David LePorho vainqueur en raquettes au Japon

David LePorho vainqueur en raquettes au Japon

Félicitations pour son titre de champion de raquettes au pays du soleil levant et de la neige poudreuse!
Merci à David de nous pemettre de partager le récit de sa course:

Collaboration SpécialeDavid LePorho

Le « WORLD Snowshoe Invitational » de Myoko, dans les Alpes japonaises, est une course qui fait partie du championnat japonais. Cette année, l’organisation invitait les coureurs internationaux, et pour cette occasion nous avons fait le déplacement. L’objectif était avant tout de partager une expérience de course avec la communauté japonaise (coureurs et membres de l’organisation), mais aussi de relever un défi sportif.

 Le circuit de 15K situé au pied des montagnes, à 600m d’altitude, dessinait un « huit », avec une première boucle de 6K et une deuxième de 9K. De cette manière, le parcours permettait de repasser par un point central (départ/arrivée). Après la tempête de neige de la nuit précédent la course, on pouvait s’attendre à beaucoup de poudreuse sur le parcours. Effectivement, lors de mon « warm-up », je suis allé reconnaître deux passages de la course, et de la belle poudreuse recouvrait la « single track » fraîchement tracée par deux guides bénévoles. 

La température proche du 0 degré Celsius et le temps ensoleillé ne laissaient pas présager une course facile car la neige promettait d’être très collante. Cette petite analyse d’avant-course effectuée, je me suis re-concentré sur l’épreuve en établissant mon plan tactique. Une chose est sûre, le premier à ouvrir le parcours aura une « crisse de job »! Je ne connaissais pas les coureurs présents, hormis Joseph Gray (USA Team, champion 2010 de Mountain Running) et Toru Koide (Team Salomon, champion japonais 2010) de par leurs résultats lors du dernier World Snowshoe Invatational à Vancouver. 

Le stress monte, le cœur bat fort… Je crois que je n’arriverai jamais à maîtriser ça! À une minute du départ, l’élastique qui fixait mon dossard se défait, stress supplémentaire… J’enlève mes gants et avec des mains tremblantes, je refais le nœud défaillant, juste avant le coup d’envoi, ouf… On s’élance, la neige vole de partout, une portion de 100m bien tapée et large permet de se placer facilement à l’approche de la trail. Comme je le présageais, personne ne veut se lancer en premier. Le rythme ralentit, j’ai l’impression de me retrouver dans un vélodrome lors d’une épreuve de poursuite… Va-t-on s’arrêter pour attendre qu’un coureur prenne les devants? Tant pis, je me jette dans la gueule du loup, j’y vais! Certes, ouvrir la trail est un risque à prendre, mais cela permet d’imposer le rythme. Personne n’ira me dépasser à l’extérieur de celle-ci, et cela permet aussi d’éviter les importantes projections de neige dégagées par les raquettes. Bref, de s’en prendre moins dans la face 🙂 J’établis donc une vitesse de croisière, mes battements de cœur sont toujours en sur-régime car le stress persiste. « Respire fort », me dis-je, ce n’est que le début et rien d’anormal n’est à signaler au niveau de la respiration, des douleurs musculaires et du confort dans mes vêtements. J’entends juste le bruit de mes raquettes, aucun moyen de savoir comment se sont organisés les coureurs derrière moi.

Au 2,35K, le parcours emprunte un large chemin tapé, j’en profite pour ouvrir la machine et prendre une cadence plus élevée. Je sais qu’il y a un U-turn au bout de ce chemin qui me permettra de faire le point sur mes poursuivants. Le stress descend, je rentre enfin dans mon « confort » de course. Le moment est venu de faire demi-tour, je note au passage la minutie japonaise, les indications kilométriques sont données avec 2 chiffres après la virgule, et les bénévoles sont parfaitement postés. Me voici à 10m devant Joseph (USA Team) et à 30m devant les premiers japonais. Oups, j’ai l’impression de gêner lors de mon retour… C’est vrai, on roule à gauche au Japon… C’est de même pour la course en raquettes. Je me mets donc à gauche pour ne pas gêner les coureurs arrivant en face. Je repère tout de suite les coureurs français et américains qui restent sur leur droite, c’est assez amusant. Au 3,95K « l’autoroute » se termine et la vraie course commence. Grosse poudreuse, ma vitesse décroit de moitié! Joseph a rattrapé son retard pour prendre ma trace. C’est un ensemble de petites montées et descentes qui s’enchaînent jusqu’au 6K.

