e édition (vous avez bien lu!) de la course Around the Bay (www.aroundthebayroadrace.com), Cette course d’âge vénérable est disputée en la ville très industrielle de Hamilton, située à l’extrémité ouest du Lac Ontario, à proximité de Toronto. Cet événement historique existe depuis 1894, soit 2 ans avant le marathon de Boston, et revendique le titre de plus ancienne course en Amérique du Nord.

L’épreuve principale de cet événement est une course de 30 km à laquelle s’ajoutaient une épreuve de 5 km, des courses à relais (en 2 ou 3 étapes) sur le parcours de 30 km et un volet marche. Avec un maximum de 5 500 participants inscrits au 30 km, soit le plus haut total à ce jour, l’événement-phare se déroulait à guichets fermés. Le nombre d’inscrits à toutes les épreuves atteignait 8 300, en hausse d’un millier par rapport à l’année précédente. Vu les bourses offertes, un petit contingent de Kenyans et autres élites y participaient.

C’est lors de l’Expo-Santé du Marathon des Deux Rives à Québec l’an dernier, que Laurent Jugant, Gilles Cadotte, Stéphane Lachapelle et moi avions décidé d’y participer. Par la suite, Daniel Lamontagne s’est joint à nous ainsi qu’une copine de Laurent. Pour l’occasion, nous avons loué une fourgonnette pour voyager tous ensemble. L’atmosphère de rigolade dans le véhicule s’est avéré un antidote efficace à la platitude de l’autoroute 401 entre Montréal et Toronto et a même donné lieu à des échanges enrichissants qui ont rendu le voyage très agréable. Gilles soulignait que ces moments privilégiés sont un « petit hymne à la Vie ».

Nous étions partis très tôt samedi matin de St-Bruno afin de ne pas arriver en retard pour retirer nos dossards à l’Expo-Santé (Health & Fitness Expo). Celle-ci avait lieu au Copps Coliseum, domicile depuis 1996 du club de hockey des Bulldogs, le club école du Canadien de Montréal. Cet édifice de 17 500 sièges construit en 1985, fut ainsi nommé en l’honneur de l’ancien maire Victor K. Copps qui présida aux destinées de Hamilton durant 14 ans. Il est également père de Sheila Copps, ex-membre du notoire « Rat Pack » libéral fédéral et ancienne ministre du Patrimoine qui s’était fait connaître avec sa distribution « a mari usque ad mare » de petits drapeaux unifoliés. D’après les quelques informations trouvées sur le web, M. Copps aurait souffert d’une sévère crise cardiaque lors de la course Around the Bay en 1976, ce qui l’amena à se retirer de la vie publique. Je présume qu’il n’était pas spectateur mais j’ignore s’il participait à l’épreuve du 30 km ou du 5 km…

Bon, assez pour le cours d’histoire (il s’agit tout de même d’une course historique, rappelons-le) et revenons à l’Expo-Santé peuplée de très nombreux coureurs enthousiastes et fébriles qui avaient investi ce colisée Copps. J’aime beaucoup me retrouver avec mes semblables de l’espèce homo runningus pour récupérer mon dossard et le désormais incontournable chandail aux couleurs de l’événement. Cette fois-ci, nous recevions un beau chandail technique à manches longues qui arbore fièrement l’inscription « Older than Boston » à l’endos. C’est qu’ils y tiennent à leur préséance!

L’Expo-Santé est non seulement un endroit pour assouvir nos besoins de magasinage d’articles spécialisés, mais souvent un lieu de rencontre avec des gens intéressants. Nous avons d’ailleurs eu le plaisir de nous entretenir avec M. Denis Therrien, le maître d’œuvre du Marathon des Deux Rives à Québec, qui nous a fait réaliser toute la complexité de l’organisation d’un tel événement et tous les efforts d’équipe que cela exigeait. Ailleurs, au kiosque présentant une course organisée pour la St-Patrick, notre ami Gilles a reçu un chapeau haut de forme arborant le trèfle irlandais et les couleurs de la bière Guiness après avoir fièrement exhibé sa médaille (qui traînait dans ses poches, imaginez-vous) du demi-marathon de la St-Patrick à la dame qui tenait ce kiosque.

Je m’en voudrais d’oublier de mentionner que le restaurant (de pâtes, quoi d’autre) qui nous avait été recommandé pour le lunch par une bénévole de l’Expo-Santé, était fermé par ordonnance de l’autorité pertinente en santé publique pour cause d’insalubrité ! Bah, nous sommes allés à l’hôtel déguster un spag trop cuit à 25$. Heureusement, le souper aux pâtes était un peu mieux.

Le lendemain, le départ du 30 km avait lieu tout près du fameux colisée à 9h30, soit à une heure un peu plus tardive qu’à l’accoutumée. Puisque nous étions nombreux et plutôt serrés derrière la ligne de départ et les élites, un système d’enclos (« corrals ») aurait été bienvenu. Quoiqu’il en soit, le soleil et la bonne humeur étaient à ce rendez-vous avec l’Histoire. Le mercure affichait un degré Celsius sous zéro au départ avec un vent d’est de 30 km/h; la température s’est réchauffée à deux degrés au-dessus de zéro à l’arrivée.

Et c’est le départ ! Après les quelques centaines de mètres dans le centre-ville, les premiers 8-9 kilomètres traversaient essentiellement des quartiers typiquement ouvriers, un paysage urbain plutôt banal mais rien de surprenant puisque Hamilton est la ville des grandes aciéries. Il n’y avait aucune trace de cette baie qui donne son nom à la course avant le 12e kilomètre.

Du 12e au 17e km, le parcours est situé sur une petite bande de terre séparant la fameuse baie (que l’on devine plus qu’on ne voit) du Lac Ontario (que l’on aperçoit quelques fois entre les maisons). Sur l’artère nommée Beach Boulevard se trouvait la « Tin Pan Family » qui nous encourageait en frappant sur un assortiment assez varié de chaudrons et casseroles. Plutôt sympathique! Après le 15e kilomètre, nous traversons un pont métallique au-dessus de l’écluse menant du lac à la baie (qu’on a très peu vue jusque là).

C’est entre les 8e et 15e km que nous dépassions les marcheurs. Malgré quelques groupes qui prenaient de l’espace, la grande majorité fut assez disciplinée, Je dois noter cependant que je trouve leur présence un peu spéciale. Ça ne me dérange pas vraiment, mais…

À Burlington, à partir du 18e km, le vrai travail commence avec une succession de petites côtes et quelques descentes assez raides, ce genre de descente que j’ai toujours de la difficulté à gérer, contrairement à Gilles qui plane à grande vitesse. Sur North Shore Boulevard, le décor présente un contraste assez frappant avec les faubourgs ouvriers alors qu’on traverse un quartier plutôt cossu, particulièrement les magnifiques demeures riveraines. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’on trouve ici les meilleurs points de vue sur la fameuse baie.

Je savais qu’une bonne côte nous attendait après le 25e km, mais j’ignorais qu’il y en avait plusieurs avant. En appuyant un peu trop sur l’accélérateur entre les 5e et 18e km, j’ai donc payé le prix. La côte susmentionnée était immédiatement précédée d’une descente que j’ai trouvée horrible. Pour ajouter au supplice, on pouvait apercevoir le tracé de cette montée dès l’arrivée en haut de la descente préalable, pour mieux apprécier toute la puissance de l’instrument de torture quelques minutes avant de le subir. Du plaisir pur jus!

L’énergie ainsi sapée et le moral aux talons, je me suis par la suite traîné jusqu’au fil d’arrivée. Oh que cela n’augure pas bien pour le marathon de Boston trois petites semaines plus tard! L’idée d’y renoncer m’a traversé l’esprit à quelques reprises depuis. On verra bien…

Toute bonne chose ayant une fin, cette côte s’avérait la dernière et le reste du tracé était plat puis légèrement descendant vers le centre-ville. En d’autres circonstances et dans un autre état d’esprit, j’aurais trouvé bien drôle ce personnage de la Faucheuse qui nous taquinait au 28 km en plein milieu du boulevard. Nous avions aussi un très beau point de vue sur la baie, mais je n’étais plus vraiment en mesure de l’apprécier. Dommage!

Quoiqu’il en soit, l’arrivée se trouvait à l’intérieur du colisée Copps, au beau milieu de l’amphithéâtre. Avec plusieurs spectateurs dans les gradins, il y avait certes de l’ambiance. Je trouve qu’une finale dans une enceinte sportive, à l’instar du marathon qui finit dans le Stade Olympique de Montréal, ajoute un petit quelque chose intéressant. De plus, avec ce temps frisquet et venteux de l’année, il fait bon se trouver à l’intérieur.

Les médailles remises aux participants terminant l’épreuve (mot bien choisi en ce qui me concerne) étaient divisées en trois catégories : l’or pour les coureurs terminant en moins de 2h et les coureuses en moins de 2h15; l’argent pour moins de 2h15 (coureurs) et de 2h30 (coureuses); et le bronze pour tous les autres. À noter que c’est le temps officiel (« gun time ») et non réel (« chip time ») qui est utilisé.

Je m’étais mis en tête d’aller chercher l’argent et cet empressement m’a joué un vilain tour. En me traînant après la côte, je me suis donc contenté de finir en 2h18:31. Plus méthodiques et constants, Gilles (7e dans sa catégorie d’âge) et Daniel ont enregistré 2h16:03 et 2h17:51 respectivement. Laurent a réalisé un temps magnifique, si bien qu’il ne lui manquait que 29 petites secondes pour décrocher l’or. Stéphane nous suivait en 3h10 en pleine forme. Nonobstant mon résultat personnel, je trouve intéressante l’idée de catégoriser les médailles. Évidemment, j’aurais préféré que l’argent couvre un intervalle de 30 minutes plutôt que 15…

Pour les autres statistiques, le premier coureur franchissait la ligne d’arrivée en 1h33 et la première femme en 1h48. Le premier Québécois, Louis-Philippe Garnier, terminait en 1h45. Le 4 427e coureur fermait la marche en 4h56.

Tout compte fait, il s’agissait d’un très bel événement, bien organisé et sympathique. J’y reviendrai sans doute un jour. Je crois qu’il devrait exister davantage de courses de 30 km puisqu’il s’agit d’une distance qui représente un bon défi (bien plus qu’un demi) sans toutefois être aussi exténuante qu’un marathon. En outre, comme le soulignait Stéphane avec justesse et humour, « lorsqu’on frappe le mur, on est arrivé ! ».