Au 8K, Joseph passe devant, je serre les dents en me disant qu’il va attaquer, mais une fois derrière, je perçois l’avantage d’être à cette position: moins d’effort à fournir pour maintenir le même rythme. Je m’accroche avec l’appréhension de perdre une raquette dans cette neige qui devient de plus en plus collante.

Au 12K, toujours ensemble, nous rentrons dans une forêt dense. Phénomène très déroutant, un vent glacial balaie le sous-bois, soulevant la poudreuse dans un même temps. La visibilité est quasi-nulle et la trail invisible. J’aperçois un flag, je me dirige de suite vers celui-ci et ainsi reprendre la tête de la course sans le vouloir vraiment. Le kilomètre suivant va être le plus dur de la course car la trail n’a pas été tracée. On s’enfonce donc jusqu’au genou et avançons presque en marchant. Je commence à me poser des questions, je laisse beaucoup d’énergie à ouvrir le parcours. 

Au 13,35K (CP6), dernier point de contrôle, toujours devant, je décide de tenter une accélération, mais en vain, je perds tout le bénéfice de celle-ci à la première montée venue. Que faire? Simplement garder des réserves pour le finish en reprenant un rythme soutenu mais confortable. Je connaissais le finish pour l’avoir reconnu. Les derniers 150m allaient être très rapides puisqu’il s’agissait d’un chemin tapé. Comme je m’y attendais, en sortant de la single track, Joseph déboîte tout de suite sur ma gauche avant même que je ne commence à accélérer. Je ne me laisse pas impressionner, je livre bataille pour réaliser un de mes plus rapides 100m en raquettes. La vidéo aurait été de mise, je ne saurai dire si j’ai franchi la ligne d’arrivée premier, mais le responsable du finish déclare sans hésitation le 303 vainqueur. Ça y est, je décroche une première victoire en raquettes sur la scène internationale J.

2011-02-13 David LePorho
David et Claire au Japon (cliquez pour agrandir)

Le troisième coureur, premier Japonais, Hiroyuki Hurano, du Team Salomon, arrivera 8 minutes après. Très heureux d’avoir réalisé une belle course et d’avoir passé outre la rhino-sinusite qui m’avait abattu 10 jours avant, je me livre à une séance photo en compagnie de Joseph et des spectateurs sur la ligne d’arrivée: Japanese style!

Une dernière mission restait à accomplir : aller chercher ma blonde sur le parcours, c’est devenu un rituel 😉 Claire arrivera 3ème femme derrière deux Françaises du team TSL.

Rien à redire sur l’organisation, tout a été parfaitement orchestré. Le cadre de la course a été magnifique. J’ai pu apprécié la vue sur les montagnes par la suite car j’avoue que durant la course, je suis resté focalisé sur le parcours.
David

D’autres photos de la course à venir.

3 thoughts on “David LePorho vainqueur en raquettes au Japon

  1. Félicitations David. Juste à lire ton article mes fréquences sont montées! et j’ai pu partager avec toi un peu de ces super émotions de compétition. Bravo pour ta ténacité et bravo à Claire aussi. Sayonara.
    Dominique

  2. Quelle histoire !! Tu devrais vraiment t’en faire un livre de vie, de course! Très palpitant de te lire. Félicitation pour ton succès et le rituel 🙂 ! surtout que Claire se classe dans les premières! C’est vraiment le fun!
    à bientôt xxx

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